Depuis que le Canadien a inscrit 3 buts, il y a deux semaines, contre le Wild du Minnesota - les visiteurs au Centre Bell mardi soir -, il a été limité à 11 buts en 7 rencontres.

Mis à jour le 19 nov. 2013
Marc Antoine Godin LA PRESSE

Une situation qui ne plaît guère à Max Pacioretty, qui n'a que 2 buts et 4 points en 14 matchs.

«Il faut fatiguer l'adversaire en étant plus souvent à l'attaque, a martelé l'Américain, qui en avait long à dire sur l'attaque anémique de l'équipe. Nous passons trop de temps dans notre zone et nous jouons trop sur les talons. Nous nous préoccupons trop de l'adversaire, alors qu'on devrait se soucier de l'attaquer.»

L'entraîneur-chef Michel Therrien s'est défendu de consacrer trop de temps à la défense, mais reconnaît que ses troupes ont besoin d'un électrochoc en attaque. C'est l'une des raisons pour lesquelles le trio de Lars Eller a été démembré, lundi. Brendan Gallagher s'est entraîné avec Pacioretty et David Desharnais - des compagnons familiers de l'an dernier -, alors que Brandon Prust prenait sa place auprès d'Eller et de Galchenyuk.

«On a fait des ajustements pour créer une offensive qu'on n'a pas présentement, surtout à cinq contre cinq», a expliqué Therrien.

Il est vrai que le Tricolore éprouve des ennuis à forces égales depuis plusieurs semaines. Après avoir amorcé la saison en marquant

20 buts à forces égales contre 13 buts concédés, la situation a basculé (7 buts pour, 15 buts contre).

«Nous sommes trop faciles à lire, a déploré Pacioretty. Tout le monde joue de la même façon. Nous sommes sur les talons alors que nous devrions prendre l'initiative du match.

«Même en avantage numérique, oui, on arrive à marquer des buts, mais on est trop prévisibles. Varier certaines pratiques avec la rondelle ferait de nous une meilleure équipe.»

Trois en échec avant

Le Canadien excelle lorsqu'il arrive à générer de la vitesse en zone neutre. La plupart du temps, il n'y arrive pas depuis une douzaine de matchs.

Or, cette léthargie réclame qu'il trouve des solutions aux systèmes défensifs qu'on lui oppose.

Depuis le lock-out de 2005, on compte de moins en moins de buts dans la LNH. Les systèmes défensifs ont toujours l'air un pas en avant sur les façons de générer de l'attaque.

«Les stratégies évoluent tous les deux ou trois ans, souligne Josh Gorges. Les équipes ont trouvé des façons de contrer l'échec avant à deux hommes, si bien qu'on voit de plus en plus un échec avant à trois hommes.

«Avec trois gars dans notre face, ça nous enlève du temps pour faire des jeux.»

Gorges en sait quelque chose. Cette pression accrue de l'adversaire a causé des ennuis au duo qu'il a formé jusqu'ici avec Raphael Diaz. «Le hockey se passe désormais devant le filet, c'est un jeu de buts vidangés, de batailles à un contre un qui se transportent vers le filet, résume Gorges. On ne voit plus beaucoup de tic-tac-toe ou de buts inscrits à la suite d'une attaque ouverte.»

La surcharge

Après que les changements du lock-out de 2005 eurent initialement porté leurs fruits, la LNH est revenue à la case départ.

«Des gens intelligents dans le hockey ont trouvé de nouvelles façons de contrer tout cela, mentionne Daniel Brière. Le concept de "surcharge" est l'une des nouvelles tendances.»

La surcharge en zone défensive - provoquer un surnombre en sa faveur dans les batailles en coin de patinoire - a été popularisée par Guy Boucher à Tampa Bay et adoptée très tôt par des formations comme les Devils du New Jersey et les Rangers du New York.

Le Canadien, lui, s'y est mis l'an dernier.

«Les joueurs sont tellement bons qu'il faut être dans leur face pour leur enlever le temps de faire des jeux», explique Josh Gorges.

En attaque, la surcharge a contribué à limiter les échanges de rondelle à l'extérieur de l'enclave (le fameux "cycling").

«Ce n'est pas obligé d'être ainsi, croit Pacioretty. Si l'adversaire a trois joueurs dans un coin, ça signifie qu'il y a une moitié de territoire entièrement libre. À nous d'en profiter.»

Triste spectacle, croit Brière

Partout dans la ligue, il est devenu plus difficile de marquer des buts. Certes, on note une légère augmentation (2,72 par équipe par match) par rapport aux trois campagnes précédentes. Mais il y a fort à parier que le jeu plus serré de la deuxième moitié de saison effacera cette augmentation.

Mais le spectacle en est déjà altéré, croit Daniel Brière.

«Je me mets dans la peau du partisan, je ne veux pas que le match soit fini après le premier but. Je veux qu'il y ait de l'action, que ça se relance.

«Le hockey est un spectacle, qu'on le veuille ou non. Ce n'est pas la faute des entraîneurs. Ils veulent gagner et ils trouvent de nouveaux moyens pour ralentir le jeu. Mais pour le spectacle, ce serait plus le fun si c'était plus excitant.»