Un nombre grandissant de recruteurs d’équipes de la LNH dressent un portrait sombre de la qualité du repêchage de 2022, non seulement dans le top cinq, mais en première ronde.

Publié le 24 janvier
Mathias Brunet
Mathias Brunet La Presse

« En première ronde, c’est très ordinaire », confiait l’un de ceux-là au confrère du Journal de Québec, Kevin Dubé, ces derniers jours.

« L’équipe qui va sélectionner dans les cinq premiers choix n’aura pas de joueurs à la Miro Heiskanen, Cale Makar ou Elias Pettersson comme on a vu en 2017. Dans nos rencontres, on est parfois plus excités par certains joueurs qu’on classe dans les rondes deux ou trois plutôt qu’au premier tour. »

Les fans du Canadien doivent-ils déprimer pour autant ? Non seulement l’équipe devrait-elle repêcher dans le top trois, mais en plus, accumulera sans doute quelques choix supplémentaires de première ronde d’ici la date limite des transactions.

Pour se consoler un peu, lisons ce qu’on disait justement du repêchage de 2017 avant que les Heiskanen, Makar et Pettersson ne deviennent les stars qu’elles sont.

« Ces dernières années (2015, 2016), les équipes étaient hésitantes à céder des choix de première ronde pour des joueurs de location, écrivait Jason Brough sur le site de NBC Sports en février 2017. Ça pourrait changer cette année. Un gestionnaire de la LNH a même prié à Elliotte Friedman, de Sportsnet, de se rappeler que de nombreux choix de première ronde allaient être échangés tellement la cuvée est faible. »

« Les meilleurs espoirs s’appellent Nolan Patrick, Nico Hischier et Gabriel Vilardi, poursuit l’auteur. Malgré le fait qu’ils possèdent un potentiel fort intéressant, ils ne suscitent pas l’intérêt du trio d’Auston Matthews, Patrik Laine et Jesse Puljujarvi l’an dernier. Et après ces trois-là, il n’y a pas beaucoup de profondeur. »

Le quotidien USA Today abonde dans le même sens. « D’accord, on l’annonce, c’est une mauvaise année de repêchage, écrivait-on le 26 décembre 2016. "Mauvais" est peut-être un peu sévère, disons peu excitant. Comment peut-on dire autrement quand deux des meilleurs espoirs, Nolan Patrick et Gabriel Vilardi, n’ont presque pas joué en raison de blessures ? Et que les trois phénomènes européens, Kristian Vesalainen, Kim Klostin et Tim Liljegren ont vu leur valeur chuter au fil de l’hiver ? »

Comme prévu, plusieurs choix de première ronde ont changé de mains. Les Golden Knights de Vegas, par exemple, en ont reçu deux, des Islanders de New York et des Blue Jackets de Columbus.

Les Coyotes de l’Arizona en ont donné un aux Rangers de New York pour Derek Stepan et Antti Raanta, mais en ont récupéré un du Wild du Minnesota pour Martin Hanzal et Ryan White.

Les Blues de St. Louis en ont reçu un des Capitals de Washington pour Kevin Shattenkirk, mais en ont donné un pour obtenir Brayden Schenn.

Verdict cinq ans plus tard ? Une cuvée spectaculaire, finalement…

Parmi les vingt premiers joueurs repêchés, on y retrouve cinq centres numéro un ou deux (Nico Hischier, Elias Pettersson, Nick Suzuki, Josh Norris, Robert Thomas), deux défenseurs numéro un (Cale Makar, Miro Heiskanen) et un ailier de trio offensif (Martin Necas). Casey Middelstadt était au centre du premier trio à Buffalo avant de se blesser en début de saison.

Seize des vingt premiers joueurs choisis sont dans la LNH actuellement. Neuf des onze joueurs choisis par la suite en première ronde sont aussi dans la Ligue nationale, dans des rôles moins prédominants, parmi lesquels Ryan Poehling.

Un seul des joueurs repêchés en première ronde, Shane Bowers, 28e au total, n’a pas disputé de match dans la LNH. Les autres ont tous disputé au moins vingt rencontres.

En deuxième ronde, Jason Robertson a 37 points en 30 matchs au centre du premier trio des Stars de Dallas ; Nicolas Hague est devenu un défenseur de qualité à Vegas ; Alexandre Texier est un membre important de l’attaque des Blue Jackets avec 20 points en 35 matchs ; malgré une saison difficile, Maxime Comtois a terminé en tête des compteurs chez les Ducks l’an dernier ; Mario Ferraro est le défenseur le plus utilisé à San Jose après Brent Burns, devant Erik Karlsson ; Alex Formenton a 14 points à ses 15 derniers matchs à Ottawa.

Il faudra donc attendre avant de désespérer. Et aussi, surtout, ne pas craindre de sortir des sentiers battus au besoin.

Cale Makar suscitait certaines craintes chez des recruteurs moins téméraires parce qu’il jouait dans la Ligue junior A de l’Alberta afin de ne pas perdre son statut d’éligibilité dans la NCAA.

Il était d’ailleurs classé neuvième selon la Centrale de recrutement de la LNH… parmi les joueurs nord-américains ! « C’est déjà significatif qu’on le classe dans le top dix en raison de la ligue dans laquelle il joue », avait admis le responsable de la centrale avant le repêchage.

Heiskanen était quatrième chez les européens derrière Klim Kostin, Elias Pettersson et Lias Andersson. Il avait obtenu une aide en six matchs au Championnat mondial junior à son année d’éligibilité et dix points en 37 matchs en Finlande.

À l’heure actuelle, le Canadien a toujours les meilleures chances d’obtenir le premier choix et Shane Wright constitue le premier choix consensuel… pour l’instant.

Le Canada n’est pas une destination très populaire…

« Je n’ai pas envie du tout d’aller au Canada. Mais on va disputer des matchs, on va en finir puis rentrer ici. Les tests ne me dérangent pas, nous sommes testés régulièrement, mais les choses semblent se dérouler différemment là-bas qu’ici dans ce pays. »

Ainsi s’exprimait le défenseur des Blues de St. Louis, Justin Faulk, originaire du Minnesota, avec un sourire un peu crispé ce week-end, à l’aube de deux matchs à Vancouver et Calgary. Aux dernières nouvelles, Faulk a survécu. Les Blues ont même battu les Canucks dimanche.

Mais si l’opinion de Faulk est partagée par plusieurs de ses compatriotes américains et que la situation pandémique ne s’améliore pas rapidement, les équipes canadiennes auront de la difficulté à attirer certains joueurs…

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