L'eau a peut-être coulé sous les ponts depuis la transaction qui a envoyé P.K. Subban aux Predators de Nashville contre Shea Weber. Mais en été, l'eau s'écoule visiblement moins rapidement!

Guillaume Lefrançois LA PRESSE

Michel Therrien s'adressait aux médias mardi matin pour la première fois depuis la transaction titanesque, et l'entraîneur-chef du Canadien a été criblé de questions sur sa relation avec le populaire numéro 76.

Cette relation, jugée problématique par plusieurs, à la lumière des différents blâmes publiquement adressés par Therrien à l'endroit de Subban au fil des années, était tout de même saine, a assuré l'entraîneur.

«Il ne faut pas faire l'erreur d'analyser les relations, a averti Therrien, en marge de son tournoi de golf, dont les fonds sont remis à la Fondation des Canadiens pour l'enfance. P.K. était apprécié de ses coéquipiers. Il était différent, et il était accepté comme il était. Pour les entraîneurs, l'important était que lorsqu'il venait, il venait pour jouer au hockey.

«J'adore mes joueurs. Est-ce que je peux faire plaisir à tout le monde chaque jour? Non, c'est impossible. Et si je le faisais, je ne ferais pas ma job. Des fois, un coach, c'est comme un père de famille. De temps en temps, le père doit dire à ses enfants: assez, c'est assez. Ça ne veut pas dire qu'on ne les aime pas, on les adore. Coacher, c'est la même chose.»

Pourtant, il y avait cette impression que Therrien chicanait souvent Subban, pour rester dans la métaphore. Et quand une équipe échange un joueur de sa trempe, on peut légitimement se demander s'il y a quelque chose qui cloche.

«Dans un marché comme Montréal, souvent c'est grossi. Mais (je ne le chicanais) pas plus que les autres», a répondu Therrien.

Weber accueilli à bras ouverts

Therrien cachait mal son enthousiasme d'accueillir Weber dans ses rangs.

«C'était l'occasion d'aller chercher un défenseur du calibre de Shea Weber au sommet de sa carrière. On connaît tous l'impact qu'il a dans ses équipes, que ce soit avec Nashville ou avec Équipe Canada pour les médailles d'or, a énuméré Therrien. Il a marqué 14 buts en avantage numérique l'an passé, il est dur à affronter. Il était à côté de nous, je lui ai demandé d'enlever ses épaulettes, il a dit: "je ne les ai pas!"

«C'est la chance d'aller chercher un défenseur élite de la Ligue nationale, une bonne présence et un grand leader. C'était ça, la décision. Le prix à payer était quand même élevé. Mais on pense qu'avec Weber, notre équipe s'est améliorée.»

Le pilote du CH a également rappelé les commentaires des anciens rivaux de Weber, qui étaient heureux de le voir quitter la division Centrale. Le capitaine des Blackhawks de Chicago, Jonathan Toews, l'avait d'ailleurs «remercié» d'avoir quitté la division sur Twitter.

«Les joueurs dans l'Ouest sont bien contents qu'il s'en vienne dans l'Est, et les gars dans l'Est sont moins contents de l'affronter plus souvent, a jugé Therrien. Il a une présence. Il est capable de faire une bonne relance, il a un tir frappé foudroyant. Il est à l'apogée de sa carrière, il a de l'expérience. Il a joué de grosses minutes. On parle de pression. Quand tu joues pour le Canada, que tu te bats pour la médaille d'or, et que c'est toi qui dois faire la différence par ton jeu. Il est habitué à cette pression.»

Un visage différent

C'est une équipe relativement différente que Therrien aura sous la main quand s'amorcera la prochaine saison, le 13 octobre prochain.

Partis, Subban et Lars Eller. À leur place, Weber et Andrew Shaw se sont greffés, tandis qu'Alexander Radulov a été rapatrié de Russie pour donner du mordant à l'attaque. «Le joueur le plus attrayant parmi les joueurs autonomes», a jugé Therrien, esquivant la question sur le passage chaotique de Radulov à Nashville en 2012.

Devant le filet, Carey Price devrait être de retour en santé, après avoir été limité à 12 matchs la saison dernière. Même son adjoint pourrait changer, puisqu'Al Montoya a été embauché pour se battre avec Mike Condon pour le poste d'auxiliaire.

L'idée derrière ces changements est évidemment de redresser la barque avec une saison catastrophique. Après avoir remporté ses neuf premiers matchs, le Tricolore s'est écroulé quand Price a subi sa deuxième et dernière blessure de la saison. À partir du 1er décembre, le CH a montré une fiche de 20-34-3, un dossier qui a exposé certaines faiblesses qui étaient visiblement masquées par Price. Dossier qui a aussi exposé des problèmes de leadership.

«J'aime les changements qu'on a faits cet été, que ce soit Radulov, Shaw, Weber, Montoya qui nous donne plus de profondeur. On a changé l'image de notre équipe», s'est réjoui Therrien.

Photo Ivanoh Demers, archives La Presse

Shea Weber et Michel Therrien lors d'un tournoi cet été.