Au terme de matchs aux scénarios incroyables, les Rams se sont qualifiés pour les finales de conférence en allant battre les Buccaneers de Tom Brady (30-27), tout comme les Chiefs, vainqueurs après prolongation sur les Bills (42-36), dimanche, dans la NFL.

Mis à jour le 23 janvier
Miguel Bujold
Miguel Bujold La Presse

Quatre matchs, quatre matchs décidés sur le tout dernier jeu !

On ne risque pas trop de se tromper en affirmant que le deuxième week-end des éliminatoires aura été l’un des plus époustouflants de l’histoire de la NFL. Si les deux parties de samedi nous avaient tenus en haleine jusqu’à la toute fin, les deux de dimanche nous ont donné du jeu spectaculaire et quantité de rebondissements.

La deuxième demie de la défaite de Brady et des Buccaneers de Tampa Bay aux mains des Rams de Los Angeles a été palpitante, mais que dire du choc entre les Bills de Buffalo et les Chiefs à Kansas City ? Du bonbon ! Y a-t-il un autre sport ou une autre ligue qui peut procurer autant d’émotions fortes et de rebondissements que la NFL ? La réponse est non.

Lorsque Gabriel Davis a marqué son troisième touché du match pour faire 29-26 en faveur des Bills avec moins de deux minutes à jouer, Patrick Mahomes et les Chiefs n’avaient plus de marge de manœuvre. Mais quand Tyreek Hill s’est évadé pour inscrire un touché de 64 verges grâce à sa vitesse olympienne moins d’une minute plus tard, les Bills semblaient cuits.

PHOTO ED ZURGA, ASSOCIATED PRESS

Harrison Butker (7) et Tommy Townsend (5)

Ils ne l’étaient pas. Josh Allen et Davis ont uni leurs efforts pour la quatrième fois de la soirée et avec seulement 13 secondes à jouer, c’était 36-33 pour Buffalo.

Et c’est précisément dans les moments qui ont suivi que les Bills ont perdu le match. Plutôt que de botter le ballon jusqu’à la ligne de 5 ou de 10 verges des Chiefs afin de forcer leur « retourneur » à écouler du temps en courant avec le ballon, ils l’ont botté dans la zone des buts. Les Chiefs ont ainsi pu commencer leur série à leur ligne de 25 verges, tout en conservant les 13 précieuses secondes au tableau. Erreur.

Mahomes a réussi une passe de 19 verges à Hill, puis une autre de 25 verges à Travis Kelce. Harrison Butker s’est amené sur le terrain et son placement de 49 verges sur le dernier jeu en temps réglementaire a créé l’égalité 36-36. Les Chiefs ont remporté le tirage au sort et les Bills n’ont jamais vu le ballon en prolongation. Victoire de 42-36 grâce au touché décisif de Kelce.

Les Bills ont échangé coup pour coup avec les puissants Chiefs durant tout le match. Allen a complété 27 de ses 37 passes pour 329 verges, et Davis est devenu le premier joueur de l’histoire à attraper 4 passes de touché au cours d’un match éliminatoire. Alors que Stefon Diggs (3 attrapés pour 7 verges) et Emmanuel Sanders (1 attrapé pour 17 verges) ont été très discrets, Davis a émergé.

PHOTO DENNY MEDLEY, USA TODAY SPORTS

Josh Allen (17)

Mais de l’autre côté du ballon, les Bills ne sont jamais parvenus à réussir le « gros » jeu. Première pour les points et les verges en saison, la défense des Bills a été incapable de ralentir Mahomes, Hill et Kelce. L’infernal trio des Chiefs a encore une fois été au cœur de la victoire de son club.

En arrière 36-33 avec 13 secondes à jouer, on pouvait lire la déception et l’incrédulité sur le visage d’Andy Reid et de ses joueurs… sauf sur celui de Mahomes. Il y croyait toujours, et avec raison. Lorsqu’elle roule à plein régime et que la situation le commande, l’attaque des Chiefs est irrésistible.

Kansas City participera donc à une quatrième finale de la Conférence américaine de suite, dimanche prochain. Les Bengals, qui ont vaincu les Chiefs à Cincinnati en décembre, seront dans l’antre de la machine rouge. Après être venus si près d’être éliminés, les Chiefs voudront s’assurer de ne prendre aucun risque et joueront assurément avec le pied à fond sur l’accélérateur dès le premier coup de sifflet. Joe Burrow et ses jeunes coéquipiers n’auront pas droit à l’erreur.

Pour les Bills de Buffalo et leurs partisans, c’est une autre cruelle défaite. L’arrière-goût sera tenace.

Mais ils peuvent regarder les prochaines années avec un grand optimisme. Allen est une bête et assurera aux Bills d’avoir une bonne équipe pour plusieurs années. Un jour, ce sera à leur tour. Ils n’auraient toutefois jamais dû botter le ballon dans la zone des buts à la fin du quatrième quart…

La retraite pour Brady ?

Les rumeurs ont commencé à circuler dimanche matin : pour la première fois, Tom Brady allait sérieusement songer à la retraite au terme de sa saison. Et celle-ci a pris fin avec le placement victorieux de Matt Gay, le dernier jeu dans la victoire de 30-27 des Rams face aux Buccaneers à Tampa Bay.

Après la partie, Brady n’a pas trop voulu commenter à propos de son avenir. Le quart-arrière qui fêtera ses 45 ans en août a un contrat pour une autre saison, et les Bucs lui auraient déjà fait savoir qu’ils espéraient son retour.

Selon les informations diffusées par plusieurs médias américains, Brady n’aurait cependant rien voulu garantir à l’organisation. C’est la première fois que Brady n’est pas catégorique quant à son avenir. Voudra-t-il mettre fin à son immense carrière après une défaite encaissée avec une formation amochée comme l’était celle des Bucs ?

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Tom Brady (12)

Jouant derrière une ligne offensive qui se défendait sans son meilleur joueur, le bloqueur à droite Tristan Wirfs (cheville), Brady devait se défaire du ballon très rapidement, dimanche. Avec Aaron Donald et Von Miller à ses trousses, Brady n’a réussi que 30 de ses 54 passes (55,5 %) et a été victime de 3 sacs.

Les Buccaneers ont tout de même effacé un déficit de 3-27 pour créer l’égalité 27-27 grâce à une course de 9 verges de Leonard Fournette alors qu’il ne restait que 42 secondes. Brady et les champions en titre se sont bien battus jusqu’à la toute fin, mais ce sont les Rams qui leur ont permis de demeurer dans le match.

N’eût été les deux passes que Matthew Stafford a lancées à Cooper Kupp dans la dernière minute et qui ont permis à Gay de tenter un placement de 30 verges pour la victoire, les Rams auraient rejoint les Falcons d’Atlanta de 2016 au palmarès des grands « chokers » de l’histoire…

Déjà en excellente position pour un placement facile qui leur aurait donné une avance de quatre possessions à la fin de la première demie, les Rams ont bousillé l’occasion parce que Cam Akers a échappé et perdu le ballon. La marque est restée 27-3.

Kupp a été coupable d’un échappé au troisième quart, qui allait permettre aux Bucs de s’approcher à deux touchés des Rams peu de temps après.

Von Miller a fait perdre le ballon à Brady, et on a tous cru qu’il s’agissait du « jeu de trop ». Une mauvaise remise du centre des Rams, Brian Allen, a redonné le ballon aux Bucs dès le jeu suivant…

Gay a raté un placement de 47 verges qui manquait de force ; Jalen Ramsey a accordé un long touché à Mike Evans alors qu’il aurait dû s’assurer de protéger la zone profonde avant tout ; puis, le comble, Akers a commis un autre échappé à sa ligne de 30 verges avec moins de deux minutes à écouler au tableau, une gaffe qui a préparé la table pour le touché égalisateur de Fournette. Une comédie d’erreurs. Un effondrement total.

Grâce à Stafford, qui a été le meilleur joueur des siens, les Rams ont évité la honte. Ils pourront donc accueillir la finale de la Conférence nationale, dimanche, alors qu’ils tenteront enfin de vaincre les 49ers de San Francisco, qui ont leur numéro. Les Niners ont gagné les six derniers affrontements, dont deux cette saison.

Si les Chiefs seront les favoris de la finale de l’AFC, bien malin celui qui pourra prédire l’allure du duel Niners-Rams. Kyle Shanahan et Sean McVay se connaissent bien et sont deux des bonnes têtes de la NFL. On a déjà hâte.