Il y a eu autant de rebondissements que dans un épisode de Jasmine, mais nous y voici : le moment où on saura avec certitude si on parviendra à présenter le Championnat du monde junior 2021.

Guillaume Lefrançois Guillaume Lefrançois
La Presse

Cinq jours de tests

C’est en effet ce vendredi matin que la Fédération internationale de hockey sur glace (IIHF) dévoilera les résultats des tests de COVID-19 que les joueurs et membres du personnel ont passés cette semaine. Les membres des 10 délégations sont en effet en quarantaine à Edmonton depuis dimanche. Ils ont subi un test par jour. Il s’agit d’une quarantaine stricte, au cours de laquelle personne n’est autorisé à sortir de sa chambre d’hôtel. Les repas sont livrés à chaque chambre. Comme pendant les séries de la LNH l’été dernier, les hôtels sont à l’usage exclusif des participants au tournoi et du personnel de soutien.

Des cas partout

S’il y a un certain suspense autour de l’annonce de vendredi, c’est que des cas de COVID-19 dans les dernières semaines ont changé les plans de plusieurs équipes. La semaine dernière, l’équipe canadienne a ainsi retranché cinq joueurs (Xavier Simoneau, Matthew Robertson, Daemon Hunt, Ridly Greig et Mason Millman), jugés inadmissibles à jouer, en raison du protocole de Hockey Canada pour la COVID-19. L’Autriche a perdu les services du défenseur Thimo Nickl, un de ses deux seuls joueurs repêchés dans la LNH. L’Allemagne est privée de quatre joueurs, dont Lukas Reichel, un choix de premier tour au dernier repêchage. La Suède a perdu quatre joueurs, de même que tout son personnel d’entraîneurs. La situation est telle que l’équipe a même embauché l’entraîneur responsable de la vidéo des Oilers d’Edmonton pour la durée du tournoi ! La Suisse sera privée de trois joueurs. De leur côté, les Américains ont retranché le 6 décembre trois joueurs qui évoluent à Boston University, et ont dû dire non à Thomas Bordeleau et John Beecher tout juste avant le départ pour Edmonton.

Un protocole serré

L’IIHF n’a visiblement pas l’intention de blaguer avec le protocole. Le gérant de l’équipe de Suède, Jonas Fransson, l’a appris à ses dépens ; à son arrivée à l’hôtel, il a réalisé qu’il avait oublié du matériel à l’aéroport. Il est donc reparti pour aller chercher ledit matériel, ce qui signifie qu’il est sorti de la bulle. Il a donc aussitôt été exclu du tournoi. Les joueurs et membres des délégations devaient aussi subir des tests avant le départ pour Edmonton. Idem pour les membres des médias. Notre confrère Patrick Friolet, de RDS, a donc passé trois tests de dépistage dans la semaine qui a précédé son départ pour la capitale albertaine.

Et s’il y a un cas positif ?

C’est la question qui tue : comment l’IIHF gérera-t-elle la situation si une personne présente un résultat positif pendant la quarantaine ? L’équipe en entier sera-t-elle exclue ? La Presse a demandé par courriel des éclaircissements au porte-parole de l’IIHF pour ce tournoi ; au moment de publier, il n’avait toujours pas répondu au courriel. La semaine dernière, le vice-président de Hockey Canada, Scott Salmond, a indiqué que le tournoi pourrait avoir lieu si au moins 8 des 10 équipes étaient en mesure de jouer. Il a ajouté que chaque formation devra compter sur un minimum de 18 joueurs.

Enfin des matchs

Si les résultats sont concluants et que le tournoi a lieu, les premiers matchs préparatoires auront lieu le 20 décembre (États-Unis contre Suisse, Finlande contre République tchèque). Le Canada doit affronter la Suède le 21 décembre et la Russie le 23. Pour bien des joueurs, ce sera l’occasion de briser la glace pour cette saison 2020-2021. Chez le Tricolore, par exemple, Kaiden Guhle, premier choix de l’équipe en octobre dernier, n’a toujours pas disputé un seul match depuis mars dernier. Pour l’heure, Guhle devrait avoir un poste parmi les six premiers défenseurs d’Équipe Canada. Les deux autres représentants du CH, Cole Caufield (États-Unis) et Jan Mysak (République tchèque), ont quant à eux disputé respectivement 10 et 11 matchs cette saison.