À moins d’un revirement de situation, le Canadien devrait se tenir bien tranquille à l’approche de la date limite des transactions dans la LNH.

Richard Labbé Richard Labbé
La Presse

Les clubs de la Ligue ont encore jusqu’au 12 avril pour conclure des transactions, mais il ne faut pas s’attendre à ce que Marc Bergevin fasse surchauffer son téléphone d’ici cette date.

« Nous n’allons pas avoir beaucoup de marge de manœuvre à cause de la masse salariale, alors ça va être difficile, a expliqué le directeur général du Canadien lors d’un appel vidéo mardi après-midi de Winnipeg. Pour faire entrer un nouveau salaire, il faut en faire sortir un autre. »

La question se pose, puisque le défenseur Ben Chiarot a été blessé à la main droite à la suite d'une bagarre avec l’attaquant des Canucks J.T. Miller, la semaine dernière à Vancouver. Bergevin a dit garder espoir que le joueur de 29 ans soit en mesure de revenir au jeu d’ici six semaines, soit avant la fin de la saison, au mois de mai.

En ce qui concerne cette bagarre, Bergevin n’a pas voulu critiquer la décision de son joueur, qui s’est soldée par une intervention chirurgicale lundi.

Quand il y a un joueur qui te lance un défi comme ça, tu veux répondre… Ben est un joueur fier, et je ne peux pas être contre ça.

Marc Bergevin

En ce moment, selon le site spécialisé CapFriendly, le Canadien se retrouve à la limite du plafond salarial, avec un total de quelque 82 millions de dollars sur sa masse.

Cela explique que le club doive à l’occasion prendre des décisions administratives, comme mardi midi, quand le nom de Paul Byron a été placé au ballottage pour la deuxième fois cette saison, afin de lui permettre de se joindre à l’équipe de réserve.

« Avec la masse salariale, le problème, c’est qu’il n’y a pas de flexibilité, a ajouté Bergevin. Ça va être difficile de faire des transactions, [d’autant] que les échanges avec des formations américaines vont nécessiter une quarantaine. […] Alors on va devoir évaluer les options à l’interne. [Ben Chiarot], on ne peut pas le remplacer. Il va revenir avant les séries, donc on doit prévoir son salaire dans notre masse salariale. »

Le directeur général a par ailleurs profité de ce moment pour faire le bilan de son club à la mi-saison.

Avec encore 28 matchs à disputer, le Canadien fait partie du portrait des séries pour le moment, et le club tente de garder le cap après avoir procédé aux changements que l’on sait derrière le banc.

Bergevin s’est fait demander si ce n’était pas lui qui allait payer la prochaine fois, surtout dans le cas où l’équipe ne se qualifiait pas pour les éliminatoires au mois de mai.

« Je n’ai jamais eu peur et je n’ai pas peur d’un congédiement », s’est-il contenté de répondre, tout en vantant au passage le retour du bon vieux Carey Price, celui qui peut gagner des matchs à lui seul, selon lui.

« Dans son cas, c’est un peu de tout… les changements qui ont été apportés, mais aussi une nouvelle voix pour lui, une nouvelle approche… Et Carey en a profité pour prendre un pas de recul. Ses attentes envers lui-même sont élevées. Il a à cœur le sort du club. »

Marc Bergevin en quelques citations

Sur Jonathan Drouin (devenu plus créateur de jeu que marqueur)

« Il a toujours été un joueur avec une vision supérieure à la moyenne. Jo est capable de marquer des buts, ce n’est peut-être pas dans son ADN, mais Dominique [Ducharme] travaille avec lui parce qu’il a le talent pour marquer. Je n’enlève rien à ses beaux jeux, et à ses belles passes, mais il a un autre niveau. Dominique et Jo travaillent ensemble et, éventuellement, on va le voir marquer plus. »

Sur les défaites après 60 minutes qui s’accumulent (0-7)

« Souvent, tu dis qu’au moins, on a un point. Ce que je n’ai pas aimé du début, et je vois des changements en prolongation, je voyais une équipe qui disait : on prend une chance, on va y aller. Là, je vois une équipe plus patiente, qui garde possession de la rondelle, on va y aller quand on a une chance. On prenait trop de risques inutiles. On a de la place pour s’améliorer, mais je vois des changements avec Dominique. Oui, ça m’inquiétait beaucoup. L’approche est différente maintenant, à trois contre trois. »

Sur le joueur qu’est devenu Jeff Petry

« La journée de la transaction, on était à San Jose. On a donné un choix de 2e et de 5e tours. À l’époque, je n’avais aucune idée qu’on réussirait à le garder, mais mes dépisteurs l’aimaient beaucoup. Le reste fait partie de l’histoire. Il s’améliore chaque année, on voit la façon qu’il patine et se comporte, et c’est un joueur d’élite dans la LNH. Des fois, t’en gagnes, des fois, t’en perds, mais on est fiers de cette transaction. »

Sur le repêchage qui se tiendra en juillet

« J’ai confiance en Trevor [Timmins]. Notre enjeu sera le même que pour les 30 autres équipes. Dans un monde idéal, ç’aurait été repoussé. »

Sur Dominique Ducharme après 10 matchs

« Les preuves sont là. Il y a de petits changements qui ont beaucoup aidé notre formation. Dans l’ensemble, je suis satisfait. Ça n’enlève rien à Claude [Julien] et à Kirk [Muller]. C’est une autre voix, un autre message. Dans l’ensemble, je suis satisfait. »