Il fallait bien que la belle histoire des Hurricanes de la Caroline se termine un jour… et elle s’est terminée un soir, celui d’hier, face aux Bruins de Boston.

Richard Labbé Richard Labbé
La Presse

Les Hurricanes ont perdu ce match par la marque de 4-0 et cette série par un total de 0-4 ; ils n’ont néanmoins pas à rougir. Ils n’étaient même pas du top 20 au classement général de la Ligue nationale au début de janvier. L’équipe, qui table sur deux gardiens réservistes et ne mise sur aucun joueur vedette, jouait malgré tout encore jusqu’à hier soir, alors que des équipes de loin supérieures sont à la maison depuis très longtemps.

Alors, que s’est-il passé ? Il s’est passé que les Hurricanes ont heurté un mur.

PHOTO GEOFF BURKE, USA TODAY SPORTS

Le gardien Tuukka Rask (40) a repoussé les 21 tirs dirigés vers lui.

À un certain moment, à la deuxième période, les joueurs de la Caroline ont passé 14 longues minutes sans réussir un seul tir au but. Ce qu’on a vu, ce sont des joueurs en noir et rouge tourner, tourner et tourner encore autour du filet… mais sans jamais tirer au but. Pourtant, les plus grands génies du hockey vous le diront : il est impossible de marquer des buts quand on ne tire pas.

Il y a aussi que les Hurricanes ont fini par tomber pour les pitreries de leurs adversaires (Brad Marchand, quelqu’un ?), et qu’à un certain moment, à partir du troisième match, ils se sont mis à jouer avec indiscipline. Hier, par exemple : une pénalité un peu navrante pour avoir joué à six, et une autre pour avoir foncé sur le gardien Tuukka Rask, qui en a peut-être un peu mis, mais bon.

PHOTO GERRY BROOME, ASSOCIATED PRESS

La traditionnelle poignée de main entre les vainqueurs et les vaincus. Les Bruins ont balayé les Hurricanes en quatre matchs. 

Les Bruins ont répliqué avec deux buts lors de ces avantages numériques, deux buts réussis seulement 18 et 24 secondes après le début de chaque punition. Les Bruins ont d’ailleurs réussi sept buts en avantage numérique lors de cette série. Il était d’ailleurs un peu désolant de voir un fier vétéran comme le capitaine Justin Williams, des Hurricanes, se comporter à la manière d’une simple recrue en criant des bêtises aux arbitres comme s’il n’y avait pas de lendemain.

Devant le filet, Tuukka Rask n’a pas été super occupé — seulement 24 tirs dans sa direction —, mais il les a tous arrêtés, et plus ça allait, plus c’était évident que le gardien des Bruins était « dans la tête » des joueurs des Hurricanes, qui précipitaient trop souvent leur geste en s’approchant du filet. C’est drôle parce qu’avant le début des séries, il y avait de l’expert au pied carré pour prédire que Jaroslav Halak allait finir par ravir le poste de numéro un à Rask. On attend toujours.

PHOTO GERRY BROOME, ASSOCIATED PRESS

La pression exercée par David Pastrnak (88) et Patrice Bergeron autour du filet des Hurricanes a été constante hier.

Le pire, c’est que les Bruins ont passé ce coup de balai sans même pouvoir miser sur le défenseur Zdeno Chara, qui a raté le match à cause de ce qui serait une blessure. Et, maintenant, il est difficile de voir qui pourra ravir la Coupe Stanley à ces Bruins. Les Sharks, peut-être ? Encore devront-ils réussir à éliminer les coriaces Blues, tout en sortant de cette série sans être trop amochés. Ce qui est loin d’être assuré, surtout si ça s’étire.

Donc, finalement, les Bruins auront remporté cette série par une marque de 17-5 au total des buts. Ça ne semble pas serré ? C’est parce que ça ne l’a jamais été.