Noah Juulsen était sur la glace de la Place Bell ce matin. Il s'est exercé avant ses coéquipiers du Rocket de Laval, en compagnie de Nikita Jevpalovs.

Jean-François Tremblay LA PRESSE

Pour tout dire, Juulsen a fait son grand retour sur patins la semaine dernière. Pour la plupart des joueurs blessés, c'est toujours une belle nouvelle de retrouver la glace, mais pour Juulsen, c'est signe que les craintes commencent à se dissiper.

Parce que craintes, il y avait. Il n'y a pas si longtemps, les pronostics étaient même plutôt sombres. Certains observateurs, dont l'animateur Ron Fournier, avaient même suggéré que sa carrière était compromise. Le Canadien, lui, laissait filtrer très peu d'informations.

Petit retour en arrière. Le 19 novembre dernier, le défenseur a reçu non pas une, mais deux rondelles au visage, à quelques minutes d'écart, face aux Capitals de Washington. Chaque fois de la même manière, en essayant de dévier le tir en plaçant son bâton à la manière de rampe de lancement. 

La deuxième rondelle au visage a eu raison de lui. Diagnostic: fracture au visage, ce qui lui a valu neuf matchs sur la touche. À son retour, Juulsen n'était plus l'ombre de lui-même. Ses déboires se sont poursuivis dans la Ligue américaine. Il a joué son dernier match le 27 décembre, affreux selon ceux qui l'ont vu, avant d'abdiquer. 

Le 1er février dernier, le collègue Richard Labbé obtenait une mise à jour de son état de santé. Grosso modo, il était revenu au jeu trop rapidement et souffrait de problèmes liés à sa vision périphérique. Tout de même, le Canadien s'attendait à une guérison complète, une évaluation répétée par Marc Bergevin lors de son point de presse à la date limite des transactions. 

Reste que ce ne sont jamais des blessures faciles à évaluer, comme l'expliquait aujourd'hui Joël Bouchard. 

«Ce ne sont jamais des blessures que tu aimes. Il y a de l'inconnu. Une jambe cassée, c'est une jambe cassée. Quand tu arrives dans des situations comme ça, tu as toujours des craintes de savoir pour la suite des choses. J'ai aussi subi une blessure à l'orbite de l'oeil à ma première saison dans la LNH. Ceci étant dit, il est jeune, il est en forme, et le temps règle les choses. Le corps humain se guérit. Sans être inquiets, on est contents que ça progresse.» 

Bouchard ne veut toutefois pas sauter d'étapes dans sa remise en forme. De son côté, Marc Bergevin a clairement indiqué qu'il ne s'attendait pas à le revoir en action cette saison. 

«Il progresse, mais on ne doit pas trop s'exciter, a confirmé Bouchard. Il doit suivre le protocole de rémission. On doit s'assurer qu'à chaque étape il aille de l'avant. C'est sûr que c'est encourageant pour nous, pour lui aussi. Mentalement, tu as besoin de voir la lumière au bout du tunnel.» 

Pour sa séance du matin, Juulsen a travaillé à recevoir des passes provenant d'un peu partout, et à décocher des tirs sur réception. Des exercices, de toute évidence, qui visaient à tester sa vision périphérique.