Au hockey, on dit souvent que les gardiens sont des personnages bien différents, et dans le cas de Cayden Primeau, c’est encore plus vrai.

Richard Labbé Richard Labbé
La Presse

Le jeune gardien a bien sûr passé l’été à se préparer en vue du camp des recrues du Canadien, qui s’est ouvert hier à Brossard, mais en plus, il s’est adonné à une activité qui n’a pas l’habitude de rallier un énorme pourcentage de la population chez les joueurs de hockey : nettoyer un océan.

C’est exact. En juin, avec un groupe d’amis, le meilleur espoir du Canadien devant le filet s’est mis à quatre pattes pour ramasser des déchets pendant une journée entière.

« J’ai grandi au New Jersey, tout près de l’océan, et les dommages qui sont faits à nos océans sont encore pires quand on peut les observer de si près, a-t-il expliqué hier à Brossard. J’ai passé mes étés là-bas, et c’est dur de constater tout le mal qui est fait aux océans, surtout quand cet océan est pratiquement dans ta cour. »

Avec des amis, Primeau a donc organisé une journée de nettoyage, où tous les débris qui jonchaient la plage et les environs ont été enlevés, puis traités d’une façon plus écologique.

Je fais ce que je peux pour aider. Ce n’est pas une seule personne qui va changer les choses, mais si tout le monde s’y met, alors là, on peut faire changer les choses.

Cayden Primeau

C’est donc assurément un joueur un tantinet différent que le Canadien a choisi avec un choix de septième tour au repêchage de 2017. Différent, mais bon aussi, faut-il préciser, parce que beaucoup voient déjà en lui le futur gardien numéro un du Canadien, un titre auquel il préfère ne pas penser pour le moment – « parce que je n’ai jamais eu l’habitude de me demander ce que l’avenir me réserve », dit-il.

L’importance de l’école

Cayden Primeau est aussi un étudiant sérieux, qui a choisi, après deux ans, de mettre fin à ses études à l’Université Northeastern pour se lancer chez les pros, mais il aime préciser qu’il ne quitte pas les études pour de bon.

« Quitter l’université a été une décision difficile à prendre, à cause des amis, à cause du fait que c’est une université incroyable… mais je sentais que j’étais prêt à faire le saut chez les professionnels cette saison. J’étudiais en criminologie et j’étais dans la moyenne, avec des B surtout… Je vais finir ce bac un jour, je veux le finir et je suis sûr que ma mère le veut aussi ! »

Il faut ici ajouter que les études sont une priorité dans la famille Primeau, et Keith, le paternel, a lui-même choisi de retourner à l’université une fois sa carrière de 15 saisons dans la LNH terminée.

[Mon père] est retourné à l’université pour terminer son bac en administration et en gestion. Ça prouve à quel point c’est important dans ma famille. On sait que le hockey, ce n’est pas pour toujours.

Cayden Primeau

Mais en attendant de replonger le nez dans les livres et les pages de notes, Cayden Primeau va tenter de faire sa place dans le monde intransigeant de la Ligue nationale de hockey. Dans l’immédiat, son avenir est fort probablement à Laval, avec le Rocket de la Ligue américaine, mais une place derrière Carey Price au Centre Bell n’est peut-être pas impossible dans un an.

Peu importe le temps que ça va prendre, il se dit prêt. Il se sait prêt, surtout.

« Je sens que je suis prêt pour les rangs professionnels… J’ai pris part à de nombreux matchs et tournois importants lors de mes années au hockey universitaire. Et je pense que ce sont des expériences qui m’ont permis d’être ici et d’être en mesure de passer à la prochaine étape. »