La visite de Corey Perry était un bon prétexte pour se remémorer cette édition 2021 du Canadien de Montréal.

Mis à jour le 7 déc. 2021
Guillaume Lefrançois
Guillaume Lefrançois La Presse
Richard Labbé
Richard Labbé La Presse
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Cette équipe, qui a atteint la finale contre toute attente, jouait pour ses vétérans, pour les Perry, les Shea Weber et les Carey Price qui peuplaient le vestiaire. Ce sont d’ailleurs ces joueurs d’expérience qui ont relancé le Tricolore quand il avait le dos au mur, en retard 1-3 contre Toronto au premier tour.

Cette équipe était évidemment bien loin de celle qui s’est vaillamment battue sur la patinoire, mardi, mais qui a subi une défaite crève-cœur de 3-2 contre le Lightning de Tampa Bay.

D’abord, c’est à se demander si on peut même dire qu’il s’agit de la même équipe. Seulement sept joueurs qui ont participé à la finale l’été dernier étaient en uniforme. L’un d’eux était Nick Suzuki.

« Ils nous ont battus en finale l’an passé et on voulait leur remettre ça ce soir », a dit le jeune centre.

On devine que Jake Evans, Artturi Lehkonen, Cole Caufield et Ben Chiarot étaient animés du même désir.

Mais Mathieu Perreault, par exemple, était à Winnipeg l’an passé ; il a été balayé en quatre matchs par le Canadien au 2e tour. David Savard n’avait quant à lui pas de défaite à venger, même qu’il est allé chercher sa bague de la Coupe Stanley dans le vestiaire des visiteurs avant le match !

« C’est vraiment spécial de revoir tout le monde, une dernière fois, pour boucler la boucle de ce chapitre-là, a-t-il décrit après le match. C’est le fun de la voir en vrai, de pouvoir la mettre. C’est un feeling assez spécial. »

Toujours l’an passé, Mike Hoffman jouait pour les Blues. Cédric Paquette, pour les Hurricanes. Le nouveau venu Kale Clague ? À Los Angeles. C’est sans oublier Chris Wideman, qui jouait littéralement à l’autre bout du monde, à Nizhny Novgorod.

On peut présumer que pour eux, la défaite contre le Lightning en finale venait bien loin dans les facteurs de motivation.

Les jeunes

Laurent Dauphin, lui, disputait son premier match dans la LNH en près de trois ans. « Ça a bien été. Plus ça avançait, mieux ça allait », a-t-il convenu.

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Laurent Dauphin

Dauphin, Michael Pezzetta et Ryan Poehling ont disputé tous leurs matchs de la campagne 2021 avec le Rocket de Laval. Les deux premiers, en particulier, ont joué mardi comme des gars qui ne souhaitent pas y retourner. Poehling a été plus effacé, mais fait néanmoins partie des rares éléments du CH qui montrent une progression jusqu’ici cette saison.

Ils ont une telle chance en raison du bilan médical du Tricolore. A-t-on déjà vu, depuis que Harry et Marvin sont débarqués chez l’oncle de Kevin McAllister à New York, une équipe victime d’autant d’infortunes en si peu de temps ?

Ils ont une chance et veulent la saisir. Ajoutez Clague, tout juste réclamé au ballottage, et des jeunes comme Evans et Alexander Romanov, qui tentent de démontrer qu’ils peuvent en donner plus. Et voilà pourquoi le Tricolore est passé à deux minutes de battre le puissant Lightning, jusqu’à ce Corey Perry (qui d’autre ?) ne crée l’égalité avec 129 secondes à jouer.

« Plusieurs des gars ici essaient de prouver des choses, d’assurer leur poste, a noté Suzuki. On joue beaucoup mieux dernièrement. On aurait facilement pu gagner quelques matchs de suite. Des petites choses nous ont fait mal. »

« Plusieurs gars peuvent soit jouer un rôle différent, soit avoir une chance avec notre équipe. Tout le monde a poussé pour avoir du succès, a ajouté Ducharme. Individuellement, les joueurs veulent nous montrer qu’ils peuvent tenir leur bout dans cette ligue-là. Collectivement, on a quand même été solides. »

On a parlé des jeunes et des survivants de l’an passé. On pourrait y ajouter les situations contractuelles de certains, de ceux qui n’ont pas nécessairement de stabilité à long terme.

Le défi de Ducharme est donc là d’ici la fin de la saison : prendre tous ces intérêts divergents, et tenter d’unir le groupe. C’est une chose d’y arriver en séries ou dans une chaude lutte au classement, mais c’en est une autre avec une équipe que l’on sait exclue de la course depuis déjà un mois.

Dans le détail

Ça déborde à l’infirmerie

Dominique Ducharme sera sans doute critiqué pour cette autre défaite, la 21e du Canadien en 27 rencontres cette saison. Mais quand on regarde un peu sa formation, ou plutôt la formation des blessés, on se demande si quelqu’un d’autre pourrait vraiment faire mieux. Avant même de commencer la rencontre, c’est 64 % de la masse salariale du club qui se retrouvait à l’écart mardi, en comptant messieurs Anderson, Armia, Byron, Edmundson, Gallagher, Niku, Petry, Price, Toffoli et Weber. Et comme les mauvaises nouvelles ont tendance à ne jamais venir seules, il faut ajouter à cette liste un autre nom, celui de Christian Dvorak, qui a dû quitter la rencontre de mardi soir au Centre Bell pour cause de blessure. L’entraîneur du Canadien n’a pas été en mesure de dire si l’attaquant allait devoir s’absenter pendant une longue période de temps. Mais cette absence de Dvorak vient aussi nous rappeler que le Canadien a dû céder un choix de premier tour aux Coyotes de l’Arizona, ce qui ne sera peut-être pas vu comme la meilleure décision de Marc Bergevin, finalement.

Voici Clague…

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Kale Clague

Le défenseur Kale Clague a été réclamé au ballottage il y a quelques jours à peine par le Canadien, et pour ce jeune homme de 23 ans, c’était la première occasion de faire bonne impression… sauf que ça ne s’est pas exactement passé comme ça. Tel un serveur qui échappe une colonne d’assiettes dans une mauvaise comédie, l’ancien choix de 2e tour des Kings a commencé son nouveau boulot avec une solide gaffe, en donnant la rondelle à Pat Maroon, qui n’en demandait pas tant afin d’inscrire le premier but de la soirée pour le Lightning. Il a conclu cette première avec aucun point et un -1 à sa fiche, en 17 : 29 de temps de jeu, incluant un petit tour du côté de l’avantage numérique. Dominique Ducharme a paru satisfait malgré tout. « Il a passé par-dessus la rondelle (sur le but de Maroon), mais autrement, il patine bien, a noté l’entraîneur. Il garde quand même une bonne distance entre les attaquants et lui pour défendre son territoire, il fait bien circuler la rondelle. J’ai aimé son match en général. »

Encore les bancs vides…

Il n’y a pas si longtemps, un match Canadien-Lightning aurait déchaîné les passions, surtout si présenté au mois de juillet. Maintenant ? Disons que les passions se déchaînent un peu moins. Vous avez sans doute été nombreux à remarquer plusieurs sièges vides à l’écran, et puis en effet, selon la feuille de match officielle de la LNH, c’est une assistance de seulement 19 976 spectateurs qui a été enregistrée lors de ce mardi soir pas si festif au Centre Bell. Malgré cela, selon les statistiques à cet effet compilées par le réseau ESPN, c’est toujours le Canadien qui trône au sommet des assistances dans la LNH cette saison, avec une moyenne de 19 852 fans par rencontre au Centre Bell. Les plus cyniques diront qu’il s’agit sans doute de la seule statistique du hockey où le Canadien arrive au premier rang cette saison, mais nous n’irons pas là vu notre classe légendaire.

Ils ont dit

J’essayais de garder la rondelle dans leur territoire pour continuer l’échec-avant. Il ne restait pas beaucoup de temps. Il est venu me frapper et je suis resté pris de l’autre côté. On a donné un 2 contre 1. C’est plate, ça nous coûte le match. Si j’avais à le refaire, je prendrais une autre décision.

David Savard, au sujet du but gagnant du Lightning

C’est un club qui a beaucoup de talent. Ils ont eu leurs chances, mais on a créé de bonnes chances aussi. J’ai aimé notre effort. C’est vraiment décevant de sortir de ce match-là avec zéro point.

David Savard

Nous étions à 6 contre 5 et je n’hésite jamais à lui faire confiance. Il a tellement un esprit compétitif. Ce n’est pas une surprise s’il a atteint la finale deux ans d’affilée avec deux équipes différentes. Ce n’était notre meilleur match, mais Perry avait un bon match.

Jon Cooper, au sujet de Corey Perry

On a raté des chances. Lehkonen a eu une échappée, je pense que ça a touché le manche du bâton du gardien. Et Jo [Drouin] est passé à un centimètre de la rondelle, et ils ont fini par marquer. C’est dur à digérer.

Nick Suzuki

On a bien joué en général, on a été bons en désavantage numérique, on a généré plusieurs chances de marquer à 5 contre 5. La victoire était à notre portée. Mais Perry marque avec son genou, puis ils ont marqué sur un surnombre. C’est le type de mauvais bonds qu’on a.

Nick Suzuki

En hausse 

Jake Allen

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Jake Allen en action

Il n’a affronté que 27 tirs, après avoir été bombardé 169 fois à ses 4 dernières sorties. À défaut de la quantité, il y avait de la qualité dans les tirs du Lightning.

En baisse 

Cole Caufield

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Cole Caufield

Il a obtenu une occasion de menacer le filet adverse, et a complètement passé dans le vide en tentant son tir. Du reste, ça a été une soirée tranquille pour lui.

Le chiffre du match

15 : 09

C’est le temps d’utilisation de Laurent Dauphin. La blessure à Christian Dvorak a changé la donne, mais on s’attendait tout de même à un chiffre plus bas pour un joueur fraîchement rappelé de Laval.