(EDMONTON) Connor McDavid. Leon Draisaitl. Ryan Nugent-Hopkins. Tyson Barrie.

Guillaume Lefrançois Guillaume Lefrançois
La Presse

Les deux premiers sont des phénomènes de foire. Nugent-Hopkins n’a peut-être pas la carrière attendue d’un premier choix, mais bien des équipes le prendraient volontiers au sein de leur premier trio. Et Barrie est un des bons défenseurs offensifs de la LNH.

Ces quatre surdoués se trouvent donc au sein de la première vague de l’avantage numérique des Oilers d’Edmonton, ce qui n’est pas trop vilain. Le cinquième membre ? Un joueur à la production plus modeste, mais aux attributs différents des quatre autres : Alex Chiasson.

C’est de cette façon que l’entraîneur-chef Dave Tippett a déployé sa première unité d’avantage numérique samedi soir, et à moins d’un changement, ce sera encore le cas ce lundi, dans le deuxième match en trois jours entre le Canadien et les Oilers.

« C’est ma troisième année dans cette unité. Je dois lire le jeu et réagir, a résumé Chiasson, en visioconférence samedi matin [les Oilers avaient congé d’entraînement dimanche].

« On a le Big 3 [McDavid, Draisaitl, Nugent-Hopkins] qui fait des jeux. Moi, je retire une fierté à être dur autour du filet, à récupérer des rondelles aux mises en jeu ou après des tirs de la ligne bleue, pour donner une deuxième ou une troisième occasion de générer une attaque. »

À 6 pi 4 po, Chiasson est le plus grand joueur de l’unité. Le Québécois pèse 208 lb, une charpente qui lui permet donc de jouer son rôle.

« Il est vraiment fort devant le filet, il lit bien les autres, il sait quand aller au filet et quand s’enlever. Et il saute sur les rondelles libres », a résumé Tippett.

Enfin, de la profondeur ?

Voilà des années que l’on déplore le manque de profondeur des Oilers, derrière le « Big 3 » auquel Chiasson fait allusion.

Cette carence vient essentiellement de la difficulté de l’équipe à dénicher de bons attaquants au repêchage, au-delà des nombreux choix du top 3 qu’elle a eus au fil des ans. Le fiasco de Nail Yakupov (1er, 2012) et les difficultés de Jesse Puljujärvi (4e, 2016) ont fait mal.

On sent toutefois la situation changer graduellement.

— L’éclosion de Kailer Yamamoto la saison dernière laisse croire que l’équipe a trouvé un ailier capable de jouer dans les deux premiers trios ;

— Puljujärvi est de retour après être rentré chez lui en Finlande pour une saison. Il a été dominant là-bas et est revenu plus à l'aise en anglais. Le pari est intéressant ;

— Dominik Kahun a fait la pluie et le beau temps avec Draisaitl avec l’Allemagne au Championnat du monde junior, c’est pourquoi Ken Holland lui a donné une chance ;

— James Neal n’a pas encore joué cette saison, mais il a inscrit 19 buts en 55 matchs la saison dernière. Son contrat demeure lourd, mais il est plus productif que Milan Lucic, le joueur contre qui il a été échangé.

« On a beaucoup plus de profondeur, estime Chiasson. C’est important d’en avoir cette saison, avec les blessures, le nombre de matchs, tout ce qui se passe autour. Nos gros joueurs vont toujours rester nos gros joueurs, ils ont un impact tous les soirs. »

Plus on avance dans la saison, plus la profondeur peut nous aider.

Alex Chiasson

Mais cette profondeur vient avec un rôle réduit pour Chiasson. À sa première année, en 2018-2019, il jouait 17 minutes par match, surtout avec Draisaitl, et en a profité pour connaître sa première saison de 20 buts dans la LNH. Mais l’équipe a raté les séries éliminatoires par 11 points.

L’an passé, son temps de jeu moyen est passé à 13 minutes, mais les Oilers étaient en voie de participer aux séries quand la pandémie a éclaté. Après trois matchs cette année, son temps d’utilisation (12 min 37 s) ressemble à celui de l’an dernier.

Alors, comment voit-il l’équilibre entre ses responsabilités et la profondeur de son équipe ?

« C’est à deux tranchants. Personnellement, tu veux toujours avoir plus de minutes, plus d’occasions. Mais d’un autre côté, si mon temps de jeu baisse un peu, mais que j’ai toujours un impact sur les performances de l’équipe et que ça nous donne la chance de gagner en séries…

« Pour l’avoir vécu une fois [il a gagné la Coupe Stanley à Washington en 2018], c’est un feeling qui est spécial. C’est sûr que le succès de l’équipe passe avant tout. »

En bref : le CH au travail

Le Tricolore a tenu un entraînement d’environ 45 minutes, dimanche matin, à la Place Rogers. Au menu : jeu de transition et unités spéciales. On a notamment tenu des exercices d’avantage numérique à cinq contre trois et à quatre contre trois, des situations que le CH n’a pas encore vécues à ses deux premiers matchs. Les trios d’attaquants et les duos de défenseurs sont demeurés les mêmes, avec Victor Mete, Cale Fleury, Michael Frolik, Ryan Poehling et Corey Perry comme surnuméraires. Alexander Romanov a été cédé à l’équipe de réserve, mais comme ce fut le cas avec Jake Evans il y a quelques jours, ce n’est qu’une manœuvre administrative pour économiser des journées de salaire. Romanov devrait être à son poste lundi. Les Oilers, eux, ont eu droit à un congé d’entraînement. Le match de samedi était leur troisième en quatre soirs.