On nous assure que l'enthousiasme de Roman Hamrlik est entier chez les Capitals de Washington. Mais on ne peut s'empêcher de penser que son coeur, lui, est resté à Montréal.

Mis à jour le 18 janv. 2012
Marc Antoine Godin LA PRESSE

«J'aurais aimé que le Canadien puisse gérer ma situation autrement», a admis Hamrlik quelques heures avant la rencontre opposant les Capitals au Tricolore. Ce dernier espérait que Pierre Gauthier prolonge à deux ans l'offre de contrat qui lui avait été soumise, mais le DG du Canadien en a décidé autrement.

«Je suis quand même reconnaissant qu'on m'ait donné la chance de jouer à Montréal, a poursuivi le défenseur originaire de la République tchèque. C'est mon deuxième chez-moi. J'entends revenir, non seulement pour les restos et la ville elle-même, mais aussi pour retrouver les amis que je me suis fait au fil des ans et que je n'ai pas pu emmener avec moi à Washington...»

L'arrière de 37 ans a connu un début de saison difficile à partir du moment où son partenaire à la ligne bleue, Mike Green, s'est retrouvé sur le carreau. Il se retrouvait avec un différentiel de -10 au moment où l'entraîneur-chef Bruce Boudreau a été remplacé par Dale Hunter.

À la même époque, Hamrlik a raté quatre rencontres en raison d'une blessure. À son retour, il n'était plus le même joueur et il présente depuis un niveau de jeu semblable à celui auquel il avait habitué les joueurs du Canadien.

«C'était un cheval», a raconté Josh Gorges en pensant aux quatre saisons qu'il a passées avec Hamrlik assis à ses côtés dans le vestiaire du Canadien.

«On sait à quel point il se trouvait vieux et qu'il parlait de ses vieux genoux. Parfois, je le voyais se pencher pour attacher ses patins et il y arrivait difficilement. Mais ensuite, il allait jouer 24 minutes par match, il frappait, il bloquait des lancers...»

Si Randy Cunneyworth emploie désormais sept défenseurs de façon à mieux répartir la tâche, c'est entre autres parce que l'équipe n'a plus Hamrlik pour engranger les minutes à forces égales. À chacune de ses quatre années à Montréal, celui-ci a été le joueur le plus utilisé à égalité numérique selon la moyenne par match.

Cette saison, le CH doit se tourner par exemple vers la recrue Raphael Diaz pour compléter le travail à forces égales qu'accomplissent Gorges et P.K. Subban.

«Nous dire qu'il nous manque serait un gros mot car des jeunes se sont révélés pour prendre la relève, a pris soin de noter Gorges. Mais comment peut-on remplacer 1300 matchs d'expérience dans la LNH? On ne peut pas. Roman a vécu presque toutes les situations au cours de sa carrière et, lorsque quelque chose arrivait, c'était une seconde nature pour lui de réagir de la bonne façon.»