Cinq minutes. Pendant cinq bonnes minutes, au terme de l’entraînement de vendredi à Brossard, Brendan Gallagher et Paul Byron ont fait la causette à Dominique Ducharme et au thérapeute sportif en chef, Graham Rynbend, devant le banc des joueurs.

Mis à jour le 28 janvier
Guillaume Lefrançois
Guillaume Lefrançois La Presse

De quoi pouvaient-ils bien jaser ? De leur santé ? Du but de Trevor Zegras la veille ? Des tenants et aboutissants d’une vie décentralisée ? Allez savoir.

À voir la bonne humeur de tout ce beau monde à la fin de la discussion, les nouvelles semblaient encourageantes pour Byron et Gallagher. Impossible de l’affirmer avec certitude, toutefois, puisque Ducharme ne s’est exceptionnellement pas adressé aux médias après l’entraînement. Gallagher et Byron, comme ils n’avaient alors pas reçu le feu vert des médecins, n’ont pas non plus accordé d’entrevues.

Cela dit, que ce soit samedi, contre les Oilers, dimanche, contre les Blue Jackets, ou après la pause du match des étoiles, le retour au jeu des deux leaders semble imminent. Pour Byron, ce sera un premier match cette saison ; pour Gallagher, un premier duel depuis le 30 décembre.

« Ce sera merveilleux de les revoir, a convenu le défenseur Brett Kulak. Ils inspirent les gars, ils mènent la charge même s’ils ont un chandail bleu [interdiction de contacts] à l’entraînement. Ils sont intenses à chaque exercice, leurs passes sont précises. »

Paul [Byron] n’a pas encore joué. On a hâte qu'il soit de retour, il a de la vitesse et une présence de vétéran. Son retour sera le bienvenu.

Brett Kulak

Parmi les autres retours imminents, ajoutez Joel Armia et Cole Caufield, qui étaient attendus à Montréal en fin d’après-midi. Les deux ailiers se sont entraînés au Wisconsin ces derniers jours en attendant de pouvoir rentrer au Canada, à la suite de leur test positif à la COVID-19 pendant le dernier voyage.

L’envers de la médaille

Même si Caufield peut très bien aboutir à Laval, même si Armia ne joue pas comme un attaquant irremplaçable jusqu’ici cette saison, il y aura donc du mouvement à l’avant chez le Canadien dans les prochains jours. C’est là que l’on saura qui a réellement profité de sa chance pendant que l’équipe était terrassée par les blessures.

Sur papier, Rem Pitlick fait partie de ceux qui ont saisi leur occasion. Avec Josh Anderson et Jake Evans, il forme un trio intéressant pour le Tricolore, un trio qui est intact depuis trois matchs, une rareté chez le Canadien de 2021-2022.

« L’autre fois, on blaguait au banc, Jake et moi, on se rappelait nos duels au collège », a raconté Pitlick, ancien de l’Université du Minnesota. « Quand je l’affrontais, je le regardais entrer en zone offensive en ralentissant. À mes yeux, c’était un signe qu’il était patient en possession de la rondelle, qu’il était créatif. J’aime sa capacité à attirer des adversaires et à repérer les joueurs démarqués. »

Réclamé au ballottage le 12 janvier, Pitlick a disputé son premier match avec le CH le lendemain.

Meilleurs marqueurs du Canadien depuis le 13 janvier (buts-passes-points)

Tyler Toffoli : 2-3-5 en 5 matchs

Mike Hoffman : 3-2-5 en 7 matchs

Rem Pitlick : 2-3-5 en 7 matchs

Artturi Lehkonen : 2-3-5 en 7 matchs

Nick Suzuki : 1-4-5 en 7 matchs

La donnée la plus éloquente est cependant son temps d’utilisation. À cinq reprises, il a excédé les 16 minutes dans un match, un chiffre qu’il n’avait jamais atteint en 31 matchs dans la LNH avant son arrivée à Montréal.

« C’est bien d’avoir eu toutes ces minutes, a reconnu Pitlick. Ça me permet de toucher plus souvent à la rondelle, et plus tu y touches, plus tu te sens dans le match, tu trouves ton rythme. Ça m’a aussi permis de jouer un peu plus selon mon style. J’ai toujours voulu contribuer à l’attaque et être fiable en défense. J’ai pu récolter quelques points. On en veut tous plus, mais on pense surtout à gagner plus de matchs en ce moment. »

À court terme, Cédric Paquette, Lukas Vejdemo et Michael Pezzetta sont plus à risque de perdre leur place dans la formation quand les blessés reviendront, du moins si l’on se fie au fait qu’ils n’ont joué que cinq minutes dans la défaite de jeudi. Pitlick devrait donc avoir encore quelques semaines pour montrer qu’il a sa place à long terme à Montréal.

Les joueurs qui s’établissent de façon permanente après avoir été réclamés au ballottage ne courent pas les rues, mais il y a des exceptions. Le Canadien compte justement l’une de ces exceptions dans ses rangs en Paul Byron, réclamé en octobre 2015 et toujours ici six ans plus tard.

« J’aimerais que mon histoire soit comme la sienne. J’espère devenir ce genre de joueur et j’y travaille, a répondu Pitlick. Je ne cesserai jamais de croire en mes chances de jouer dans cette ligue. Je crois que j’en suis capable. Je vais bien me préparer, jouer de mon mieux, aider l’équipe à connaître du succès et j’espère que ça signifiera que je resterai le plus longtemps possible. »

En bref

Diagnostic pour Drouin

PHOTO DOMINICK GRAVEL, ARCHIVES LA PRESSE

Jonathan Drouin à l’entraînement, le 9 janvier dernier

C’est finalement une blessure au poignet droit qui tient Jonathan Drouin à l’écart du jeu. C’est ce qu’a annoncé la vice-présidente aux communications du Canadien, Chantal Machabée, au terme de l’entraînement de vendredi. La durée de son absence est indéterminée pour l’heure. Mme Machabée a précisé qu’il s’agissait du poignet droit, cette fois. En novembre 2019, Drouin avait été opéré au poignet gauche, une blessure qui a toutefois eu des séquelles à long terme. Pour l’heure, impossible de savoir si la présente blessure nécessitera une opération.

Kulak aime le CH

Le nom de Ben Chiarot est celui qui revient le plus souvent dans les rumeurs de transaction, mais le gros défenseur n’est pas le seul à pouvoir devenir joueur autonome sans compensation à la fin de la saison. C’est aussi le cas de Brett Kulak, joueur qui en est à la quatrième saison avec le Tricolore. Comme c’est le cas depuis son arrivée à Montréal, Kulak a passé l’essentiel de son temps à se promener entre les deuxième et troisième duos de défenseurs, et pourrait être utile à une équipe en quête de profondeur à la ligne bleue. Cela dit, c’est aussi à Montréal qu’il a eu une véritable chance de se trouver un rôle permanent. « Qui sait ce qui arrivera, si je pars ou si je reste ? s’est-il demandé à voix haute. Je suis un membre du Canadien, je suis fier d’en faire partie et je veux porter ce chandail avec fierté. »

Suite et fin du bilan médical

PHOTO BERNARD BRAULT, ARCHIVES LA PRESSE

Joel Edmundson sera absent pour une durée indéterminée en raison d’une blessure au bas du dos.

Du reste, Mme Machabée a annoncé que Joel Edmundson souffrait d’une blessure au bas du dos. La durée de son absence demeure également indéterminée. « Il progresse très lentement », a-t-elle précisé, au sujet du défenseur qui n’a pas encore joué cette saison. L’attaquant Matthieu Perreault, lui, est touché au bas du corps et en a encore pour de trois à quatre semaines. Le Québécois manque à l’appel depuis la mi-décembre. Enfin, Christian Dvorak est blessé au haut du corps, mais « ce n’est pas une commotion cérébrale », précise-t-on. Il a été placé sur la liste des blessés, et on parle d’une absence allant au minimum jusqu’à la pause du match des étoiles, soit la semaine prochaine.

En savoir plus

  • 16 min 18 s
    Temps d’utilisation moyen par match de Rem Pitlick depuis son arrivée chez le Canadien. Chez le Wild, il jouait seulement 9 min 43 s par match.