(Glendale, Arizona) S’il y a un dénominateur commun chez les leaders, c’est généralement cette capacité d’inspirer leurs coéquipiers.

Guillaume Lefrançois Guillaume Lefrançois
La Presse

Brendan Gallagher porte le « A » sur son chandail, et si Marc Bergevin a omis de le nommer parmi les meneurs de l’équipe dans sa grande entrevue accordée au confrère Alexandre Pratt, des soirées comme celle d’hier permettent de constater tout l’ascendant qu’il détient sur ses coéquipiers.

Gallagher a donné le ton à une victoire de 4-1 du Canadien contre les Coyotes de l’Arizona.

Il a donné le ton de façon assez évidente en touchant la cible après seulement 22 secondes. C’était la troisième fois de sa carrière qu’il marquait dans la première minute d’un match, et la 11e fois dans la première minute d’une période.

Pendant que Gallagher patinait à fond de train sur cette première présence, ses couvreurs Lawson Crouse et Jason Demers avaient l’air de ce qu’ils étaient : des gars qui avaient traversé le pays en avion la veille.

Dans un amphithéâtre où l’ambiance était – restons poli – feutrée, le Canadien a fait fi du calme ambiant pour livrer une de ses prestations les plus énergiques de la saison. De Cale Fleury à Ben Chiarot, qui frappaient tout ce qui bougeait, au Jonathan Drouin 2.0 toujours aussi énergique dans ses replis, à Nick Cousins et sa fougue habituelle, les visiteurs n’ont jamais permis aux Coyotes de s’en remettre.

« On pouvait voir tous les chandails du Canadien, ça nous stimule. On a des gars qui créent leur propre énergie, particulièrement le gars là-bas [en pointant Gallagher] qui marque dès sa première présence », a expliqué Nick Suzuki.

PHOTO ROSS D. FRANKLIN, ASSOCIATED PRESS

Shea Weber et ses coéquipiers sont repartis de l’Arizona avec deux points de plus au classement.

Pas un Picasso

Cette énergie collective découlait donc en partie du départ de Gallagher. Mais il y a plus.

En milieu de troisième période, contre des Coyotes qui venaient de resserrer l’écart à deux buts, Drouin a rendu hommage à sa façon à Gallagher en y allant du type de but qui a fait la renommée du numéro 11, soit en piochant sur une rondelle restée libre à l’embouchure du filet.

« J’ai regardé ça cet été, il me faut des buts comme ça. Ce ne sera pas toujours des Picasso et des beaux jeux. Je dois comprendre ça, aller au filet et marquer des buts comme ça », a indiqué Drouin.

Inspirer les coéquipiers, disait-on…

PHOTO MATT KARTOZIAN, USA TODAY SPORTS

Clayton Keller (9) insiste devant le filet de Carey Price.

Le retour de Suzuki

Le Canadien amorce donc du bon pied un voyage qui s’annonçait périlleux. L’équipe poursuit ça à Vegas dès ce soir. Pour Suzuki, ce sera une première occasion de se frotter à l’équipe qui l’a sacrifié pour obtenir Max Pacioretty.

Suzuki se présentera dans la ville du vice dans de bonnes dispositions. En préparant le but de Cousins, il a inscrit un quatrième point à ses six derniers matchs. Sans être un candidat au trophée Calder, il poursuit son apprentissage loin des projecteurs, en jouant à l’aile au sein du quatrième trio. Et les résultats sont là.

« J’avais noté cette date sur mon calendrier. C’est excitant, a dit la recrue de 20 ans. Je n’ai jamais joué dans cet amphithéâtre, donc j’ai hâte. J’espère connaître un bon match et montrer quelque chose à mon ancienne équipe. »

PHOTO MATT KARTOZIAN, USA TODAY SPORTS

Claude Julien et ses joueurs à Glendale

« Tu peux être fier »

Il était solide et physique. Mais 10 mises en échec, je ne sais pas. On doit en prendre et en laisser avec les statistiques. Il y a des endroits où ils sont plus généreux. On aime mieux analyser le match avec nos propres données. Cale a joué un bon match, il gagne en confiance.

L’entraîneur-chef Claude Julien, au sujet de Cale Fleury, qui a eu 10 mises en échec à sa fiche

Les Coyotes forment une bonne équipe. Ils sont bien dirigés et ils jouent bien défensivement. Quand tu marques quatre buts à 5 contre 5 contre une équipe comme ça, tu peux être fier.

Claude Julien

Il voulait vraiment en marquer un. On en parlait plus tôt, il voulait que je lui fasse la passe. Ça a fonctionné !

Nick Suzuki, auteur d’une mention d’aide sur le but de Nick Cousins

Il gagne en confiance. Il garde un peu plus la rondelle, il ne s’en débarrasse pas. Il opte pour les bons jeux la plupart du temps. C’est agréable de jouer avec lui. Il apporte une belle énergie à notre trio. Pour une recrue, il réussit des choses assez remarquables.

Nick Cousins, au sujet de Nick Suzuki

PHOTO ROSS D. FRANKLIN, ASSOCIATED PRESS

Paul Byron (41)

Dans le détail

Des chances pour Lehkonen et Byron

Après 12 matchs, Paul Byron n’a toujours pas marqué, tandis qu’Artturi Lehkonen ne compte qu’un but. C’est là une production largement insuffisante pour deux attaquants constamment employés dans les trois premiers trios. Il faut toutefois rappeler que les deux ailiers sont jumelés à Jesperi Kotkaniemi, qui connaît ses propres difficultés. Est-ce à dire que le Finlandais de 19 ans ralentit ses partenaires de trio ? L’explication est trop simpliste, mais il était dur de ne pas y penser en deuxième période hier. Quelques instants après la fin d’un désavantage numérique, les trios du CH étaient quelque peu chamboulés, si bien que Phillip Danault s’est retrouvé au centre de Lehkonen et Byron. Et les deux ont obtenu une excellente chance de marquer ! Antti Raanta a réussi deux arrêts importants pour garder son équipe dans le match. Jordan Weal attend son tour dans les gradins, et il sera intéressant de voir ce que Claude Julien fera avec Kotkaniemi ce soir contre les Golden Knights de Vegas.

Les débuts de Hayton

Parlant de Kotkaniemi, son compagnon du repêchage de 2018 Barrett Hayton disputait hier son cinquième match dans la LNH. Les Coyotes ont causé une certaine surprise en repêchant Hayton au cinquième rang l’an dernier, soit deux rangs après Kotkaniemi. Les deux joueurs étaient unanimement perçus comme les deux meilleurs centres de cette cuvée. Mais contrairement au Finlandais, Hayton amorce sa carrière à l’aile. « En mettant les jeunes à l’aile, ça allège leurs responsabilités. Je suis un ancien ailier, je sais que c’est plus facile en termes de jeu défensif. […] Il ne faut pas trop mettre de pression à ces jeunes en les plaçant dans des situations difficiles », expliquait l’entraîneur-chef des Coyotes, Rick Tocchet, hier matin. Hayton a amorcé sa carrière du bon pied avec trois points à ses quatre premiers matchs, mais il a été très discret hier.

À point

L’échantillon est mince, mais voilà deux matchs de suite où le Tricolore ferme la porte en désavantage numérique (4 en 4). Cette séquence coïncide avec l’entraînement de vendredi dernier, où Claude Julien avait lui-même dirigé les exercices d’infériorité numérique. Hier, les Coyotes ont été limités à cinq tirs en six minutes, et aucune frappe particulièrement dangereuse. En fait, Conor Garland a eu la plus belle occasion, au terme d’un échange rapide près du filet, mais Nate Thompson s’est interposé pour l’empêcher de tirer. Notons d’ailleurs que Garland jouait le rôle du « bumper » (le joueur qui se tient dans le haut de l’enclave), position qui a causé des ennuis aux Montréalais.

En hausse: Ben Chiarot

Un match solide, au cours duquel le gros défenseur a pu exploiter sa robustesse en faisant le ménage devant Carey Price à quelques reprises.

En baisse: Joel Armia

Claude Julien se réjouissait dernièrement de le voir utiliser son tir davantage. Le Finlandais a laissé passer au moins deux occasions de prendre des tirs de qualité dans l’enclave hier.

Le chiffre du match: 12-1-0

C’est la fiche de Carey Price contre les Coyotes. Pas mal.