À la belle époque des Red Wings, les espoirs de l’organisation devaient suer avant de faire leur place à Detroit.

Mathias Brunet Mathias Brunet
La Presse

Henrik Zetterberg a obtenu sa première chance à l’aube de ses 23 ans. Johan Franzen avait 25 ans à sa première saison à Detroit et Pavel Datsyuk 23 ans. Le gardien Jimmy Howard a passé quatre saisons complètes dans la Ligue américaine avant de devenir le gardien numéro un de l’équipe pendant une décennie.

Martin Lapointe, premier choix des Wings, 10e au total en 1991, désormais l’un des hommes de hockey de Marc Bergevin, a été ballotté entre la Ligue américaine et la LNH avant de finalement faire sa place à 22 ans. Tomas Tatar a eu à faire ses preuves pendant quatre ans avec le club-école avant d’être promu.

Les Red Wings ont participé aux séries éliminatoires 25 années de suite et remporté la Coupe Stanley quatre fois entre 1996 et 2008 parce qu’ils repêchaient bien et que leurs meilleurs espoirs pouvaient se développer à leur rythme, sans pression.

Ceux du Canadien ont peut-être mal dormi ces derniers jours, avec les nombreuses mises sous contrat de Marc Bergevin. On peut les comprendre.

Mais pour une organisation, il serait difficile de trouver un meilleur contexte de développement. Les espoirs savent qu’ils devront bûcher afin d’obtenir un poste.

Ils n’auront pas tout cuit dans le bec, comme Ryan Poehling, par exemple, pouvait le croire après son match de trois buts en fin de saison il y a deux ans. Pas besoin non plus de précipiter des arrivées dans la LNH, comme on l’a fait avec Jesperi Kotkaniemi ou Victor Mete, parce qu’il n’y avait personne de meilleur à ces positions.

Après son année à Wisconsin et sa participation au Championnat mondial junior, l’ailier droit Cole Caufield devra vraisemblablement passer par Laval, où il sera aussi en lutte avec Jesse Ylonen. Au cours des prochains camps d’entraînement, ils devront prouver qu’ils sont supérieurs à Brendan Gallagher et Josh Anderson, sous contrat jusqu’en 2027, et Tyler Toffoli, dont l’entente se termine en 2024. Il faudra voir ce qu’il advient de Joel Armia, joueur autonome sans compensation à compter du 1er juillet 2021.

Les postes au centre sont pourvus pour longtemps. À moins d’une surprise de taille, Kotkaniemi et Nick Suzuki constitueront les centres offensifs de l’équipe pour la prochaine décennie. En toute logique, Phillip Danault devrait imiter Brendan Gallagher d’ici la fin de son contrat.

Jake Evans semble avoir une avance sur Ryan Poehling pour le poste de quatrième centre.

C’est un peu plus ouvert à gauche. Jonathan Drouin et Artturi Lehkonen seront à Montréal pour encore plusieurs années. Il ne sera peut-être pas possible de garder Tomas Tatar à compter de juillet 2021. Poehling sera sans doute transformé en ailier gauche éventuellement. Mais on pourra muter Toffoli ou Caufield à gauche pour ouvrir une place à droite. Mais il n’y aura pas de presse à promouvoir Luke Tuch, Jan Mysak, Rhett Pitlick ou Jacob Olofsson.

La défense est encore plus congestionnée. Alexander Romanov, 21 ans en janvier, est attendu avec fébrilité. Mais même un camp d’entraînement difficile ne constituerait pas une catastrophe. On lui réserve une place au sein de la troisième paire, mais le dernier poste au sein d’un duo avec Brett Kulak pourrait aussi très bien être occupé par Victor Mete, Xavier Ouellet, Cale Fleury ou Noah Juulsen.

Le premier quatuor constitué de Shea Weber, Jeff Petry, Ben Chiarot et Joel Edmundson est sous contrat pour quelques années au minimum. Le CH perdra peut-être Edmundson au repêchage de l’élargissement des cadres de la LNH.

Mais une deuxième vague de jeunes défenseurs luttera ces prochaines années pour les rares postes disponibles : Mattias Norlinder, Jordan Harris, le premier choix de 2020 Kaiden Guhle, Jayden Struble et Gianni Fairbrother.

Même situation devant le filet, à moins de perdre Jake Allen au repêchage d’expansion. Mais ça permettrait à Montréal de garder tous ses défenseurs.

Si Allen n’est pas choisi par Seattle l’été prochain, Cayden Primeau devra donc patienter jusqu’à 2023, à moins de blessures.

Il n’y a aucun mal cependant pour un gardien à accéder à la LNH à 24 ans. Carey Price a connu sa première grosse saison à 23 ans, après l’échange de Jaroslav Halak. Quelques années dans la Ligue américaine auraient sans doute contribué à un développement plus sain.

À Vancouver, Thatcher Demko pourrait enfin détenir le poste de numéro un, à la suite du départ de Jakob Markstrom. Il aura 25 ans en décembre. Mais on a quand même embauché Braden Holtby pour mieux l’épauler.

En bref, Marc Bergevin commence à avoir un gros jeu. Reste maintenant à gagner. Dès l’an prochain.

À LIRE

Guillaume Lefrançois nous donne des précisions sur le nouveau contrat de Jake Allen et la situation salariale du Canadien pour 2021-2022.