Connaissez-vous Beau McCue ? Si vous répondez par la négative, rassurez-vous : vous n’êtes pas seuls.

Guillaume Lefrançois Guillaume Lefrançois
La Presse

En fait, bien peu de gens au Québec le connaissaient avant que Carey Price le nomme, lundi, lors de sa rencontre virtuelle avec les médias. Price était interrogé sur sa préparation sur glace en vue du présent camp d’entraînement.

« J’ai eu accès aux installations des Americans de Tri-City. Je remercie Bob Tory [le directeur général]. Ça m’a permis d’avoir accès à une patinoire. Et il y avait l’ancien capitaine des Americans, Beau McCue, qui me faisait des tirs, donc j’avais un excellent partenaire d’entraînement. Je le remercie pour ça. »

Quelques courriels plus tard, on finit par parler à ce Beau McCue. « Avoir la chance d’oublier la mystique qui l’entoure et simplement profiter de mon temps avec un gardien de grand talent, c’était une super expérience ! », explique-t-il à La Presse, en entrevue téléphonique.

Mutualisme

Beau McCue a 26 ans. Il n’a fait ses débuts professionnels que la saison dernière, dans l’ECHL, après trois ans à l’Université de l’Île-du-Prince-Édouard. Il est arrivé à Kennewick — l’une des trois villes de la région de Tri-City — en 2012, cinq ans après le départ de Price. Pourquoi donc est-ce lui qui s’est retrouvé, seul à seul, à tirer sur un des meilleurs gardiens de la LNH ?

« Je crois que je l’ai d’abord rencontré en 2012, raconte-t-il. C’était ma première année à Tri-City, il était venu dans le coin, je l’avais rencontré très brièvement. Ensuite, il est revenu quelques fois. En 2014, ma famille est déménagée à Tri-City, donc j’étais ici à l’année. Quand Carey avait besoin d’un tireur, Bob Tory me textait. »

Sauf que cette fois-ci, c’était différent. « J’ai patiné avec lui de temps en temps au fil des ans, mais jamais autant que cet automne. Et c’était seulement nous deux. D’habitude, il avait ses entraîneurs avec lui, et d’autres tireurs, mais pas cette fois-ci. »

Donc oui, sauf peut-être une fois, il n’y avait que Beau McCue et Carey Price, sur cette patinoire de Kennewick, pour, croit-il, neuf séances sur la patinoire. Pas l’environnement habituel pour des entraînements.

Qu’est-ce que Price lui demandait comme exercices ? « Plein de choses. Des échauffements, des déplacements latéraux », répond-il. Mais Price a aussi la réputation d’être, comme bien des athlètes de pointe, un maniaque des détails. Alors, ça se manifeste comment, au quotidien ?

« Toutes les petites variations qu’il pouvait faire pour le même exercice. On pouvait faire le même exercice 10 fois, mais il apportait de petites nuances chaque fois, qui changeaient complètement le positionnement de son corps. Il le faisait parce qu’il sait qu’il va voir plein de situations dans les matchs et doit être prêt à tout. »

Cela dit, n’allez pas croire que McCue était simplement là comme faire-valoir pour Price. En tant que joueur professionnel qui souhaite gagner sa vie au hockey, il y a lui aussi trouvé son compte.

S’il y avait des exercices que je voulais faire, il était très ouvert. Mes exercices lui permettaient de recevoir plus de tirs. Et il me donnait des conseils qui me permettaient de travailler sur mes habiletés.

Beau McCue

Quel genre de conseil ?

« Surtout sur mon tir, quand je dégaine, la façon de changer mon angle de tir pour confondre les gardiens. Il m’expliquait comment les bons tireurs essaient de cacher quand ils dégainent. Sinon, il m’expliquait comment choisir un côté et tirer dans la partie dure à atteindre pour le gardien. Je sens que ça m’a permis d’améliorer quelques trucs, même si ça va prendre du temps.

« Dès que tu peux prendre des conseils d’un gars comme lui, c’est utile. Carey a affronté des dizaines de milliers de tirs des meilleurs tireurs au monde. Il peut cerner les tendances des meilleurs marqueurs. Quand quelqu’un comme lui t’en parle, tu dois écouter. »

Amants de la nature

McCue assure aussi qu’il s’est bien entendu avec Price, et on n’a aucun mal à le croire. Au bout du fil, il nous semble plutôt réservé et discret, comme l’est le numéro 31. Sur son compte Twitter, il se décrit comme « un gars du Montana, de cœur ». On lui a demandé de nous envoyer des photos, mais il nous a prévenu qu'il n'en avait pas de lui et de Carey Price.

COURTOISIE BEAU MCCUE

Beau McCue, avec les Panthers de l’Université de l’Île-du-Prince-Édouard

« J’ai senti que ça a cliqué sur quelques trucs. On a un lien par Tri-City. Sa femme vient d’ici, ma fiancée aussi. On est deux gars de plein air, on a parlé d’histoires de chasse et de pêche.

« J’aimerais le considérer comme un ami. Je ne dirais peut-être pas un ami proche. Mais c’est un bon gars, une bonne personne, et j’ai vraiment aimé passer du temps avec lui. Je vais me souvenir de ces fois-là. Et s’il a besoin d’un tireur à l’avenir, il n’a qu’à me texter ! »