Daniel Carcillo a secoué le monde du hockey, jeudi. L’ancien joueur a en effet déposé une demande d’action collective contre les ligues canadiennes de hockey junior relativement à des actes dégradants auxquels de jeunes joueurs auraient été soumis.

Guillaume Lefrançois Guillaume Lefrançois
La Presse

La demande vise la Ligue canadienne de hockey (LCH), qui chapeaute les trois grandes ligues de hockey junior majeur du Canada : la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ), la Ligue junior de l’Ontario (OHL) et la Ligue junior de l’Ouest (WHL). Les 60 équipes qui composent les trois ligues sont également nommées individuellement.

Aucune des allégations n’a été prouvée en cour. La demande d’action collective a été déposée à Toronto, par deux anciens joueurs : Carcillo, un ancien de l’OHL qui a disputé 429 matchs dans la LNH jusqu’en 2015, et Garrett Taylor, qui a disputé deux saisons dans la WHL et n’a jamais atteint la LNH.

Sur Twitter, Carcillo a souligné avoir déposé la demande d’action collective « au nom des joueurs mineurs qui ont souffert d’intimidation, d’agressions sexuelles et physiques ainsi que de traumatismes psychologiques en jouant au hockey junior majeur. J’étais l’un de ces jeunes quand je jouais dans l’OHL. Je sais qu’il en existe bien d’autres comme moi. »

« Nous n’avons pas reçu de documents de cour. Donc, nous n’avons pas de commentaires à ce moment-ci », a dit la LHJMQ, par courriel. La LCH a quant à elle offert une réponse similaire à The Canadian Press.

Crachats et coups de bâton

Plusieurs faits troublants sont allégués dans le document de 46 pages, que La Presse a obtenu. Dans les douches du vestiaire d’une équipe, des joueurs recrues auraient été obligés de rester assis, nus, pendant que les autres joueurs crachaient et urinaient sur eux. Au moins une fois, Jeff Perry, entraîneur-chef du Sting de Sarnia lors du passage de Carcillo avec l’équipe, aurait été témoin d’un incident et aurait simplement ri.

Il est aussi allégué que des recrues recevaient des coups de bâton de hockey sur leurs fesses dénudées. Les sévices étaient tels qu’ils étaient incapables de s’asseoir en classe. Les dirigeants de l’équipe ont été alertés, mais n’ont pas réagi.

Autre accusation troublante : les joueurs de première année auraient été entassés à quatre dans un bac roulant normalement utilisé pour le transport des vêtements sales. Les joueurs plus âgés poussaient ensuite le bac à toute vitesse contre un mur, ce qui faisait perdre connaissance à certains joueurs.

Il est aussi rapporté que des insultes de nature sexiste, raciste et homophobe ont été proférées envers les recrues, et ce, quotidiennement. La dénonciation de ces actes, avance-t-on, a engendré des conséquences négatives pour ceux qui ont parlé, qu’il s’agisse d’une transaction ou d’un temps de jeu réduit pendant les matchs.

En novembre 2018, Carcillo avait publié certaines de ces allégations sur son compte Twitter officiel.

Cette histoire éclate quatre jours après qu’Eric Guest, ancien joueur des Rangers de Kitchener (OHL), eut publié une vidéo dans laquelle il accuse un ancien coéquipier de l’avoir forcé, quand il avait 16 ans, à consommer de la cocaïne.