(WASHINGTON) À une certaine époque, le Canadien et les Capitals auraient encore été en train de se battre sur la patinoire au moment où vous auriez lu ces lignes, tant la mise en échec d’Alexander Ovechkin aux dépens de Jonathan Drouin était percutante.

Guillaume Lefrançois Guillaume Lefrançois
La Presse

Mais voilà, la LNH de 2019 est rendue ailleurs, et le Tricolore, avec son effectif principalement axé sur la vitesse, en est une illustration parfaite. C’est pourquoi la réplique est venue sous la forme d’un tsunami de buts – quatre en 10 minutes – dans une impressionnante victoire de 5-2 contre la meilleure équipe du circuit.

« C’était bien de voir les joueurs répondre pour Drouin. C’est une bonne réponse, après un coup comme ça, de marquer quatre buts », a souligné Tomas Tatar.

PHOTO NICK WASS, ASSOCIATED PRESS

Tomas Tatar (90) a marqué le cinquième but des siens, en fin de troisième période, ce qui lui a valu les félicitations de ses coéquipiers.

Ça a amené de l’énergie. Gally [Brendan Gallagher] et moi, on ne voulait rien savoir. Je ne sais pas, ça nous a fouettés comme équipe. Joe en a pris une pour l’équipe, et il est revenu en santé. C’est ça, l’important.

Phillip Danault

Plutôt que de s’écrouler, le Canadien a joué comme une équipe fouettée, et on peut se demander si le groupe n’était pas fouetté dès le départ par les décisions prises par les Capitals.

Ceux-ci ont envoyé sur la patinoire leur gardien auxiliaire, Ilya Samsonov, afin de préserver Braden Holtby pour samedi contre les Bruins, l’équipe de première place de la division Atlantique. Et Samsonov a justement joué comme ce qu’il est : une recrue. Il a été chancelant toute la soirée, généreux comme pas un avec Jordan Weal, et a mal paru sur le but de Shea Weber.

C’était déjà la neuvième fois en 19 matchs que le CH rencontrait un gardien auxiliaire. Près de la moitié de ses matchs. L’équipe a par exemple vu Michael Hutchinson lors de ses deux duels contre les Maple Leafs. Plutôt que le dominant Darcy Kuemper, c’est Antti Raanta qui était devant le filet des Coyotes en Arizona. Et ainsi de suite. Montréal a une fiche de 7-2-0 dans ces neuf matchs.

Bon nombre de ces décisions dépendent de circonstances bien particulières. Par exemple, vendredi, les Capitals voulaient offrir ce match à Samsonov dans le but de l’envoyer ensuite dans la Ligue américaine pour les prochains jours.

Mais qu’importe : le Canadien a conclu la journée de vendredi avec la sixième attaque de la LNH. Et on peut se demander si les choix des adversaires sont le reflet de l’idée qu’ils se font du CH.

« Ils ont joué avec seulement trois centres et leur deuxième gardien, a souligné Danault. On ne change pas notre façon de jouer en fonction de la formation de l’autre côté. Mais je comprends la question, et ça peut jouer un peu. »

Défendre et attaquer

Parlons-en, de Danault.

Permettez-nous ici une petite autopromotion. Dans notre émission balado Sortie de zone, vendredi, il était question de l’intronisation de Guy Carbonneau au Temple de la renommée. Appelé à comparer le rôle des attaquants dits défensifs de l’époque de Carbonneau et ceux d’aujourd’hui, Benoit Brunet a mentionné qu’il était aujourd’hui attendu que ces joueurs génèrent régulièrement de l’attaque.

Vendredi, Danault avait comme mission de contrer le premier trio des Capitals, celui d’Ovechkin. Le Russe a eu ses chances, avec notamment deux tirs dangereux dès la première minute. Il a même marqué en avantage numérique. Mais peu à peu, à forces égales, on a vu Danault s’imposer, briser des jeux, et passer du temps en zone adverse.

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Complètement oublié devant le gardien Ilya Samsonov, Phillip Danault a fait preuve de patience et a déjoué son rival du revers pour ouvrir le pointage avec son 6e but de la saison.

Danault et Gallagher étaient sur la patinoire lors de trois des quatre buts que les visiteurs ont marqués en période médiane. Le Québécois a terminé sa soirée de travail avec trois points, pour porter son total de la saison à 14 en 19 matchs. Quand on connaît la qualité des adversaires qu’il doit surveiller, ces chiffres sont impressionnants.

« Il est bon sur 200 pieds et c’est crucial aujourd’hui. De nombreux joueurs ont du talent et marquent des buts, mais il est tout aussi bon pour empêcher les buts », a souligné Weber.

Danault doit remettre ça dès samedi soir, cette fois contre Taylor Hall. Et ce sera vraisemblablement sans Price, puisque Claude Julien semblait pencher pour revenir avec Keith Kinkaid.