Les motivations de Jim Rutherford, dont la démission à titre de DG des Penguins de Pittsburgh a provoqué une onde de choc dans le monde du hockey, ne sont toujours pas claires.

Mathias Brunet Mathias Brunet
La Presse

Rutherford ne quitte pas les Penguins pour des raisons de santé et il n’exclut pas, à 71 ans, de travailler pour une autre organisation à compter de la prochaine saison.

Son départ a pris l’organisation par surprise, du propriétaire Mario Lemieux au capitaine Sidney Crosby, en passant par l’entraîneur Mike Sullivan.

On spécule beaucoup depuis quelques jours. A-t-on forcé Rutherford à congédier le DG du club-école, Jason Karmanos, qu’il considérait comme son propre fils ? La décision de mettre à pied les trois adjoints de Sullivan, Mark Recchi, Sergei Gonchar et Jacques Martin, à la suite de l’élimination aux mains du Canadien, était-elle vraiment la sienne ?

Une chose est sûre : son départ fait rejaillir la notion de reconstruire cette équipe.

Depuis leur deuxième conquête consécutive de la Coupe Stanley en 2017, les Penguins ont remporté une seule ronde, il y a bientôt trois ans.

Sidney Crosby aura 34 ans cet été. Evgeni Malkin en aura 35. Kristopher Letang aura lui aussi 34 ans ce printemps.

PHOTO ERIC HARTLINE, USA TODAY SPORTS

Evgeni Malkin et Sidney Crosby

La relève est mince. Samuel Poulin constitue leur meilleur espoir. Il avait le talent pour jouer au sein de l’équipe canadienne junior au Championnat mondial, mais l’abondance de joueurs de qualité lui a coûté un poste. Il a six points en cinq matchs depuis le début de la saison à Sherbrooke et vient d’être échangé à Val d’Or. Le défenseur Pierre-Olivier Joseph et l’ailier Nathan Légaré suivent dans l’ordre sur une majorité de listes. Joseph, le frère de Mathieu, a atteint la LNH cette saison. Légaré, 20 ans en janvier, dispute sa dernière saison dans les rangs juniors.

Depuis 2013, les Penguins ont repêché en première ronde deux fois sur huit. Parmi eux, Kasperi Kapanen a été échangé aux Maple Leafs… puis rapatrié cet automne moyennant un autre choix de première ronde.

Ils n’ont pas de choix de première ronde en 2021 non plus. Rutherford l’a cédé au Wild du Minnesota pour obtenir Jason Zucker. Ils n’ont pas de choix de troisième et quatrième ronde. Le choix de troisième ronde a été donné aux Sharks l’an dernier pour obtenir Patrick Marleau.

Les choix de deuxième ronde des dernières années, Filip Gustavsson, Calen Addison et Filip Hallander ont tous été échangés. Zachary Lauzon a pris sa retraite en raison de multiples commotions cérébrales. En bref, le réservoir d’espoirs est presque à sec.

Le DG par intérim des Penguins, Patrik Allvin, recruteur en Europe pour le Canadien entre 2002 et 2006, avant d’obtenir une promotion avec les Penguins, a réitéré sa confiance cette semaine envers les trois piliers de l’équipe, Crosby, Malkin et Letang. « Ils constituent notre fondation. Nous avons ajouté de plus jeunes joueurs autour d’eux cet été. Je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas viser la Coupe à nouveau prochainement. »

Les Penguins connaissent un début de saison correct, avec une fiche de 4-3-1. Ils se classent quatrième dans leur division, avec un point d’avance sur les Sabres de Buffalo, premier club exclu des séries dans cette section, et deux points devant les Devils du New Jersey, qui ont néanmoins un match de plus à disputer. Ils ont remporté trois de leurs quatre matchs en surtemps, l’autre par la marque d’un but, contre les Rangers de New York.

Les Penguins viennent au 19e rang pour les buts marqués en moyenne par match, au 29e rang pour les buts accordés en moyenne. Leur défense croule sous les blessures. Marcus Pettersson, Brian Dumoulin, Mike Matheson, Juuso Riikola et Zach Trotman sont tous blessés, d’où les promotions de Pierre-Olivier Joseph et Kevin Czuczman.

Crosby a sept points en huit matchs, mais Malkin ne connait pas le départ espéré avec trois points. Zucker, qui a coûté cher, a un but et trois points en huit matchs.

Rutherford a-t-il quitté à temps un navire sur le point de sombrer ?

À lire

1- Le Canadien a encore dominé son adversaire jeudi soir. Cette fois, les Flames de Calgary ont été les victimes. Les Flames ont réduit l’écart à deux buts en toute fin de match dans une cause perdue. L’analyse de Guillaume Lefrançois.

2- La Coupe Rogers de tennis ne serait pas menacée cet été. Mais les défis du directeur du tournoi, Eugène Lapierre restent nombreux. Frédérick Duchesneau lui a parlé.

3- Il y aura un Québécois au Super Bowl, Anthony Auclair, des Buccaneers de Tampa Bay. Miguel Bujold lui a demandé de nous raconter sa vie au quotidien avec Tom Brady, Gronk et les autres !