Un peu comme les présidents aux États-Unis, les entraîneurs-chefs du Canadien de Montréal portent leur titre toute leur vie.

Mis à jour le 26 nov. 2021
Simon-Olivier Lorange
Simon-Olivier Lorange La Presse

Claude Julien a choisi de rester loin de l’œil médiatique depuis son congédiement du 24 février dernier. C’était néanmoins une question de temps avant qu’il ne réponde à des questions sur sa rupture avec l’organisation.

Au cours des neuf derniers mois, Claude Julien a, à notre connaissance, accordé un seul entretien. Et c’était pour discuter de ses années chez les Olympiques de Gatineau avec Sylvain St-Laurent, du Droit.

Lisez l’article de Sylvain St-Laurent

Tout juste nommé à la tête de la formation canadienne qui prendra part à deux tournois européens au cours des prochaines semaines, Julien a donc fait son retour, le vendredi 26 novembre, dans l’espace public. Dans ce contexte, il a calmement et candidement répondu aux questions, à la manière de celui qui est déjà passé par là.

« Je ne suis pas amer, a-t-il dit d’entrée de jeu. Le Canadien m’a toujours bien traité. » Une affirmation, a-t-il précisé, qui s’applique autant à son premier passage derrière le banc du club, de 2003 à 2006, qu’à son second, de 2017 à 2021.

« Je n’aurai jamais rien de mal à dire d’eux », a-t-il renchéri. Mentionnons à ce sujet que le Franco-Ontarien est encore sous contrat avec l’équipe jusqu’à la fin de la saison. Il a néanmoins tenu à rappeler que « ce qui est arrivé fait partie du métier de coach ».

« Il arrive qu’on soit congédié, alors tout ce que tu peux faire, c’est passer à la prochaine étape. »

Conséquemment, il ne se réjouit pas des malheurs du Tricolore cette saison, au contraire. « C’est sûr que je n’aime pas voir ce qui se passe présentement, assure-t-il. Je connais la majorité des joueurs ; c’est un bon groupe de joueurs qu’on avait l’an dernier et même avant. Tu espères les voir connaître du succès, tu n’aimes pas les voir malheureux. »

Les derniers mois loin des projecteurs lui ont permis de « rattraper » le temps perdu avec sa famille, de « faire les choses qu’[il] aime avec ses enfants ». Et aussi de « prendre un pas de recul ».

Vers un retour ?

La « prochaine étape », pour Claude Julien, c’est le mandat qu’il reçoit de Hockey Canada de diriger les équipes qui participeront d’abord à la Coupe Channel One, en Russie, à compter de la mi-décembre, puis à la célèbre Coupe Spengler, en Suisse, après Noël.

Or, son défi pourrait être encore plus grand. La fédération nationale ne cache pas que si les joueurs de la LNH se retirent des Jeux olympiques de Pékin, les deux tournois des prochaines semaines serviront d’audition pour les joueurs canadiens évoluant en Europe. Julien pourrait donc, en un peu plus de deux mois, être passé d’entraîneur au chômage à dirigeant d’une équipe olympique.

Hockey Canada s’est donc assuré des services d’un candidat de prestige, en raison non seulement de ses faits d’armes dans la LNH — ses 667 victoires le placent au 15rang de l’histoire du circuit –, mais aussi de son parcours sur la scène internationale.

Julien a d’abord été entraîneur adjoint puis entraîneur-chef d’Équipe Canada Junior (en 1998 et 1999, respectivement), avant d’être invité comme adjoint au Championnat du monde senior (2006), aux Jeux olympiques (2014) et à la Coupe du monde (2016).

Avec cette nomination, Hockey Canada protège ses arrières, certes, mais Claude Julien bénéficie aussi d’une vitrine exceptionnelle pour rappeler à la planète hockey qu’il veut (et peut) encore faire carrière derrière un banc.

« Pour moi, c’est l’occasion de faire une chose que j’aime », a-t-il dit à ce sujet, ajoutant qu’« après une vingtaine d’années derrière un banc de la LNH, je n’ai pas nécessairement besoin de prouver quoi que ce soit ».

« J’adore ce que je fais. J’aimerais avoir une autre chance » dans la LNH, a-t-il avoué.

Même si son nom refait surface chaque fois qu’un poste d’entraîneur-chef se libère dans le circuit Bettman, « aucune » des « spéculations » qui ont pu être entendues au cours des derniers mois n’est vraie, martèle-t-il. « Je suis engagé avec Hockey Canada en ce moment. »

Scott Salmond, vice-président senior aux opérations hockey auprès de la fédération, a par ailleurs indiqué que Hockey Canada ne mettrait pas des bâtons dans les roues de Julien si une offre de la LNH se présentait. Il serait toutefois étonnant que ce scénario se concrétise à si court terme, puisque la Coupe Channel One s’amorce à Moscou dans trois semaines.