Que disait-on de Patrick Roy à ses grandes années ? Un bon gardien en saison, un monstre masqué presque imbattable en séries éliminatoires.

Mathias Brunet Mathias Brunet
La Presse

Il y avait évidemment son féroce appétit de victoire, l’un des plus grands de l’histoire de la Ligue nationale de hockey (LNH).

Mais aussi, surtout, il arrivait bien reposé au printemps, bien guidé par un entraîneur des gardiens avant-gardiste, François Allaire.

À ses six premières saisons à Montréal, Patrick Roy n’a jamais disputé plus de 54 matchs dans une saison. Des années marquées par une Coupe Stanley en 1986 et une finale en 1989.

En 10 ans avec le Canadien, Patrick Roy a disputé plus de 62 matchs seulement deux fois, mais jamais plus de 68 matchs.

Que dit-on maintenant de Carey Price ? Généralement brillant en saison, pas très performant jusqu’ici en séries éliminatoires, quand le CH y parvient.

Price était en voie de disputer 67 matchs, peut-être plus, cet hiver. Il en avait disputé 66 la saison précédente. Il a joué 72 matchs en 2010-2011, 65 l’année suivante, 66 en 2012-2013 (au prorata d’une saison complète) et 66 deux ans plus tard. S’il avait été en santé en 2017-2018, on aurait peut-être inscrit 72 matchs à sa fiche.

Bouffée d'air frais

On comprend beaucoup mieux pourquoi l’entraîneur des gardiens de l’équipe, Stéphane Waite (sur toutes les tribunes sportives montréalaises mardi), et la direction du CH accueillent l’arrivée d’un auxiliaire de qualité comme Jake Allen comme une grande nouvelle.

On ne vise désormais plus 60 matchs par saison pour Carey Price comme le souhaitait Stéphane Waite en 2016, mais 50, écrivait le collègue Simon-Olivier Lorange mercredi matin.

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Prenons maintenant les gagnants des 15 dernières Coupes Stanley. Un seul, Jonathan Quick, il y a neuf ans, a disputé plus de 62 matchs. Mais il n’a pas atteint les 70. Treize des quinze ont joué moins de 60 matchs. Seulement la moitié ont disputé plus de 50 rencontres.

Andrei Vasilevskiy 52 (Tampa)
Jordan Binnington 32 (St. Louis)
Braden Holtby 54 (Washington)
Matt Murray 13 (Pittsburgh)
Matt Murray 49 (Pittsburgh)
Corey Crawford 57 (Chicago)
Jonathan Quick 49 (Los Angeles)
Corey Crawford 30 (Chicago)
Jonathan Quick 69 (Los Angeles)
Tim Thomas 57 (Boston)
Antti Niemi 39 (Chicago)
Marc-André Fleury 62 (Pittsburgh)
Chris Osgood 43 (Detroit)
Jean-Sébastien Giguère 56 (Anaheim)
Cam Ward 28 (Caroline)

L’arrivée de Jake Allen et la signature d’une prolongation de contrat de deux ans permettront au jeune Cayden Primeau, 21 ans, de se développer à son rythme dans la Ligue américaine, si évidemment Allen n’est pas réclamé par Seattle lors du repêchage de l’élargissement des cadres. Là encore, on respecte la logique.

L’ancien élève de Stéphane Waite à Chicago, Corey Crawford, a atteint la LNH à l’aube de ses 26 ans, après cinq hivers dans la Ligue américaine.

Pekka Rinne a passé trois saisons complètes dans la Ligue américaine avec le club-école des Predators de Nashville avant d’accéder à la Ligue nationale, à 26 ans.

Tuukka Rask a joué deux saisons complètes à Providence, dans la Ligue américaine, avant d’obtenir le poste d’auxiliaire à Tim Thomas. Il est devenu numéro un à Boston à 26 ans.

Henrik Lundqvist avait 23 ans à son arrivée dans la Ligue nationale. Il allait en avoir 24 en mars. Connor Hellebuyck a joué deux ans dans la Ligue américaine avant d’obtenir le poste de numéro un à Winnipeg, à 23 ans. Il a connu une première année difficile, avant de s’épanouir à 24 ans.

À Tampa, Andrei Vasilevskiy avait 23 ans lorsqu’on a finalement consenti à se départir de Ben Bishop. Il constitue l’une des exceptions, avec Marc-André Fleury et Carter Hart, à avoir très peu joué dans la Ligue américaine avant une promotion.

Les conditions gagnantes sont enfin réunies à Montréal. Reste maintenant à... gagner !