(Boston) Willie O’Ree a vécu de nombreux honneurs au cours de sa vie, que ce soit en devenant le premier joueur noir de la LNH en 1958, avec les Bruins de Boston, ou son intronisation au Temple de la renommée du hockey, en 2018.

Publié le 17 janvier
Kyle Hightower La Presse Canadienne

L’homme de 86 ans affirme toutefois que de voir son chandail numéro 22 être retiré par les Bruins, mardi, se classera près du sommet.

« C’était quelque chose dont je n’avais jamais rêvé, a dit O’Ree lors d’un entretien téléphonique, lundi. J’ai eu beaucoup de chance d’être rappelé par les Bruins en 1958 et d’avoir joué avec eux en 1960 et 1961. Et soudainement, de savoir que mon chandail va être retiré et qu’il sera suspendu dans les hauteurs avec celui des légendes locales, c’est simplement extraordinaire. »

O’Ree est devenu un pionnier du sport le 18 janvier 1958, lorsqu’il a porté les couleurs des Bruins lors d’un affrontement contre le Canadien de Montréal. Il deviendra le 12e joueur de l’histoire de l’équipe de Boston à voir son chandail être retiré.

O’Ree avait prévu d’être présent au match contre les Hurricanes de la Caroline, mardi, mais les inquiétudes persistantes concernant la pandémie ont changé ses plans. Il participera à la cérémonie de façon virtuelle depuis son domicile à San Diego.

« J’étais déçu, a-t-il insisté. J’ai beaucoup d’amis dans la région de Boston et des partisans que j’ai connus au fil des années. Avec la pandémie actuelle, nous avions le sentiment que nous ne ferions pas le voyage pour notre sécurité. »

O’Ree, qui est originaire de Fredericton, au Nouveau-Brunswick, a disputé deux matchs avec les Bruins lors de la saison 1957-58. Il a passé les deux campagnes suivantes dans les rangs mineurs avant de revenir à Boston pour jouer 43 parties lors de la saison 1960-61. En 45 matchs dans la LNH, il a récolté quatre buts et 10 aides. O’Ree a été échangé au Canadien en 1961, mais il n’est jamais revenu dans la LNH.

Coïncidant avec la cérémonie de mardi, le musée de l’histoire du hockey noir de la LNH est à Boston cette semaine. Il se rendra dans 28 villes des États-Unis et du Canada cette saison – le plus grand nombre de villes visitées à ce jour. Le musée était au centre d’entraînement des Bruins, dimanche, et il s’arrêtera au TD Garden avant le match de mardi soir.

Le musée de 525 pieds carrés met en lumière des pionniers et des créateurs d’histoire comme O’Ree, ainsi que les fondateurs de la ligue et les champions de la coupe Stanley. Il se tourne également vers la prochaine génération de jeunes étoiles, d’arbitres de la LNH, de descripteurs et de femmes dans le sport.

Depuis qu’il a pris sa retraite du sport, O’Ree s’est concentré sur l’avenir de la LNH. Depuis 1998, il travaille pour la LNH en tant qu’ambassadeur de la diversité, travaillant à favoriser une plus grande inclusion et à combattre le racisme qui existe toujours dans la ligue.

O’Ree a précédemment déclaré que même s’il se sentait accueilli par ses coéquipiers à Boston, son court séjour dans la LNH n’était pas épargné par le racisme qui imprégnait l’ère Jim Crow aux États-Unis à cette époque.

« Quand je suis arrivé avec les Bruins en 1958, j’ai entendu des remarques et des insultes racistes de la part de partisans dans les gradins et des joueurs adverses, a-t-il souligné. Ça ne m’a pas vraiment dérangé. Je dois remercier mon frère aîné, qui m’a dit que si les gens ne pouvaient pas m’accepter pour qui je suis, c’était leur problème. Il m’a dit de continuer à travailler fort et à rester concentrer sur ce que je voulais accomplir. C’est ce que j’ai fait. »

O’Ree s’est dit fier du travail qu’il a accompli en parlant avec les jeunes dans les cliniques de hockey, dans l’espoir de diversifier le sport qu’il aime.

« Je ne veux pas qu’on se souvienne simplement de moi comme le premier joueur noir à avoir joué dans la LNH, mais comme une personne qui voulait s’impliquer auprès des garçons et des filles. Une personne qui voulait les aider à se fixer des objectifs, aider à ce qu’ils les atteignent et aider à ce qu’ils se sentent bien dans leur peau, a-t-il exprimé. Je pense que c’est très important. »