Les trois sœurs Dufour-Lapointe seront de nouveau réunies aux Jeux olympiques. Justine et Chloé ont officiellement été sélectionnées dans l’équipe olympique canadienne en ski de bosses pour les JO de Pékin. Maxime, l’aînée de la famille, faisait déjà partie de la délégation à titre de mentor.

Publié le 24 janvier
Simon Drouin
Simon Drouin La Presse

Si la place de Justine, la benjamine médaillée d’or en 2014 et d’argent en 2018, paraissait entendue en vertu de ses résultats de la saison dernière, celle de Chloé était beaucoup moins évidente.

Vice-championne olympique en 2014, la cadette de 30 ans était la première réserviste de toute l’équipe canadienne de ski acrobatique jusqu’à la semaine dernière. Une réallocation des quotas olympiques octroyés par la Fédération internationale de ski lui permet de participer à ses quatrièmes Jeux olympiques après ceux de Vancouver (5e), Sotchi (argent) et PyeongChang (17e).

Après une dernière saison plus difficile, Chloé Dufour-Lapointe a rebondi cet hiver en exécutant chaque fois une nouvelle manœuvre sur le saut du haut, un désaxé 720 qu’elle a mis du temps à maîtriser. Le 8 janvier, sa huitième place à la deuxième épreuve de la Coupe du monde de Tremblant, un sommet en plus de deux ans, a été déterminante dans sa qualification pour Pékin. Elle sera la première Canadienne de l’histoire à prendre part à quatre JO en ski acrobatique.

« Des résultats comme ça, ça donne une confiance supplémentaire, avait souligné la meilleure Canadienne sur le circuit des bosses cet hiver. Ça me relève la tête. Je me sens encore meilleure. C’est ça, la performance : c’est de vibrer. Parfois, les juges le voient, parfois ils ne le voient pas. Là, j’ai rayonné en fin de semaine. »

La Montréalaise s’est aussi classée 12e à l’étape d’ouverture de Ruka et 13e à Deer Valley, le 13 janvier. Ces trois résultats dans le top-16 ont été pris en compte dans le processus conjoint mis en place par Freestyle Canada (bosses, sauts, demi-lune, descente acrobatique/grand saut) et Alpin Canada (ski cross).

Ces cinq spécialités se sont partagé les 32 places disponibles pour le Canada aux JO de Pékin - 16 hommes et 16 femmes - soit le nombre maximal. Un maximum de quatre athlètes par genre et par discipline pouvaient être choisis.

L’équipe de ski cross, dévoilée la semaine dernière, a fait le plein. La médaillée olympique Britt Phelan, de Mont-Tremblant, est l’unique Québécoise sélectionnée. Hannah et Jared, sœur et frère, sont d’Ottawa mais représentent le club de ski Mont-Tremblant.

En bosses, Justine Dufour-Lapointe, 27 ans, disputera ses troisièmes JO. La double médaillée olympique avait terminé quatrième de la première compétition de la campagne 2020-21, ce qui lui avait donné un pas d’avance. Elle a renoué avec le top-10 ce mois-ci à Tremblant et à Deer Valley (9e), ce qui a consolidé sa position.

Sofiane Gagnon, de Whistler, sera la troisième partante canadienne. Elle aussi a été repêchée à la dernière minute.

Chez les hommes, le champion mondial et olympique en titre, Mikaël Kingsbury, était déjà assuré de sa troisième participation olympique.

« C’est toujours un honneur pour moi de représenter le pays sur la plus grande scène au monde, a déclaré Kingsbury dans un communiqué. Ce seront mes troisièmes Jeux olympiques et chaque fois c’est le même sentiment de fierté qui m’habite. Ce moment est le point culminant des quatre dernières années de travail et j’ai hâte de me retrouver à Beijing avec tous les autres athlètes de la délégation canadienne. »

Il pourra compter sur un seul coéquipier, Laurent Dumais, qui a réussi un retour spectaculaire après avoir raté la première moitié de saison en raison d’une hernie discale.

Après une injection de cortisone, l’athlète de Québec s’est continuellement amélioré à ses quatre derniers départs en Coupe du monde, où il jouait son va-tout malgré la douleur. Il a scellé son billet pour ses premiers JO en prenant le huitième rang à la dernière course de Deer Valley, son premier top-10 depuis sa sixième place aux Mondiaux au Kazakhstan, l’hiver dernier.

Québec Air Force

En saut acrobatique, toute l’équipe canadienne est également québécoise. Marion Thénault et Lewis Irving étaient déjà qualifiés pour leurs premiers JO. Les recrues Flavie Aumond, Naomy Boudreau-Guertin, Miha Fontaine et Émile Nadeau complètent ce contingent aux allures de Québec Air Force nouvelle génération. Miha est d’ailleurs le fils de Nicolas Fontaine, ancien champion mondial qui a été un véritable dans la reconstruction de l’équipe canadienne au centre de Lac-Beauport.

En descente acrobatique (slopestyle) et grand saut (big air), les jeunes Olivia Asselin, brillante médaillée de bronze aux X Games le week-end dernier, et Édouard Thérriault, en bronze à la Coupe du monde de Font-Romeu la semaine dernière, virevolteront maintenant sur les modules et rampes de Pékin. À 17 ans, Asselin sera le plus jeune membre de toute l’équipe olympique canadienne.

« Nous allons envoyer le plus gros contingent de notre histoire avec un total de 24 athlètes qui disputeront 11 épreuves dans cinq disciplines, s’est félicité le chef de la direction de Freestyle Canada, Peter Judge. Nous sommes enchantés de les voir entreprendre un tel parcours dans le but de poursuivre la fière tradition que Freestyle Canada s’est forgée aux Jeux. »

Le Québec revendique 13 des 32 partants canadiens à Pékin dans les disciplines de ski acrobatique.