(Toronto) La rumeur circulait depuis un certain temps déjà. C’est maintenant chose faite. La Ligue nationale de hockey féminin a annoncé qu’elle implantera une première concession au Canada, à Toronto, dès la saison 2020-21.

La Presse canadienne

« Nous sommes fières de lancer notre première équipe au Canada ; c’est un moment déterminant, a déclaré la commissaire et fondatrice de la LNHF Dani Rylan. Tout ceux qui sont impliqués dans l’univers du hockey à Toronto peuvent être certains que cette organisation de première classe contribuera grandement au développement du hockey féminin. »

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La fondatrice et commissaire de la Ligue nationale de hockey féminin Dani Rylan.

Cette annonce porte à six le nombre d’équipes en LNHF. Cette ligue a été créée en 2015, et elle était alors devenue la première à rémunérer ses joueuses en Amérique du Nord. Ses clubs sont implantés à Boston, Monmouth Junction, au New Jersey, Danbury, au Connecticut, Buffalo et St.Paul, au Minnesota.

La LNHF a également dévoilé par voie de communiqué mercredi matin le nom des cinq premières joueuses qui se joindront à l’organisation. Il s’agit de Kristen Barbara, Elaine Chuli, Shiann Darkangelo, Emma Greco et Taylor Woods.

Barbara, une défenseuse, a notamment remporté la Coupe Clarkson – remise à l’équipe championne de la défunte Ligue canadienne de hockey féminin (LCHF) – avec le Thunder de Markham en 2018. Chuli, une gardienne, Darkangelo et Woods, des attaquantes, et Greco, une défenseuse, ont toutes joué en LCHF auparavant. La LNHF a précisé qu’elles seront sous contrat pour la saison 2020-21.

La LNHF a mentionné que Johanna Neilson Boynton, qui a disputé quatre saisons avec l’équipe de hockey féminin de l’Université Harvard – dont deux à titre de capitaine –, sera la propriétaire de l’organisation torontoise.

Tyler Tumminia agira à titre de directrice des opérations, tandis que Digit Murphy, qui a passé plus de deux décennies à gérer divers clubs de la LCHF, sera la présidente des opérations hockey. Murphy aura notamment la tâche de recruter le directeur général et l’entraîneur-chef de l’équipe.

« Je suis très heureuse de faire partie de la première concession canadienne de la LNHF parce que ça va me permettre de renouer avec mes racines », a déclaré Murphy, qui est âgée de 58 ans, lors d’un entretien téléphonique avec l’Associated Press.

« Il y a un an, lorsque la LCHF a fermé ses portes, elle possédait l’un des plus beaux produits sur le marché, a-t-elle ajouté. Je considère donc ça (l’annonce de mercredi) comme une suite logique, et Toronto mérite sa concession de hockey féminin. »

Montréal un jour ?

Murphy a aussi souligné que d’autres équipes d’expansion de la LNHF pourraient voir le jour éventuellement au Canada, surtout à Montréal, mais elle a rappelé qu’elle est concentrée exclusivement sur le développement de la concession à Toronto.

Le nom de l’équipe, l’embauche du personnel de soutien et tous les autres détails relatifs à la nouvelle concession torontoise de la LNHF seront dévoilés au cours des prochaines semaines ou des prochains mois, a-t-on mentionné dans le communiqué.

Les amateurs de Toronto pourront également suggérer des noms, des couleurs et des logos pour la nouvelle équipe.

L’AJHPF s’interroge sur le moment de la décision

Jayna Hefford, la dirigeante de l’Association des joueuses de hockey professionnel féminin (AJHPF), a récemment déclaré qu’elle demeure déterminée à aider les femmes à naviguer vers la ligue qu’elles désirent, en dépit de la pandémie du nouveau coronavirus.

Après la fin des activités de la LCHF, il y a un peu plus d’un an, environ 200 joueuses ont formé une association.

Leur objectif est de mettre sur pied une ligue viable financièrement qui leur permette de jouer sur une base régulière, en plus de leur fournir une assurance maladie et d’autres formes de soutien.

Les joueuses, dont la liste inclut Marie-Philip Poulin, Kendall Coyne Schofield, Hilary Knight et Natalie Spooner, ont décidé de bouder la LNHF, qui est établie aux États-Unis.

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Marie-Philip Poulin fait partie des joueuses canadiennes qui ont choisi de ne pas se joindre à la LNHF. On la voit ci-haut à l'aréna Ronald-Caron de St-Laurent au Camp de hockey féminin Ouellet-Poulin le 3 juillet 2018.

D’ailleurs, l’ex-gardienne de la LCHF et membre de l’AJHPF, Liz Knox, a noté que le moment n'est pas le plus opportun pour lancer une nouvelle équipe de la LNHF à cause de la crise sanitaire : « Il est difficile de croire qu’une expansion fait partie des priorités de l’entreprise en ce moment », a-t-il déclaré via texto.

« Notre vision n’a pas changé, mais la santé et la sécurité de nos joueuses, du personnel, des bénévoles et des partisans sont maintenant nos priorités, a expliqué Knox. Nous verrons ce qui se produira à l’automne, et je souhaite la meilleure des chances aux ex-membres de l’AJHPF qui ont fait ce choix (de se joindre à la LNHF). »

La LCHF comptait deux équipes dans la région de Toronto lorsqu’elle a cessé ses activités.

La LNHF n’a jamais révélé ses bilans financiers ni les salaires de ses joueuses, mais certaines d’entre elles ont empoché 15 000 $ la saison dernière. La ligue a adopté un programme de partage des revenus à hauteur de 50 % provenant des commanditaires et des ententes commerciales pour ses joueuses étoiles.

— Avec l’Associated Press