À 22 ans, Rafaël Harvey-Pinard est l’un des doyens parmi les joueurs invités au camp des recrues du Canadien.

Simon-Olivier Lorange
Simon-Olivier Lorange La Presse

Ce n’est toutefois pas comme s’il arrivait avec l’étoffe d’un vieux sage non plus. Avec seulement 36 matchs professionnels dans son CV, il a encore des croûtes à manger, et il est le premier à le reconnaître.

N’empêche qu’aux yeux de ses coéquipiers et même du personnel d’entraîneurs, il dégage quelque chose qui ressemble drôlement à l’aura d’un vétéran.

Même si l’organisation le connaît déjà bien, Harvey-Pinard a promis, dans une récente entrevue avec La Presse, qu’il était « crinqué » à l’idée de montrer ce qu’il pouvait faire pour continuer son ascension vers la LNH.

Le Québécois n’a pas rencontré les journalistes, jeudi. Et pour tout dire, ça n’a pas été nécessaire.

Car il a, d’une part, montré sur la glace qu’il ne plaisantait pas. Intense dans toutes les phases du jeu, il a rappelé le style pugnace qui est sa signature depuis les rangs juniors.

Mais il a, surtout, fait parler de lui. Sans que personne n’ait à lancer son nom dans la discussion.

Invité à dire si certains des joueurs sur la glace l’avaient impressionné, Joshua Roy, choix de cinquième tour en 2021, n’a pas hésité : « Rafaël Harvey-Pinard est tellement bon… Chaque fois qu’il est sur le jeu, tu peux le voir patiner le plus vite possible. Il est incroyable, il travaille fort. C’est sur des joueurs comme lui que je veux calquer mon jeu. »

La même question, cette fois à Xavier Simoneau, choix de sixième tour en 2021 : « 100 % Rafaël Harvey-Pinard. C’est un modèle pour moi. En plus, il est assis à côté de moi dans le vestiaire. On a eu la chance de discuter, j’essaie de suivre de près ce qu’il fait. »

Modèle

Il faut dire que le parcours de RHP a en quelque sorte été le canevas de celui de Simoneau. Les deux ont été repêchés sur le tard, à leur troisième année d’admissibilité. Les deux viennent en format réduit – 5 pi 9 po et 5 pi 7 po, respectivement. Et les deux sont reconnus comme des travailleurs acharnés.

« Je veux être une éponge à côté de lui, a ajouté Simoneau au sujet de son compatriote. S’il a été capable de décrocher un contrat professionnel, je crois pouvoir le faire aussi. »

PHOTO MARTIN TREMBLAY, LA PRESSE

Xavier Simoneau

Même Jean-François Houle, nouvel entraîneur-chef du Rocket de Laval, qui comptera vraisemblablement sur les services d’Harvey-Pinard cette saison dans la Ligue américaine, a parlé de celui qui l’a « impressionné » dès les premiers exercices.

« Il protège très bien la rondelle, a souligné Houle. C’est un joueur de petit gabarit, mais il trouve toujours le moyen d’avoir la rondelle. Il est très intelligent. Il a fait de bons jeux, il s’est démarqué. Ça paraît qu’il a un an d’expérience dans la Ligue américaine. Et l’expérience, tu ne peux pas l’acheter. »

Plusieurs fois, sur différents sujets, Houle a souligné l’importance dans sa philosophie d’entraîneur de l’« éthique de travail ». Et il n’a pas manqué de saluer celle, « impeccable », de Rafaël Harvey-Pinard.

« C’est sûr que c’est un modèle, tu le vois tout de suite », a-t-il renchéri.

Pas si mal pour un joueur qui vient à peine de signer un premier contrat de la LNH.

En bref

Joshua Roy a fondu

PHOTO MARTIN TREMBLAY, LA PRESSE

Joshua Roy

L’attaquant Joshua Roy a causé une certaine surprise, jeudi, en affirmant qu’il avait perdu « de 15 à 20 livres » au cours de l’été. Sur une charpente de 6 pieds, la différence est de taille (pardon). En réalité, le Québécois a fait savoir qu’il pesait 205 livres lorsqu’il s’est joint au Phœnix de Sherbrooke, en janvier dernier, et qu’il flirtait aujourd’hui avec les 185 livres – le Canadien lui en donne 190 sur sa liste officielle. La fonte n’est donc peut-être pas aussi importante qu’elle le paraît, mais elle demeure manifeste. Roy n’a surpris personne en expliquant avoir mis « les bouchées doubles » sur le plan du conditionnement physique, dans le but avoué d’améliorer sa vitesse. « Je pense que ça paraît sur la glace, a-t-il avancé. Je suis vraiment content de ça. »

Le sourire de Xavier Simoneau

Lorsque le Tricolore a fait de lui un choix de sixième tour en juillet dernier, Xavier Simoneau était incapable d’arrêter de sourire. Ignoré deux années de suite au repêchage, le petit joueur de centre de 5 pi 7 po a déclaré à quel point il réalisait un rêve en étant réclamé par le club de son enfance. Résolument, les dernières semaines n’ont pas vu son enthousiasme se dégonfler. « C’est probablement le même sourire que j’avais quand j’ai été repêché », a-t-il dit jeudi en visioconférence, avec pour preuve un râtelier éclatant de sincérité. Il ne sait pas encore s’il disputera cette saison sa dernière campagne junior ou s’il fera le saut chez les professionnels. Mais en tout cas, il a prévenu qu’au camp des recrues, il n’est « pas venu en touriste ». « Je suis ici pour laisser ma marque, mon nom, pour que [le CH] sache qui est le vrai Xavier Simoneau. Par la suite, c’est à eux de me diriger vers la bonne porte et je vais respecter leur choix à 100 %. » Le Québécois pourrait donc se joindre aux Islanders de Charlottetown, dans la LHJMQ, mais il pourrait aussi signer un contrat pour se joindre au Rocket de Laval, dans la Ligue américaine, ou encore aux Lions de Trois-Rivières, dans l’ECHL.

Carey Price sur patins

Ils le font dans un relatif anonymat, mais les joueurs du Canadien sont nombreux à se délier les jambes au Complexe Bell de Brossard ces jours-ci, et ce, même si le « vrai » camp d’entraînement ne s’amorcera qu’au milieu de la semaine prochaine. Opéré à un genou le 22 juillet dernier pour réparer un ménisque déchiré, Carey Price devait se soumettre à une convalescence de 10 à 12 semaines, selon l’estimation évoquée par l’équipe, ce qui aurait signifié pour lui un retour à l’action entre le 1er et le 15 octobre – donc probablement à temps pour l’ouverture de la saison le 13. Surprise : jeudi matin, Price a patiné avec un équipement complet en compagnie de Matthew Romano, thérapeute sportif adjoint et physiothérapeute adjoint chez le Canadien. Il n’a pas reçu de tirs, mais a effectué de nombreux mouvements mettant à l’épreuve sa mobilité et sa flexibilité. L’équipe n’a pas fourni de mise à jour officielle à son sujet. Le gardien avait toutefois confié au site NHL.com qu’il avait déjà amorcé le travail en gymnase.