(Toronto) Auston Matthews n’est pas du genre à regarder en arrière.

Joshua Clipperton La Presse Canadienne

À moins qu’il soit question d’autre chose que des Maple Leafs.

Le centre vedette a créé des vagues en juillet lorsque les caméras de télévision l’ont montré avec son ancien coéquipier Joe Thornton dans l’entourage de Justin Bieber à l’UFC 264.

L’icône de la musique pop canadienne — un partisan inconditionnel des Leafs qui s’est lié d’amitié avec Matthews ces dernières années — a invité les joueurs à lui rendre visite à Las Vegas pour l’un de ses spectacles ainsi que le gala d’arts martiaux mixtes mettant en vedette Connor McGregor et Dustin Poirier.

« Nous nous sommes dit : "Faisons un petit voyage, et peut-être que nous allons simplement regarder les combats et faire tous les trucs propres à Vegas", s’est souvenu Matthews lors de la récente tournée médiatique de la LNH en partenariat avec l’Association des joueurs. Ce fut une incroyable expérience. »

Après les combats, Matthews et Thornton ont fait tourner encore plus de têtes lorsqu’ils sont apparus dans une publication Instagram avec Bieber et publiée par le mannequin Kendall Jenner auprès de ses 190 millions d’abonnés alors que le groupe rentrait à la fin de la nuit.

« Nous sommes sortis pour manger, a continué Matthews avec le sourire. Comme tout le monde rentrait à l’hôtel dans ce grand fourgon sprinter. J’ai juste sauté avec tout le monde, et c’est parti. »

Mais réorienter la conversation sur la dernière élimination des Leafs en séries éliminatoires — une débâcle au premier tour en mai contre le Canadien de Montréal – et le ton est bien différent.

« Ça se passe d’explications, a répondu Matthews lorsqu’on lui a demandé si cette élimination a fait plus mal que les quatre précédentes qu’il a vécues avec les Leafs, une équipe toujours en quête d’une première victoire en série depuis l’ère du plafond salarial dans la LNH.

« Il faut apprendre de ce qui s’est passé, a-t-il ajouté. Il n’y a rien que nous puissions changer maintenant. »

Matthews et Mitch Marner, l’autre meneur offensif des Leafs, font de leur mieux pour ne pas regarder en arrière dans ce qui est le plus grand marché médiatique du hockey.

Mais les questions sur ce qui s’est passé et sur ce qui est potentiellement à venir pour une équipe plus que jamais scrutée au microscope se poursuivront jusqu’à ce que le dénouement change.

« Le passé est le passé, a soutenu Marner. Il n’y a rien que nous puissions faire maintenant. »

Guidés par leurs dynamiques attaquants de 24 ans, les Leafs amorcent leur camp d’entraînement mercredi avec les connaissances nécessaires pour que le scénario soit cette fois-ci différent.

« La pression est définitivement au rendez-vous, a ajouté Marner. Mais nous ne devons pas laisser cela nous nuire, nous devons réaliser que nous sommes une grande équipe, et que nous devons être à la hauteur des attentes. »

La formation torontoise semblait avoir réalisé des progrès tangibles au cours du calendrier écourté par la pandémie la saison dernière. Les Leafs ont dominé la section Nord regroupant les équipes canadiennes, une initiative imposée par les restrictions frontalières en raison de la COVID-19, avec une défensive améliorée et un engagement envers le système préconisé.

Matthews a dominé la LNH avec 41 buts en seulement 52 matchs — il en a raté quatre avec une blessure au poignet qui a finalement nécessité une intervention chirurgicale le mois dernier — pour remporter son premier trophée Maurice Richard, tandis que Marner a terminé au quatrième rang de la ligue.

Les Leafs ont aussi ajouté du leadership et du caractère avec Thornton et Wayne Simmonds, tandis que la poreuse ligne bleue a semblé prendre du mieux avec les mises sous contrat de T.J. Brodie et Zach Bogosian.

Les Leafs ont terminé la saison régulière avec 18 points d’avance devant le Canadien et, malgré la perte du capitaine John Tavares en raison d’une blessure, ils ont mené la série 3-1 avant de voir le Tricolore se relever avec des victoires consécutives en prolongation avant que les Torontois ne laissent filer le septième match à domicile.

Si Matthews, qui espère que son poignet sera guéri à temps pour la soirée d’ouverture le 13 octobre contre le Canadien, a rempli ses engagements en séries éliminatoires, Marner a pour sa part essuyé sa part de critiques d’une base de partisans frustrés devant son incapacité à marquer lors de 18 matchs d’affilée en éliminatoires.

« Il faut faire abstraction des commentaires extérieurs, a clamé Marner au sujet de ce qui sera le plus important pour son équipe alors qu’elle revient dans une section Atlantique ultra-compétitive. Il faut s’assurer que nous ne laissons pas les commentaires extérieurs et le doute entrer dans notre tête. »

Les Leafs ont fait leurs adieux à Hyman, Thornton, Bogosian, au gardien Frederik Andersen et échangé Nick Foligno cet été, alors qu’ils accueillent des nouveaux venus comme le gardien Petr Mrazek, l’attaquant Nick Ritchie et l’ailier Michael Bunting.

Comme le noyau de joueurs vedettes, l’entraîneur-chef Sheldon Keefe, le directeur général Kyle Dubas et même le président Brendan Shanahan ressentent la pression de voir leur équipe concrétiser au moins une partie de son potentiel.