La mairesse de Tampa, Jane Castor, avait affirmé en conférence de presse le week-end dernier qu’elle n’était pas contre l’idée de voir le Lightning concéder la victoire au Canadien de Montréal lundi afin de pouvoir gagner le championnat de la LNH à l’Amalie Arena. Son vœu a été exaucé.

Alexandre Geoffrion-McInnis La Presse Canadienne

L’attaquant Josh Anderson a enfilé l’aiguille en plongeant à 3:57 de la prolongation pour procurer une victoire de 3-2 au Canadien lors de la quatrième rencontre au Centre Bell, provoquant du même coup la tenue d’un match supplémentaire en Floride.

Si jamais le Lightning parvient à vaincre le Tricolore sur sa patinoire mercredi, il deviendra la première équipe de la LNH depuis 2015 à accomplir l’exploit.

L’entraîneur-chef du Lightning Jon Cooper y avait assisté à l’époque. L’ennui, c’était qu’il s’était retrouvé du mauvais côté des festivités, à la suite de la victoire en six parties des Blackhawks de Chicago contre le Lightning.

« Ce souvenir est très frais dans ma mémoire. J’étais assis sur le banc, et il y a ce moment atroce où tu dois endurer de voir l’équipe adverse célébrer. Il y a ensuite la traditionnelle poignée de main entre les deux équipes, qui est menée par le capitaine de l’équipe championne… À ce moment-là, nous avions quitté et Jonathan Toews avait fait du bon boulot. Mais je me souviens m’être assis à côté d’Anton Stralman, et je ne pouvais pas regarder — je préférais regarder ailleurs — jusqu’à la poignée de main. J’avais ensuite serré la main à "Q" (Joel Quenneville) et discuté avec Scotty Bowman. Puis, j’avais quitté », a raconté Cooper en visioconférence mardi.

C’est là qu’est née la philosophie si chère au Lightning « de détester perdre, plus que d’aimer gagner ». Et c’est grâce à celle-ci que le club floridien compte rapidement tourner la page sur la défaite de lundi soir pour se concentrer sur le match no 5 contre le Canadien.

« On doit préserver cette mentalité compétitive. On déteste perdre, et parfois on déteste perdre plus qu’on aime gagner. C’est sans doute notre identité. Nous sommes tous des compétiteurs — ça part des entraîneurs, et ça va jusqu’à nous, qui devons sauter sur la patinoire et exécuter le plan de match. Il faudra qu’on ait cette attitude dès le départ (demain), et bâtir là-dessus », a expliqué le défenseur du Lightning Ryan McDonagh.

« C’est du passé (la défaite de 3-2 lors du match no 4). Il faut tourner la page et regarder vers l’avant », a renchéri l’attaquant Anthony Cirelli.

Évidemment, tout le monde dans le camp du Lightning aurait préféré en finir dès lundi, mais l’occasion sera belle de célébrer en grand en cas de victoire mercredi.

« Je suis d’accord avec "Mac" à ce sujet. C’est ce que nous avons tenté d’instaurer, avec le noyau de joueurs qui est ici, avec toutes les déceptions que nous avons vécues par le passé, la conquête de la Coupe Stanley de l’an dernier et tous les hauts et les bas que nous avons vécus entre ça. Mais c’est légitime ; c’est le meilleur groupe de joueurs que j’ai jamais dirigé, tous les niveaux confondus. Ce n’est pas étonnant ce qu’ils ont accompli l’an dernier », a évoqué Cooper.

N’allez toutefois pas croire que le Lightning prend le Bleu-blanc-rouge à la légère, même en avance 3-1 dans la série finale.

« Ces gars-là sont des professionnels. Ils sont conscients que c’est une série au meilleur de sept parties, et non de quatre. Nous avons parlé de la possibilité de le balayer (le Canadien). Mais c’est difficile à accomplir — en fait, c’est difficile simplement d’éliminer une équipe, encore plus en quatre —, et c’est encore plus rare de balayer une équipe en série finale. Ce sont deux bonnes équipes de hockey qui s’affrontent, et la série se réglera plus souvent qu’autrement en plus de quatre parties. Les gars en sont conscients. Alors ils seront prêts (pour demain) », a évoqué Cooper.

Et qui sait, peut-être seront-ils récompensés avec la conquête d’une deuxième Coupe Stanley d’affilée, mercredi soir ?

Enfin, Cooper a cité une réplique du film La cloche et l’idiot pour répondre à une question au sujet du possible retour au jeu de l’attaquant Alex Killorn lors du match no 5 : « il y a une chance ».

« Ça va dépendre de comment se sent "Killer". Nous verrons cela demain », a-t-il conclu.