Vous souvenez-vous avoir déjà suivi de près la Coupe Channel One ? Nous non plus.

Publié le 26 nov. 2021
Simon-Olivier Lorange
Simon-Olivier Lorange La Presse

Le tournoi, qui fait partie de l’Euro Hockey Tour, sert de préparation à des sélections européennes avant de grands évènements internationaux. Exemple : les Jeux olympiques.

Le Canada avait été invité à y inscrire une équipe, en décembre 2017, à quelques semaines des Jeux de PyeongChang, auxquels les joueurs de la LNH n’ont pas participé. Et voilà qu’à quelques semaines des Jeux de Pékin, où on devrait cette fois voir les meilleurs patineurs du monde en action, le Canada fera son retour à la Coupe Channel One, qui s’amorcera à la mi-décembre en Russie.

Un hasard ? Absolument pas. Alors que les rumeurs s’intensifient, Hockey Canada a voulu être prêt à déployer un plan B si la LNH et l’Association des joueurs se désistaient des Jeux d’ici le 10 janvier 2022, date limite établie de concert avec le Comité international olympique et la Fédération internationale de hockey sur glace pour un retrait sans conséquence financière. Cette date butoir précède l’ouverture des Jeux de moins d’un mois.

Se félicitant de faire partie de la fédération la « mieux préparée du monde », le vice-président aux opérations hockey chez Hockey Canada, Scott Salmond, a refusé de parler d’un « plan B », évoquant plutôt un « plan A si jamais la LNH ne participait pas aux Jeux olympiques ».

Le résultat est le même : « On veut se préparer à tous les scénarios, et l’un d’eux est une éventuelle décision de la LNH de ne pas y participer. »

Salmond a assuré ne pas avoir d’« informations additionnelles » quant aux probabilités de voir (ou non) Connor McDavid et Leon Draisaitl représenter respectivement le Canada et l’Allemagne à Pékin. Depuis quelques semaines, par contre, on entend que la crainte d’une prolifération de COVID-19 refroidit quelques ardeurs. Le journaliste Pierre LeBrun a justement écrit, dans Athlétique, que la tenue du match des Étoiles à Las Vegas tout juste avant les Jeux suscitait des inquiétudes.

Scott Salmond a par ailleurs reconnu que la Coupe Channel One avait été ajoutée au calendrier de Hockey Canada dans la perspective de devoir rassembler une équipe constituée de joueurs d’ici qui évoluent en Europe. On avait procédé de cette manière en 2017, alors que l’équipe olympique avait été constituée de joueurs ayant pris part à la Coupe Channel One puis à la Coupe Spengler. Le premier tournoi regroupe surtout des joueurs qui évoluent dans la KHL, et le second des athlètes qui jouent partout sur le continent.

Julien en renfort

Un autre indice de la plausibilité du scénario soulevé par Salmond : la nomination de Claude Julien à la tête des équipes qui participeront aux deux évènements.

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, ARCHIVES LA PRESSE

Claude Julien

Les entraîneurs-chefs du Canada, à la Coupe Spengler, sont généralement des personnalités connues du monde du hockey, mais rarement – voire jamais – des candidats qui sont activement sur le circuit des entraîneurs-chefs de la LNH.

Craig MacTavish, par exemple, qui a obtenu le poste en 2019, n’avait pas été derrière un banc à temps plein depuis sept ans. Guy Boucher a été le pilote canadien en 2014 et en 2015, alors que son emploi principal était avec le SC Berne – il est revenu dans la LNH en 2016-2017.

Julien, lui, était dans la LNH il y a moins d’un an. Sa situation est la même que celle de Willie Desjardins, en 2017-2018, lorsqu’il a dirigé le Canada, successivement, à la Coupe Channel One, à la Coupe Spengler et aux Olympiques.

Alors que Desjardins s’est tourné vers le hockey junior depuis la saison 2019-2020, Claude Julien devenait probablement le candidat le plus naturel, d’autant qu’il est l’un des seuls membres du personnel d’entraîneurs des Jeux de Sotchi qui n’est pas actuellement dans la LNH – l’autre étant Mike Babcock, qui est sur les lignes de touche depuis que sa réputation d’intimidateur auprès de ses joueurs a fait la manchette.

Si les joueurs de la LNH prenaient bel et bien part aux Jeux olympiques de Pékin, c’est Jon Cooper, du Lightning de Tampa Bay, qui sera l’entraîneur-chef de la formation canadienne.