Les Penguins de Pittsburgh peuvent remercier le Lightning de Tampa Bay.

Mathias Brunet Mathias Brunet
La Presse

Pittsburgh a lui aussi été balayé en quatre matchs en première ronde, mais l’élimination du Lightning retient toute l’attention.

Tampa, après tout, venait d’amasser 128 points en saison régulière et affrontait l’un des derniers clubs qualifiés pour les séries.

Mais les Penguins n’en avaient pas moins amassé 100 points en saison régulière, trois de moins seulement que leurs rivaux de la première ronde, les surprenants Islanders de New York, et leur deuxième Coupe Stanley consécutive remontait au printemps 2017 seulement.

Julien BriseBois aura à relever le défi le plus important de sa carrière à titre de DG, mais le talentueux noyau du Lightning demeure jeune, contrairement à celui des Penguins. Nikita Kucherov a 25 ans, Brayden Point 22 ans, Victor Hedman 28 ans, Steven Stamkos vient d’avoir 29 ans et le gardien Andrei Vasilevskiy a 24 ans. Anton Stralman est le seul joueur d’impact de plus de 30 ans.

Perdre ainsi en quatre matchs après une telle saison de rêve demeure cruel, mais faut-il pour autant faire exploser ce noyau?

PHOTO CHRIS O'MEARA, ASSOCIATED PRESS

Le défenseur numéro 1 du Lightning Victor Hedman (à droite) s’est retiré après seulement deux matchs contre les Blue Jackets.

N’oublions pas que le joueur le plus important de cette formation, le défenseur Victor Hedman, n’était pas en état de jouer à la hauteur de ses capacités.

Hedman a raté la fin de la saison régulière après avoir reçu un coup à la tête de Carl Hagelin le 31 mars. Il est revenu à temps pour les séries, mais il s’est retiré après seulement deux matchs contre les Blue Jackets.

Le Suédois n’en était pas à sa première commotion cérébrale. Il a quitté une rencontre en janvier après être entré en collision avec un arbitre. Hedman a subi des commotions beaucoup plus sévères en 2011 et 2015.

En 70 matchs de saison régulière, Hedman a amassé 54 points et maintenu une fiche de +24.

Congédier l’entraîneur Jon Cooper constituerait une décision possible, mais peu plausible, compte tenu des succès de l’équipe en saison régulière et de la prolongation de contrat qu’on vient de lui accorder.

PHOTO AARON DOSTER, USA TODAY SPORTS

Steven Stamkos

Peut-être Julien BriseBois voudra-t-il modifier un peu la chimie de l’équipe en ajoutant quelques joueurs de soutien, mais osera-t-il un coup d’éclat? Voudra-t-il échanger un Steven Stamkos ou un Nikita Kucherov, deux joueurs à qui on reproche d’avoir «disparu» lors des matchs six et sept contre Washington en finale d’association le printemps dernier, et qui n’ont pas joué à la hauteur de leur talent à nouveau dans ces séries-ci? Ou leur donnera-t-il une autre chance de se faire valoir en éliminatoires l’an prochain? 

La situation des Penguins diffère. Pittsburgh approche la fin de son cycle et a deux Coupes Stanley en banque, une troisième sous l’ère Crosby si on ajoute celle de 2009.

PHOTO GENE J. PUSKAR, AP

Patric Hornqvist (72), Phil Kessel (81) et Kristopher Letang (58)

Sidney Crosby vient de connaître sa première saison de 100 points ou plus depuis 2014, mais il n’est pas éternel et il a surtout besoin d’appui. Il aura 32 ans cet été. Evgeni Malkin en aura 33. Phil Kessel a 31 ans, tout comme Kristopher Letang. Patric Hornqvist vient d’avoir 32 ans.

Jake Guentzel a réussi sa première saison de 40 buts, mais il est l’un des rares jeunes de 25 ans ou moins à s’imposer au sein de ce club. Les succès des Penguins reposent sur de formidables joueurs, mais des joueurs vieillissants.

Le DG Jim Rutherford aura des décisions déchirantes à prendre. Il peut balayer la poussière sous le tapis et espérer une ou deux autres bonnes saisons. Mais s’il maintient le statu quo, les Penguins pourraient en souffrir pour les cinq, six ou sept années suivantes vu le manque de relève.

Pittsburgh a repêché une seule fois en première ronde depuis 2013. Cet unique choix de première ronde, Kasperi Kapanen, 22e au total en 2014, a été échangé depuis plusieurs années déjà pour Phil Kessel.

Les Penguins ont conservé leur choix de première ronde en 2019 et devraient piger entre le 18e et le 22e rang, mais ils n’ont plus de choix de deuxième ronde.  

On pleure sur le sort du Lightning ce matin, mais leur élimination hâtive aurait été nettement moins médiatisée s’ils n’avaient pas surpassé les attentes en saison régulière.

Ils ont été victimes de leurs succès: aucune léthargie cet hiver, la première sera survenue au mauvais moment, sans repères pour la surmonter.

Mais à bien y réfléchir, Julien BriseBois se trouve dans une bien meilleure situation que celle de Jim Rutherford ce matin.

* * *

À LIRE Max Pacioretty connaît ses meilleurs moments de la saison actuellement. Après quatre matchs, il a déjà dix points, dont quatre buts, et Vegas mène 3-1 dans sa série aux dépens des Sharks. Les partisans du CH peuvent se consoler à l’idée que Tomas Tatar ait comblé le vide à court terme, mais aussi, surtout, que le jeune Nick Suzuki connaisse des séries éliminatoires exceptionnelles dans la Ligue junior de l’Ontario. Guelph tirait de l’arrière 3-0 dans sa série de deuxième ronde contre les puissants Knights de London, mais Suzuki a obtenu 11 points à ses quatre derniers matchs et le Storm est parvenu à éliminer les Knights lors de la septième rencontre hier soir. Il a maintenant 20 points, dont 10 buts, en 11 matchs de séries. Guelph affrontera le Spirit de Saginaw en troisième ronde. Richard Labbé fait le point.