Max Domi a dû sursauter en apprenant la nouvelle de la signature du contrat de Josh Anderson.

Mathias Brunet Mathias Brunet
La Presse

Les Blue Jackets ont opté pour la prudence dans le cas de Domi. On lui a offert deux ans pour un salaire annuel de 5,3 millions. Après ce contrat, Domi aura droit à l’autonomie complète, à 27 ans.

Malgré son opération à l’épaule, le Canadien a fait de Josh Anderson membre de son noyau à long terme. Le nouvel attaquant de puissance du CH est sous contrat pour sept ans, à une moyenne annuelle supérieure à celle de Domi, 5,5 millions.

Les Blue Jackets prennent le risque de perdre Domi après seulement deux ans : s’il quitte pour d’autres cieux, ils l’auront payé cher. Jarmo Kekalainen a offert William Karlsson et un choix de première ronde aux Golden Knights de Vegas (en plus de se débarrasser du contrat de David Clarkson) pour s’assurer de ne pas perdre Anderson.

Avec ce choix de première ronde en 2017 (24e au total), Vegas a offert aux Jets de Winnipeg un choix de troisième ronde en 2019 (et la promesse de choisir un joueur de soutien au repêchage de l’élargissement des cadres) pour s’avancer d’une dizaine de rangs et repêcher le joueur qu’ils convoitaient au 13e rang : un certain Nick Suzuki.

Anderson et Suzuki, peut-être d’éventuels partenaires de trio avec Jonathan Drouin, sont donc liés par la bande.

Marc Bergevin court un autre type de risque. Celui d’avoir offert un contrat trop long à un attaquant dont le style de jeu robuste risque de l’hypothéquer un peu plus rapidement.

L’opération à l’épaule subie par Anderson ne semble pas inquiéter le Canadien. Tyler Seguin a subi une intervention chirurgicale semblable en avril 2017 avant de connaître sa première saison de 40 buts dans la LNH, nous rappelait Guillaume Lefrançois cette semaine.

Paul Byron est lui aussi passé sous le scalpel pour une blessure semblable en 2018. Il a marqué 15 buts en 56 matchs la saison suivante, en route vers une production de 28 buts sur un ratio de 82 matchs. Byron a malheureusement été contraint à l’inactivité en raison d’une blessure au bas du corps en novembre, puis d’une commotion cérébrale lors d’un combat contre Matt Benning en février.

En 2012, Taylor Hall réglait lui aussi son problème récurrent à l’épaule. Il traînait cette blessure depuis quatre ans. Sa réhabilitation a duré six mois. Il a amassé 50 points en 46 matchs à son retour, et 80 points l’année suivante. Cinq ans plus tard, il gagnait le trophée Hart avec une production de 93 points.

Marc Bergevin s’est basé sur la saison de 27 buts d’Anderson il y a un an pour établir sa valeur, et non sur son but marqué en 26 matchs alors qu’il peinait à tenir son bâton en raison de son épaule déchirée.

Tom Wilson, l’ailier droit du premier trio des Capitals de Washington, avec Evgeny Kuznetsov et Alex Ovechkin, a le même âge, un gabarit et un style de jeu semblables. Il vient de connaître des saisons de 22 et 21 buts en 63 et 68 matchs. En 2018, il a signé un contrat de six ans à un salaire annuel de 5,1 millions, mais il n’approchait pas de l’autonomie complète comme Anderson.

Il y a toujours un risque d’offrir un si long contrat à un joueur de 26 ans réputé pour sa robustesse. Josh Anderson aura 33 ans à la fin de cette entente.

Des attaquants de puissance comme lui, David Clarkson, Nathan Horton, Kyle Okposo, Ryan Clowe, ont tous « cassés » au début de la trentaine. Anderson a un avantage sur eux. Il possède plus de vitesse. Mais Clarkson, Horton et Clowe n’ont pas vu leur carrière ralentie, puis interrompue, par un manque de rapidité ; leur corps a rompu.

Le Canadien veut néanmoins gagner ces prochaines saisons et profiter des dernières bonnes années de Carey Price et Shea Weber. Montréal n’a pas pu compter dans sa formation de ce type de joueur depuis longtemps. Si l’épaule est guérie pour de bon, on ne s’ennuiera pas de Max Domi.

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J’ai commis un impair jeudi. Il manquait à ma liste un troisième francophone du Québec parmi les 50 premiers compteurs de la LNH en 2019-2020. Comme on n’est jamais mieux servi que par soi-même, David Perron s’est chargé de me le rappeler amicalement sur Twitter. Désolé David ! Bravo pour cette autre brillante saison !

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Vive la diversité de points de vue. Phillipe Cantin, lui, estime que le Canadien doit absolument repêcher davantage de Québécois. Et il en tient Geoff Molson responsable.