Est-il possible que la satisfaction d'aller chercher un point prenne le dessus sur la déception d'en avoir perdu un deuxième?

Mis à jour le 25 mars 2019
Jean-François Tremblay LA PRESSE

C'était la grande question à se poser, hier, après la défaite du Canadien de Montréal 2-1 en prolongation contre les Hurricanes de la Caroline.

Les joueurs rencontrés dans le vestiaire étaient évidemment livides. Il faut dire que la défaite fait toujours mal, c'est vrai. D'abord pour le classement, ensuite pour la manière. Les Hurricanes étaient à 89 points avant le match, le Canadien à 87, et ces deux équipes détenaient les deux dernières places donnant accès aux séries éliminatoires dans l'Association de l'Est.

Maintenant, les Hurricanes peuvent respirer un petit peu plus, et le Canadien doit regarder derrière pour voir comment vont réagir les Blue Jackets de Columbus.

Il y a aussi que le Canadien a mené durant la grande partie du match, avant que les Hurricanes créent l'égalité 1-1 avec un peu plus de cinq minutes au cadran. Le Canadien pensait aux deux points de la victoire, et pensait surtout à n'en laisser aucun aux Hurricanes.

Puis, une rondelle qui a des yeux, un tir de Trevor Van Riemsdyk qui dévie sur Jordie Benn, Carey Price déporté bien malgré lui. Price n'aurait été battu d'aucune autre manière dans ce match sublime. Nous y reviendrons d'ailleurs. De deux points, le Canadien en perdait un. Première déception.

Ensuite en prolongation, tandis que Jeff Petry était sur la glace depuis beaucoup trop longtemps et que le changement devenait laborieux, Andrei Svechnikov a donné la victoire aux Hurricanes. C'était la deuxième déception, et celle-là a fait plus mal.

Price, qui n'est déjà pas le plus éloquent des tribuns, était encore plus silencieux qu'à l'habitude. Shea Weber n'avait certainement pas le goût de s'éterniser devant les caméras et les enregistreuses. Pour les besoins de la cause, nous allons reproduire dans son entièreté la rencontre de Price avec les médias.

Question: Êtes-vous capables de voir le bon côté de ce point, ou la défaite est-elle trop dure à avaler?

Réponse: «Ça l'est. (longue pause) Ça l'est.»

Question: Qu'est-ce que tu as vu comme changement entre votre première et votre deuxième période (la deuxième a été bien meilleure, vous l'aurez compris)?

Réponse: «(long soupir) Ils avaient un objectif et ont suivi leur plan. On a bien répondu.»

Question: Cette dernière semaine de 7 points sur 8 peut-elle vous donner confiance pour la fin de la saison?

Réponse: «Oui. On a bien joué, mais on a besoin de points plus que de confiance en ce moment.»

Fin des émissions.

Julien plus optimiste

L'entraîneur-chef Claude Julien s'est présenté devant les médias beaucoup plus optimiste dans ses propos. Comme s'il avait approché le match plus réalistement.

Le Canadien s'est généralement bien tiré d'affaire dans un des moments les plus importants de sa saison. Il a offert ce qu'il convient d'appeler une bonne performance sur la route. Avec du jeu responsable, rien de trop éclatant, rien de trop risqué. Il a forcé l'adversaire à tirer de loin, il a dégagé le devant du filet. Il a joué comme doit le faire une équipe qui dispute un troisième match en quatre jours et qui est arrivée à l'hôtel à 2h du matin.

«C'est normal d'être déçus, a dit l'entraîneur. Tu veux gagner. On a offert un bel effort. On vient de finir quatre matchs en six jours, la fatigue nous a rattrapés. Je l'ai vu en milieu de deuxième période, on faisait moins de jeux, on avait de la misère à sortir la rondelle. Mais quand tu vas chercher 7 points sur 8, c'est une bonne semaine. Si on le fait la semaine prochaine aussi, ça va bien aller.»

Carey Price a connu un match exceptionnel, mais ce ne sont pas ses arrêts nombreux que l'on retient. C'est sa manière de gérer le match. Price forçait les mises en jeu en gardant souvent la rondelle en sa possession. Il évitait les retours. Ses sorties pour relancer l'attaque ou pour empêcher les Hurricanes de tirer la rondelle en fond de territoire étaient impeccables. Il coupait les passes avec son bâton. Il s'est même permis de harponner Sebastian Aho qui passait derrière son filet. D'un geste précis à l'autre, il cassait le rythme des Hurricanes.

À un point tel que Rod Brind'Amour, même s'il est l'entraîneur-chef adverse, a su reconnaître le brio de son rival.

«Il est le meilleur au monde pour une raison. On le voit dans ce genre de match. Dès le début, on pensait contrôler le match et il est celui, calme, calme, qui faisait tous les arrêts. Ça leur a permis de retrouver leur match.»

Tout ça pour dire que la défaite fait mal sur le coup, et c'est naturel, mais elle doit être replacée dans son contexte. On le répète, c'est un septième point sur huit cette semaine, et le Canadien est encore classé pour les séries. Personne n'en aurait espéré tant, il y a quelques jours à peine.

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En hausse: Paul Byron

Il a marqué le seul but du Canadien et il a démontré énormément d'énergie tout au long du match.

En baisse: Christian Folin

Ça a paru plus difficile pour lui hier soir, surtout au moment de sortir la rondelle de sa zone.

Le chiffre du match: 9:57

Le temps de jeu de Jonathan Drouin. Seul Jesperi Kotkaniemi a été moins utilisé que lui.