Marc-André Fleury portera désormais le rouge des Blackhawks de Chicago. C’est la première fois de sa – grande – carrière que le cerbère québécois est échangé. Et il devrait se rappeler longtemps cette expérience.

Katherine Harvey-Pinard
Katherine Harvey-Pinard La Presse

Fleury a rencontré les médias dans le cadre d’une conférence de presse organisée par les Blackhawks, mercredi. Sans trop entrer dans les détails, il est tout de même revenu sur les derniers jours, mouvementés.

Le 27 juillet, le plus récent gagnant du trophée Vézina a reçu un appel de son agent : selon ce qui circulait sur Twitter, il était échangé aux Blackhawks de Chicago. Étrange, puisque le gardien lui-même n’en avait pas été avisé.

Je n’ai pas de réseaux sociaux, alors je ne suis pas là-dessus en train de surveiller tout ce qui se passe en tout temps. Mon agent le sait, c’est pourquoi il m’a appelé.

Marc-André Fleury

Le vétéran de 36 ans a été la première vedette de l’histoire des Golden Knights, qui sont arrivés dans le circuit Bettman en 2017. Son échange en a surpris plus d’un, d’autant plus que Vegas n’a presque rien obtenu en retour, sinon un joueur de 23 ans des ligues mineures qui n’a aucun point en 14 matchs dans la Ligue américaine.

Le visage de Fleury voulait tout dire quand un journaliste lui a demandé s’il était amer envers l’organisation des Knights. D’un naturel discret, il a semblé réfléchir soigneusement à ses paroles.

« Je ne sais pas… On dirait… J’avais parlé avec eux [les dirigeants des Golden Knights] plus tôt en juillet. Ils m’avaient dit qu’ils avaient parlé avec quelques équipes, mais qu’ils ne savaient pas ce qu’ils feraient. Ils avaient parlé à mon agent après le repêchage et ils ont dit qu’ils n’avaient pas encore de plan. L’apprendre dans les médias, c’est différent un peu, mais… C’est la vie. Je ne vais pas pleurer pour ça. C’est correct. »

Le soir de l’annonce, Fleury a publié une déclaration dans laquelle il remerciait les partisans des Golden Knights et ses coéquipiers pour les quatre dernières années. Son agent, Allan Walsh, a indiqué dans une publication sur Twitter que le gardien allait prendre le temps de discuter de la situation avec sa famille. Une rumeur de retraite avait commencé à circuler.

Après quelques jours qu’on devine chargés en émotions, Fleury a finalement accepté, le 1er août, de se présenter à Chicago. En conférence de presse, mercredi, il a remercié le directeur général des Blackhawks, Stan Bowman, de lui avoir donné du temps pour réfléchir à ce qui était le mieux pour lui et sa famille.

« Je suis excité maintenant », a-t-il assuré.

« Je n’ai jamais rien eu contre Chicago, l’organisation, a-t-il ajouté. C’était juste à propos de moi, personnellement, et ce que je voulais faire. J’ai parlé à plusieurs gars et je n’ai entendu que de bonnes choses sur l’équipe. »

Visite à Chicago

Fleury s’est justement rendu dans la ville des vents au cours des derniers jours, question de visiter les installations et de rencontrer les dirigeants des Blackhawks. Ceux-ci ont d’ailleurs publié sur Twitter une vidéo de lui en train d’enfiler son nouvel uniforme.

Il en a aussi profité pour visiter quelques maisons et des écoles, a-t-il laissé savoir. Le natif de Sorel est père de deux filles et d’un garçon. De toute sa carrière de 16 ans dans la Ligue nationale de hockey, il n’a eu à déménager qu’une seule fois, en 2017. Après avoir remporté la Coupe Stanley à trois reprises avec les Penguins de Pittsburgh de 2005 à 2017, il a été réclamé au repêchage d’expansion des Golden Knights de Vegas.

« C’est un peu le choc [quand tu apprends la nouvelle], a-t-il relaté. Après, tu commences à penser à tout ce que tu vas faire, où tu t’en vas pour déménager ta famille et recommencer ta vie à nouveau ailleurs. Ça fait beaucoup à penser, un peu de stress. »

Actuellement, je suis dans une bonne position, je suis excité d’aller à Chicago et de commencer la prochaine saison.

Marc-André Fleury

« Je n’ai pas juste moi à penser, j’ai le bien-être de mes enfants aussi, qui sont un peu émotifs, a-t-il également laissé entendre. Déménager, recommencer, de nouvelles écoles… Je sais que ça les stresse quand même beaucoup. »

Kane, Johnson, Jones…

Fleury, un habitué des séries éliminatoires, affirme qu’il a encore en lui le désir de performer et de gagner. À quelques reprises, il a abordé les dernières acquisitions de Bowman. On n’a qu’à penser à Tyler Johnson et à Seth Jones.

Devant le filet, il devrait partager le travail avec le Finlandais de 26 ans Kevin Lankinen, qu’il a qualifié de gardien « très talentueux ».

Il évoluera d’ailleurs également dans la même formation que Patrick Kane, qui lui a souvent donné du fil à retordre au fil des années.

« J’ai hâte. Kane est l’un des gars qui m’a donné le plus de trouble en tirs de barrage dans ma carrière. J’ai hâte de m’entraîner avec lui tous les jours », a-t-il soutenu.

Malgré tout ce qui est arrivé dans les derniers jours, Fleury n’a pas manqué de souligner que ses coéquipiers à Vegas et l’atmosphère dans l’aréna lui manqueraient.

« Ce n’est jamais facile parce que tu vois ces gars chaque jour, tu deviens proche, tu deviens ami. Et ensuite, tu ne les vois qu’une ou deux fois par année. C’est le côté du hockey qui n’est pas aussi le fun », a-t-il dit.