Au cours des prochaines semaines, nous vous offrirons une analyse détaillée des 31 clubs de la LNH : le travail du directeur général, le repêchage, les échanges, les joueurs autonomes, les perspectives d’avenir. Aujourd’hui, les Rangers de New York.

Mathias Brunet Mathias Brunet
La Presse

SITUATION ACTUELLE

La reconstruction annoncée il y a deux ans sera moins longue que prévu à New York, grâce au génie de Jeff Gorton, le DG le plus sous-estimé de la Ligue nationale de hockey. Ses deux premiers centres, Mika Zibanejad, 75 points en 57 matchs, et Ryan Strome, 59 points en 70 matchs ? Le premier obtenu pour Derick Brassard, le second pour Ryan Spooner. Trois jeunes défenseurs, Anthony DeAngelo, Adam Fox et Jacob Trouba, dont les deux premiers en route vers des saisons de plus de 50 points et le troisième de 35 points ? Obtenu dans des échanges également.

Ajoutez à ce noyau Artemi Panarin, acquis sur le marché des joueurs autonomes, et vous avez un club qui luttait pour une place en séries éliminatoires au moment de l’interruption des activités dans la LNH. Gorton a réussi ce tour de force –après avoir succédé à Glen Sather en 2015– même si l’équipe n’a pas bénéficié de choix de première ronde quatre années consécutives entre 2013 et 2016 en raison de sacrifices pour des résultats à court terme.

La succession du gardien Henrik Lundqvist semble aussi assurée, grâce à la présence du jeune gardien de 24 ans Igor Shesterkin, un choix de quatrième ronde de l’équipe en 2014. Avec six choix de première ronde dans les trois dernières années, les Rangers ont aussi des jeunes à greffer à l’équipe. Le deuxième choix au total en 2019, Kaapo Kakko, y est déjà. Il a obtenu seulement 23 points en 66 matchs (un rendement inférieur à celui de Kotkaniemi à sa première année), mais son avenir est prometteur.

REPÊCHAGE (2009-2019)

Les Rangers seraient encore meilleurs s’ils repêchaient mieux. Gordie Clark est le patron à bord depuis 2007. Il a évidemment l’excuse de ne pas avoir eu de choix de première ronde entre 2013 et 2016, mais quand il en détenait, les résultats sont très partagés. Clark et son équipe ont déniché trois solides joueurs de la LNH en première ronde en 2009, 2011 et 2012 avec Chris Kreider, J. T. Miller et Brady Skjei. Mais Dylan McIlrath, dixième choix au total en 2010, a constitué un énorme flop.

Parmi les 20 joueurs repêchés entre 2014 et 2016, un seul est devenu un joueur de la LNH, le gardien Shesterkin. La tâche est plus complexe sans choix de première ronde, mais il faut quand même pouvoir dénicher quelques joueurs dans les rondes subséquentes. New York avait trois choix de première ronde en 2017. Il est tôt pour les bilans. Mais le septième choix au total, Lias Andersson, est rentré chez lui en Suède en attendant un échange après des performances atroces en Amérique du Nord. Le 21e choix au total cette année-là, Filip Chytil, s’accroche à la Ligue nationale. Il a obtenu 23 points en 60 matchs cette saison.

Il faudra suivre le rendement des trois choix de première ronde en 2018. Vitali Kravtsov, neuvième choix au total, a amassé 15 points en 39 matchs dans la Ligue américaine. C’est un rendement ordinaire malgré son jeune âge. Le défenseur K’Andre Miller, 22e au total, coéquipier de Cole Caufield à Wisconsin, vient de signer un contrat professionnel malgré une saison en demi-teinte. Le 28e au choix en première ronde, le défenseur Nils Lundqvist, a connu une bonne offensive dans la SHL, première division suédoise, avec 31 points en 45 matchs.

Meilleur coup

Igor Shesterkin, gardien, quatrième ronde, 118e au total en 2014.

Déjà le gardien numéro un des Rangers. Douze gardiens ont été choisis avant ce choix de fin de quatrième ronde. Il est le seul à avoir atteint la LNH avec Elvis Merzlikins et Thatcher Demko (auxiliaire à Vancouver). Ilya Sorokin devrait suivre sous peu.

Pire coup

Lias Andersson, attaquant, septième au total en 2017.

Il est déjà sur le marché des échanges. Andersson a été préféré à Nick Suzuki, Martin Necas et Robert Thomas, entre autres.

Meilleur espoir

Même s’il a constitué le troisième choix de la première ronde en 2017, le défenseur droitier de 5 pieds 10 pouces Nils Lundqvist est considéré comme le meilleur espoir des Rangers.

ÉCHANGES

Jeff Gorton parvient à transformer du calcaire en or. Il a réussi à amasser quatre choix de première ronde et trois choix de deuxième ronde depuis son arrivée en 2015. La plupart étaient des joueurs de location, parmi lesquels Rick Nash, Kevin Hayes, Mats Zuccarello et Michael Grabner. Il lui a fallu du courage pour faire exploser le noyau, mais ses échanges ont rapporté des dividendes. La transaction pour Mika Zibanejad, désormais un centre d’élite dans la Ligue, demandait de l’audace. Il était sous-productif à Ottawa et Derick Brassard avait connu de grosses séries éliminatoires un an plus tôt et constituait un joueur très populaire.

Derek Stepan était aussi un centre important, mais Gorton a réussi à obtenu son meilleur défenseur offensif, Tony DeAngelo, et un choix de première ronde pour le gardien Antti Raanta et lui. Ryan Strome pour Ryan Spooner est un vol aux dépens de Peter Chiarelli des Oilers. Spooner a disputé seulement 25 matchs à Edmonton et il poursuit sa carrière en Suisse. Strome, 26 ans, était en voie de connaître une saison de 70 points cette année.

Gorton n’est pas parfait. Le défenseur Ryan Graves est devenu un pilier au Colorado. Il a obtenu en retour Chris Bigras, un défenseur de Ligue américaine. Le DG des Rangers aurait aussi sans doute pu obtenir davantage pour Ryan McDonagh et J. T. Miller dans ce gros échange avec le Lightning il y a deux ans. Les jeunes obtenus en retour n’ont pas eu un gros impact, mais Gorton a au moins récupéré un choix de première (Lundqvist) et de deuxième ronde.

Meilleur coup

Mika Zibanejad en retour de Derick Brassard le 18 juillet 2016. Zibanejad était en route vers une saison de 100 points et plus n’eut été de sa blessure et de l’interruption des activités.

Pire coup

Ryan Graves pour Chris Bigras. Jamais un bon échange quand on se départit d’un éventuel défenseur top trois pour un défenseur de la Ligue américaine.

JOUEURS AUTONOMES

Les directeurs généraux prennent généralement leurs pires décisions le 1er juillet. Gorton ne s’est pas trompé avec Artemi Panarin, malgré la taille de son contrat de 87 M$ pour sept ans. Panarin, 28 ans, avait 95 points en 69 matchs cette saison, au troisième rang des compteurs de la LNH derrière Leon Draisaitl et Connor McDavid (sur un pied d’égalité avec David Pastrnak). Panarin a transformé l’attaque de l’équipe, inutile de le rappeler. Sinon Gorton a été plus sage que son prédécesseur Glen Sather, outre ce contrat de quatre ans pour 26 millions offert à Kevin Shattenkirk en 2017, un contrat racheté deux ans plus tard. Sather, lui, a cessé ses folies en 2011, après le contrat de 58 M$ pour neuf ans offert à Brad Richards.

Meilleur coup

Artemi Panarin, la nouvelle grande vedette à New York.

Pire coup

Brad Richards a disputé trois saisons à New York avant de voir les six dernières années de son contrat racheté en 2014. On lui a donné la somme de 20 M$ pour le libérer.

Dix saisons (neuf rondes remportées, deux exclusions)

2010-2011 : 44-33-5, 8e Est, défaite première ronde.

2011-2012 : 51-24-7, 1er Est, finale d’association.

2012-2013 : 26-18-4, 6e Est, deuxième ronde.

2013-2014 : 45-31-6, 5e Est, finale de la Coupe Stanley.

2014-2015 : 53-22-7, 1er Est, finale d’association.

2015-2016 : 46-27-9, 4e Est, défaite première ronde.

2016-2017 : 48-26-6, 5e Est, deuxième ronde.

2017-2018 : 34-39-9, 12er Est, OUT.

2018-2019 : 32-36-14, 12e Est, OUT.

2019-2020 : 37-28-5, 10e Est, (à deux points de la dernière place donnant accès aux séries).

(Demain : les Sénateurs d’Ottawa)

À LIRE

Geoff Molson n’est pas contre l’idée de disputer des matchs à huis clos au Centre Bell. Les explications de Richard Labbé.