Un nouvel espoir s’amène donc dans l’entourage du Canadien. Cette fois, il s’agit de l’ailier droit Jesse Ylonen, un choix de deuxième ronde en 2018, invité à terminer la saison avec le Rocket de Laval à compter du week-end suivant.

Mathias Brunet Mathias Brunet
La Presse

Ylonen, 20 ans, 6 pieds 1 pouce et 172 livres, est passé sous le radar depuis deux ans. Il a pourtant été repêché trois rangs avant Alexander Romanov. Il se démarque par sa vitesse et ses instincts offensifs.

Son talent pourra aider le Rocket dans le dernier droit et il fera un bon compagnon à son compatriote finlandais Jesperi Kotkaniemi.

Ylonen a connu un bon Championnat mondial junior avec la Finlande : six points, dont trois buts, en sept matchs. Son rendement offensif a périclité dans la Ligue d’élite de Finlande (Liiga) cet hiver. Après avoir obtenu 27 points, dont 13 buts, en 53 matchs avec les Lahden Pelicans, il a amassé 22 points, dont 12 buts, dans le même total de matchs.

Cette baisse s’explique aussi en grande partie par une chute de productivité collective chez les Pelicans. L’équipe a marqué 195 buts l’an dernier, elle en compte seulement 110 cette année, une baisse dramatique.

Ylonen a donc terminé au deuxième rang des buteurs de son club cette année à 20 ans, après avoir terminé au septième rang l’an dernier. Le garçon a donc compté 11% des buts de son équipe cette année, contre 6% la saison précédente.

Il faudra faire preuve de prudence, et de patience, dans son cas. Chez le Canadien, on aime évidemment sa vitesse et ses habiletés naturelles, son éthique de travail. Il y a encore du boulot à faire pour atteindre sa maturité physique. Mais on souhaite le voir utiliser son tir plus souvent. Avec Kotkaniemi comme passeur à Laval, il pourra le faire davantage.

Ylonen est un choix de deuxième ronde. Pas un top 10. On ne parle donc pas ici du prochain Mitch Marner. Mais le CH l’aime beaucoup et le croit capable de connaître une carrière intéressante dans la Ligue nationale de hockey.

La direction de l’équipe serait ravie s’il pouvait connaître une progression semblable à celle d’un Kasperi Kapanen, un joueur complémentaire de deuxième ou troisième trio capable de marquer une vingtaine de buts et amasser une quarantaine de points par saison.

En bref, un attaquant aussi travaillant qu’un Lehkonen, mais un peu plus productif. Pour un choix au 35e rang, ça serait une victoire. Ylonen est en outre un droitier, une denrée prisée.

Mais avant de le voir dans un maillot du Canadien, il faut aussi revisiter le passé pour modérer nos attentes. Sebastian Collberg, un choix de deuxième ronde, 33e au total en 2012, avait un profil semblable. Repêché sensiblement au même endroit, ailier droitier, de solides performances au Championnat mondial junior.

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Sebastian Collberg

Il ne s’est jamais ajusté au hockey nord-américain. Marc Bergevin a pu l’échanger à temps, un peu moins de deux ans après l’avoir repêché, comme appât pour obtenir le joueur de location Thomas Vanek. Collberg a passé deux saisons dans la Ligue américaine avec le club-école des Islanders sans grand succès. Il joue en Autriche aujourd’hui.

Pour l’instant, rien ne dit que Ylonen pourra devenir un Kapanen, ni qu’il échouera comme un Collberg. Première étape, jeudi le 5 mars à Cleveland. Il lui restera alors 17 matchs pour faire ses preuves, et peut-être les séries éliminatoires si tout va bien.

À lire

Analyse juste de Richard Labbé sur le match de jeudi soir. Au lieu de s’en tenir à ce match sans conséquence pour un Canadien déjà éliminé, Richard compare la progression des Rangers et du CH dans leur plan de reconstruction/réinitialisation, et explique pourquoi New York est en avance à ce stade-ci du processus.