(Pittsburgh) Il y a tout de même plusieurs différences entre le Canadien et les Penguins de Pittsburgh, mais il y en a une qui s’avère assez frappante merci : chez le Canadien, tout s’écroule quand l’infirmerie déborde, tandis qu’à Pittsburgh, la vie continue.

Richard Labbé Richard Labbé
La Presse

On peut probablement affirmer, sans crainte d’exagérer, que le Canadien n’a pas été en mesure de se remettre des absences, brèves ou trop longues, de certains de ses joueurs. Les Jonathan Drouin, Brendan Gallagher, Paul Byron et Joel Armia, entre autres, ont tous eu à s’absenter cette saison, à un moment ou un autre. À chaque fois, la tuile qui tombait sur le reste du club avait l’air de peser environ 1000 livres. C’est même sans parler de Shea Weber, qui ne sera pas de retour de sitôt, et dont le départ a déjà des conséquences dramatiques.

Pendant ce temps, à Pittsburgh, c’est une tout autre affaire.

Les Penguins ont eu des blessés aux aussi. En fait, ils ont dû se débrouiller sans Sidney Crosby pendant 28 matchs, sans Nick Bjugstad pendant 45 matchs. Patric Hornqvist, Justin Schultz, Brian Dumoulin, Evgeni Malkin, Kristopher Letang, Bryan Rust et Jared McCann ont tous eux aussi eu à s’absenter en cours de route. On ajoute à cette liste le nom de Jake Guentzel, un attaquant de premier plan qui avait 43 points en 39 matchs avant de devoir être opéré à l’épaule en décembre, une absence évaluée à une durée de quatre à six mois au moment de l’opération.

Vous trouvez que ça fait beaucoup ? En effet, et en tout, les joueurs des Penguins ont dû rater 139 matchs lors de la première moitié du présent calendrier seulement. Malgré toutes ces malchances, les voici qui arrivent au deuxième rang de leur division.

Mais comment font-ils ?

« Pour chaque joueur qui a été perdu à cause d’une blessure, il y a un autre joueur qui a pris la place de façon admirable, a expliqué le défenseur Kristopher Letang à Pittsburgh jeudi midi. On le voyait à un moment donné, c’était un blessé après un autre après un autre, mais tout le monde a relevé le défi d’avoir plus de temps de jeu, de devoir aller aider sur l’avantage numérique, des choses comme ça. C’est bon de voir qu’on a autant de profondeur dans notre organisation.

« Même en début de saison quand Sid était là, on jouait de la bonne manière. On jouait du côté défensif du jeu, on n’accordait pas de surnombres, et quand tu peux éviter ça, ça fait en sorte que t’as de meilleures chances de succès. Tous les joueurs ont choisi d’embarquer à fond dans le système de jeu, alors nos succès ont continué malgré les blessures. C’est la culture qui a été établie ici ; peu importe qui est dans la formation, on sait qu’il faut tout donner. Ça se voit dans nos habitudes de vie, dans nos entraînements. C’est facile pour les plus jeunes qui arrivent de suivre le chemin. »

À ce sujet, il est par ailleurs toujours assez étonnant de constater à quel point les entraînements des Penguins se déroulent sous le signe de l’intensité. Comme s’il y avait encore un sentiment d’urgence qui anime cette équipe qui n’a pourtant rien à prouver.

« Mais tu vois, les vétérans ici, on n’a plus 25 ans, de répondre Letang. Sid a 32 ans, Geno (Malkin) a 33 ans… il nous en reste moins qu’il nous en restait ! Peu importe, on a toujours joué avec un sentiment d’urgence de toute façon. Ici, il n’y a aucun objectif autre que de gagner la Coupe Stanley. »

Et puis avec tout ça, Sidney Crosby fonctionne encore au rythme de ses jeunes jours. Depuis son retour au jeu le 14 janvier, il a récolté au moins un point à huit de ses 10 matchs.

« Quand, comme nous, on doit composer avec autant de blessures, ça prend l’apport de tout le monde, autant les vétérans que les plus jeunes, a-t-il expliqué jeudi. Tout le monde a trouvé une façon de contribuer, et on aurait dit qu’il y avait un héros différent à chaque soir. On s’est retrouvés dans cette situation avec les blessures mais ça nous a apporté aussi beaucoup de positif, je dirais. »

Zucker, le joueur qu’il fallait

PHOTO GENE J. PUSKAR, ASSOCIATED PRESS

Jason Zucker

Les Penguins ont-ils payé un peu cher en obtenant l’attaquant Jason Zucker, du Wild du Minnesota ? On pourrait le croire, puisqu’ils ont eu à donner en retour un espoir de premier plan en Calen Addison et un premier choix au repêchage de 2020 (et aussi Alex Galchenyuk). Mais ici à Pittsburgh, on pense avoir réussi un bon coup. « Nous avions besoin d’aide en attaque et c’est pourquoi nous avons acquis Jason, a expliqué l’entraîneur Mike Sullivan. Il va être un joueur important pour nous, et nous pensons qu’il va s’habituer ici et qu’il va jouer de mieux en mieux avec nous. »

Chara ne sera pas suspendu

Les joueurs du Canadien étaient en congé jeudi à Pittsburgh, mais on peut présumer qu’ils ont dû sursauter un peu en voyant que le coup de bâton de Zdeno Chara au visage de Brendan Gallagher ne va pas mener à une suspension. Ainsi en a décidé le Département de la sécurité des joueurs de la LNH, qui a plutôt choisi d’imposer une timide amende de 5000 $ au gros défenseur des Bruins pour son geste.