Plusieurs options s’offrent à Charles Hudon pour la saison prochaine. Mais l’attaquant du Canadien souhaite demeurer dans la Ligue nationale.

Guillaume Lefrançois Guillaume Lefrançois
La Presse

C’est ce qu’a indiqué l’agent de Hudon, Allain Roy, à La Presse.

Mardi matin, le quotidien suisse Le Matin rapportait que plusieurs équipes de la Ligue nationale suisse, la première division de hockey là-bas, ont manifesté de l’intérêt pour Hudon.

Roy a confirmé l’information et a ajouté que des équipes de la KHL ont aussi tâté le terrain.

« Mais Charlie est un joueur de la LNH et il veut jouer dans la LNH, a soutenu Roy, au bout du fil. Aucune décision n’a été prise. Le Canadien a encore ses droits, donc Charlie n’a pas le droit de signer de contrat ailleurs. Si Marc Bergevin veut le qualifier [NDLR : lui soumettre une offre qualificative], il pourra le faire quand ce sera la période pour ça. Sinon, Charlie deviendra joueur autonome sans compensation. »

L’impact du plafond

Selon un directeur sportif cité de façon anonyme par Le Matin, la baisse attendue du plafond salarial dans la LNH, conséquence de la pandémie de la COVID-19, pourrait pousser des joueurs du statut de Hudon vers l’Europe.

« Il fera plus d’argent en venant en Suisse plutôt qu’en restant en Amérique du Nord, estime-t-il. Il aura 26 ans au début du prochain championnat, c’est peut-être le bon moment. »

Une affirmation contredite par Allain Roy. « Je pense que c’est l’inverse. La situation sera avantageuse pour des gars comme Charlie, qui ont un salaire plus bas. Les gars coincés, ce sont ceux qui sont entre 1,5 million et 3 millions. Ceux qui sont entre les superstars et les joueurs de soutien », croit l’agent acadien.

L’été dernier, tout indiquait que Hudon était arrivé à la croisée des chemins avec le Canadien. Le Québécois s’était montré fort émotif devant les médias après sa rencontre de fin de saison avec l’état-major du CH.

L’équipe lui a malgré tout octroyé un contrat d’un an, à un volet, de 800 000 $ pour la présente saison, non sans que son clan dépose une demande d’arbitrage salarial. Hudon touchait donc le même salaire dans la LNH et dans la Ligue américaine.

Son salaire pourrait toutefois baisser la saison prochaine s’il signe un contrat à deux volets, qui prévoit un salaire inférieur dans la Ligue américaine. À titre indicatif, le défenseur Xavier Ouellet, qui a un an de plus que Hudon, touchait cette saison 700 000 $ dans la LNH, 300 000 $ dans la Ligue américaine, avec un minimum garanti de 400 000 $.

Selon nos informations, un joueur du statut de Hudon pourrait toucher en Suisse un salaire comparable à ce qu’il gagnerait avec un bon contrat dans la Ligue américaine. Par contre, les équipes là-bas paient généralement la voiture et l’appartement aux joueurs. C’est sans oublier une qualité de vie vantée par plusieurs en raison des très courts voyages comparativement aux longues randonnées en autobus de la Ligue américaine.

« En Suisse, son explosivité pourrait faire mal, explique le directeur sportif anonyme cité par Le Matin. Il reste des questions quant à son implication défensive. Cela pourrait refroidir certains. Mais offensivement, il serait parmi les meilleurs de la ligue. »

En 15 matchs avec le Canadien en 2019-2020, Hudon a inscrit un but et une passe. À Laval, l’Almatois s’est toutefois établi comme un des meilleurs francs-tireurs de la Ligue américaine avec une récolte de 27 buts, le cinquième total du circuit cette saison, et ce, même s’il n’y a disputé que 46 matchs. Ses succès lui ont valu une invitation au match des étoiles, à Ontario, en Californie.

Hudon a été repêché au cinquième tour (122e au total) en 2012. Seuls Carey Price et Brendan Gallagher ont plus d’ancienneté que lui au sein de l’organisation montréalaise.