Le débat fait rage depuis quelques jours à Pittsburgh : faut-il oser une longue et pénible reconstruction après une quinzaine d’années de succès ?

Publié le 18 mai
Mathias Brunet
Mathias Brunet La Presse

Les opposants à cette théorie citent les Sabres de Buffalo, les Coyotes de l’Arizona, les Red Wings de Detroit et les Devils du New Jersey en rappelant que les reconstructions ne garantissent pas de résultats favorables.

Ils n’ont pas tout à fait tort. Mais dans le cas de toutes ces équipes, sauf une, Detroit, on a cherché à prendre des raccourcis en cédant des choix au repêchage et des espoirs en cours de ronde et on a été contraints de prendre un pas de recul.

On peut aussi reformuler la question : est-il possible de garantir un succès durable sans reconstruire ? Le nouveau DG du Canadien, Kent Hughes, semble être un adepte de la stratégie de la patience.

Faut-il aussi rappeler que les deux seuls clubs à avoir remporté deux Coupes Stanley consécutives au 21siècle, le Lightning et les Penguins, ont prôné une reconstruction.

Les partisans des Penguins les plus farouchement opposés à une reconstruction semblent oublier que les bases de l’équipe actuelle reposent justement sur une reconstruction. Pittsburgh n’aurait jamais connu de tels succès sans Sidney Crosby, Marc-André Fleury et Evgeni Malkin, repêchés parmi les deux premiers entre 2003 et 2005. Imaginez en plus s’ils avaient obtenu des joueurs valables ou des choix pour Jaromir Jagr en 2001…

Le noyau du Lightning repose entre autres sur Victor Hedman et Steven Stamkos, repêchés deuxième et premier respectivement, sur Mikhail Sergachev, obtenu du Canadien pour le troisième choix au total Jonathan Drouin, auxquels on a greffé de brillants choix plus tardifs au repêchage comme Nikita Kucherov et Brayden Point.

D’ailleurs, analysons les forces en présence au deuxième tour des séries. La plupart ont souffert pendant plusieurs saisons avant de connaître du succès. Sur une période de dix ans, entre 2006 et 2016, les Panthers, le Lightning, les Hurricanes, l’Avalanche, les Oilers et les Flames ont raté les séries au moins cinq fois. Les Blues et les Rangers constituent l’exception à la règle.

Tampa, Floride, Colorado et Edmonton, soit la moitié des équipes en demi-finale d’association, ont aussi eu le privilège de repêcher au moins trois fois parmi le top trois au cours des quinze dernières années.

Calgary a néanmoins repêché deux fois au sixième rang et une fois au quatrième rang, les Hurricanes ont obtenu sept choix dans le top douze et les Oilers dix.

Les succès de l’Avalanche reposent entre autres sur quatre joueurs repêchés dans le top dix : Nathan MacKinnon (1er), Cale Makar (4e), Gabriel Landeskog (2e) et Mikko Rantanen (10e). Repêché au troisième rang en 2009, Matt Duchene a permis d’obtenir Bowen Byram et Samuel Girard.

New York constitue à nouveau l’exception qui confirme la règle, mais l’équipe a néanmoins annoncé une reconstruction en 2018. Celle-ci a pu s’accélérer en raison de l’attrait du marché new-yorkais qui a permis d’attirer Artemi Panarin, Adam Fox et Jacob Trouba, entre autres. Ils ont néanmoins repêché quatre fois dans le top dix depuis cinq ans et bénéficié de neuf choix de première ronde dans les cinq dernières cuvées, dont cinq font partie de la formation actuelle.

Les Penguins peuvent bien remplacer Evgeni Malkin par Nazem Kadri, 31 ans, et espérer participer à nouveau aux séries l’an prochain, mais après quatre défaites consécutives au premier tour avec un noyau vieillissant (on reconnaît leur malchance extrême avec les blessures cette année), peuvent-ils vraiment aspirer à la Coupe Stanley dans un an ?

Ils ont fait mentir bien des observateurs ces dernières années avec d’excellentes saisons régulières alors qu’on leur suggérait une phase de rajeunissement, mais le succès n’est pas éternel non plus. Parfois, il faut laisser les diachylons dans la trousse de secours et se résoudre à l’intervention chirurgicale.

Panthers de la Floride

  • Exclusions des séries entre 2006 et 2016 : 9
  • Nombre de choix top trois depuis 15 ans : 4
  • Nombre de choix top douze depuis 15 ans : 7

Lightning de Tampa Bay

  • Exclusions des séries entre 2006 et 2016 : 5
  • Nombre de choix top trois depuis 15 ans : 3
  • Nombre de choix top douze depuis 15 ans : 5

Rangers de New York

  • Exclusions des séries entre 2006 et 2016 : 1
  • Nombre de choix top trois depuis 15 ans : 2
  • Nombre de choix top douze depuis 15 ans : 5

Hurricanes de la Caroline

  • Exclusions des séries entre 2006 et 2016 : 9
  • Nombre de choix top trois depuis 15 ans : 1
  • Nombre de choix top douze depuis 15 ans : 7

Avalanche du Colorado

  • Exclusions des séries entre 2006 et 2016 : 7
  • Nombre de choix top trois depuis 15 ans : 3
  • Nombre de choix top douze depuis 15 ans : 7

Blues de St. Louis

  • Exclusions des séries entre 2006 et 2016 : 4
  • Nombre de choix top trois depuis 15 ans : 1
  • Nombre de choix top douze depuis 15 ans : 1

Oilers d’Edmonton

  • Exclusions des séries entre 2006 et 2016 : 10
  • Nombre de choix top trois depuis 15 ans : 5
  • Nombre de choix top douze depuis 15 ans : 10

Flames de Calgary

  • Exclusions des séries entre 2006 et 2016 : 6
  • Nombre de choix top trois depuis 15 ans : 0
  • Nombre de choix top douze depuis 15 ans : 3

Encourageant, ce Cayden Primeau !

PHOTO GRAHAM HUGHES, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

Cayden Primeau

Après une saison en dents de scie, l’espoir du Canadien devant le filet, Cayden Primeau, que plusieurs n’attendaient désormais plus en raison de ses difficultés lors de ses rappels à Montréal, retrouve la confiance dans les séries éliminatoires de la Ligue américaine.

Primeau, 22 ans seulement, on a tous tendance à l’oublier, a brillé en relève à Kevin Poulin à compter du deuxième match de la série contre le Crunch de Syracuse, club-école du Lightning de Tampa Bay.

Le Rocket de Laval passe au second tour grâce à un but de Gabriel Bourque en prolongation, mardi, et aux arrêts opportuns du jeune Primeau, un choix de septième ronde en 2017. Le fils de l’ancien hockeyeur Keith Primeau montre une brillante fiche de 3-1, une moyenne de 1,96 et un taux d’arrêts de ,940 à ses premières séries dans les rangs professionnels.

Ce garçon de 6 pieds 3 pouces et 205 livres a-t-il été fouetté par les déclarations récentes de Kent Hughes, qui avouait n’avoir pas vu encore un gardien de l’organisation prétendre au poste de numéro un dans la LNH ?

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