Le Canadien va avoir à disputer au moins un match devant absolument personne au cours des prochains jours.

Richard Labbé Richard Labbé
La Presse

Ainsi, le match du 19 mars à San Jose face aux Sharks devra être disputé dans un aréna à peu près vide, exception faite de quelques personnes autorisées, par exemple des membres de famille. Les Sharks ont confirmé la nouvelle mercredi en fin de journée, devant la menace du coronavirus qui afflige ce coin de la Californie.

Dans la même région, les Warriors de Golden State de la NBA ont fait savoir précédemment qu’ils allaient disputer leur match de jeudi soir à San Francisco à huis clos, suivant ainsi les recommandations du directeur de l’Institut national des allergies et des maladies infectieuses. En fin de soirée mercredi, c’est la NBA en entier qui annonçait la suspension immédiate de son calendrier pour la saison.

Les Warriors ont été le premier club d’une ligue professionnelle nord-américaine à prendre une telle mesure, et peu de temps après, mercredi en fin de journée, les Blue Jackets de Columbus ont annoncé qu’ils allaient eux aussi opter pour un calendrier de matchs présentés à huis clos.

Dans les coulisses de la LNH, on chuchote que d’autres équipes pourraient suivre cette voie et que la LNH pourrait du coup imiter la NBA et choisir de suspendre ses activités, mais tard mercredi soir, aucune décision n’avait encore été prise à cet effet, malgré les nombreuses rumeurs qui ont circulé. La LNH a publié un bref communiqué mercredi soir, pour préciser qu’aucune décision n’avait été prise. « Nous nous attendons à faire une autre mise à jouer demain (jeudi) », est-il écrit.

En attendant de connaître la suite, les joueurs du Canadien doivent composer avec une réalité qui est au mieux incertaine.

« On préfère ne pas trop regarder au loin, a expliqué Phillip Danault mercredi à Brossard, avant la confirmation des Sharks. Je pense qu’on va jouer la partie à San Jose devant des bancs vides et ça déjà, ça va être bizarre. Mais j’aime mieux ne pas trop m’aventurer là-dessus. »

Pour le moment, la plupart des clubs de la LNH continuent leurs activités comme si de rien n’était, mis à part pour l’accès aux vestiaires, qui demeure fermé aux membres des médias dans les villes du circuit.

Selon plusieurs observateurs, il y a dans le monde de la LNH un enjeu économique qui ne se dément pas face à cette crise ; par exemple, lors du dernier classement de Forbes en décembre 2019, les revenus aux guichets du Canadien ont été établis à 91 millions de dollars américains, soit quelque 2,2 millions de dollars américains par rencontre au Centre Bell. Le Canadien a quatre matchs prévus à son domicile d’ici à la fin de la saison, incluant celui de jeudi soir contre les Sabres de Buffalo.

Il y a aussi que les joueurs eux-mêmes pourraient perdre une partie de leur salaire si des matchs étaient annulés, selon les dispositions de la convention collective.

Pour ajouter à ce portrait déjà sombre, il y aurait également des discussions quant à la possibilité de reporter la saison et les séries, ce qui pourrait mener à une finale de la Coupe Stanley en plein milieu de l’été, du jamais vu en plus de 100 d’histoire dans cette ligue.

En attendant, les joueurs doivent… attendre.

« Nous n’avons aucun contrôle là-dessus, c’est la santé de tout le monde qui doit primer, a répondu le défenseur Jeff Petry. Si on doit jouer dans des arénas vides ou carrément annuler des matchs, il faudra en discuter avec l’Association des joueurs, les dirigeants de la ligue ainsi que toutes les équipes.

« Mais nous sommes capables de demeurer concentrés sur le hockey. On connaît la situation, c’est la même chose pour tout le monde. Nous allons nous présenter pour jouer tant que personne ne nous dira le contraire. Il y a des inquiétudes, oui, mais on doit seulement s’assurer de prendre toutes les précautions. »

La saison de Kotkaniemi est terminée

Non, 2019-20 n’aura pas été la saison de Jesperi Kotkaniemi. En premier, le jeune espoir du CH a connu un début de saison affreux avec le Canadien, avec une récolte de seulement 8 points en 36 matchs. Ensuite, le jeune homme a été cédé dans la Ligue américaine, là où il a tout de même pu retrouver son rythme avec le Rocket de Laval, avec 13 points en 13 matchs. Mais il a subi une blessure à la rate lors du match de vendredi contre les Monsters de Cleveland, et la blessure est assez importante pour que la direction du club annonce mercredi que la saison du Finlandais est terminée. Reste à voir s’il sera en mesure de récupérer à temps pour le début du camp du Canadien en septembre.

Retour de Juulsen

Les nouvelles sont bien meilleures dans le cas d’un autre jeune espoir, le défenseur Noah Juulsen. Absent du jeu depuis le 29 novembre en raison de maux de tête et de problèmes de vision, Juulsen a obtenu le feu vert pour prendre part au match du Rocket mercredi soir. Il avait obtenu trois passes en 12 rencontres cette saison avant de devoir abdiquer bien malgré lui.

Lindgren doit quitter

Charlie Lindgren a reçu un tir de Brett Kulak lors de l’entraînement de mercredi à Brossard, et il a dû quitter plus vite que prévu après voir reçu cette rondelle dans la région du cou. Mercredi, l’entraîneur Claude Julien n’a pu offrir plus de détails concernant l’état de santé du gardien réserviste.

Drouin est prêt… peut-être.

Jouera, jouera pas ? Dans le cas de Jonathan Drouin, on a l’impression de poser la question depuis déjà plusieurs jours. C’est que l’attaquant québécois s’entraîne avec le club… mais qu’il ne semble pas remis à 100 % de cette entorse à la cheville qui le hante depuis le match du 12 février à Boston. « Ça n’a pas aidé de continuer à jouer (après le match à Boston), mais je ne crois pas avoir aggravé la situation, a-t-il expliqué mercredi à Brossard. C’est pour ça que nous avons décidé de prendre une semaine de congé et regarder comment ça allait aller. Je voulais jouer. Après trois mois sans jouer, j’avais envie de retourner sur la glace. » On ne sait trop s’il pourra affronter les Sabres jeudi soir, mais Drouin a ajouté qu’il aimerait prendre part aux Championnats du monde en mai… si jamais le tournoi, évidemment, n’est pas annulé en raison du virus que l’on sait.