Si Pierre Gauthier croyait pouvoir sortir de Boca Raton avec une politique de tolérance zéro à propos des coups à la tête, eh bien, c'est raté.

Mis à jour le 17 mars 2011
Richard Labbé LA PRESSE

Le directeur général du Canadien et ses collègues de la LNH ont mis fin à leurs rencontres, hier dans un hôtel de luxe en Floride, sans avoir pu élaborer une politique visant à éliminer les coups à la tête. Au mieux, ils ont établi une série de recommandations - peines plus lourdes, récidivistes punis plus sévèrement, clarification des règles concernant les assauts et les coups par- derrière - qui, croient-ils, vont permettre de rendre leur sport plus sécuritaire.

Malgré tout, Pierre Gauthier s'est dit heureux du travail accompli lors de ces trois jours de réunion sous les palmiers.

«Il y a encore du travail à faire, a-t-il dit au moment de quitter, hier midi. Mais je suis satisfait. On verra ce que ça va donner. Je pense qu'on va éliminer la majorité des coups à la tête, mais il ne faut pas non plus sauter aux conclusions.»

Une fois de plus, cette réunion a rappelé combien le sujet des coups à la tête divise les directeurs généraux du hockey.

Dans le coin du changement, il y a bien sûr Pierre Gauthier, de même que Ray Shero, des Penguins de Pittsburgh, et Jim Rutherford, des Hurricanes de la Caroline. Mais ils sont beaucoup plus nombreux en faveur du statu quo, un coin qui comprend les vétérans comme Brian Burke, des Maple Leafs de Toronto, mais aussi des plus jeunes comme Steve Yzerman, du Lightning de Tampa Bay.

Les recommandations des directeurs généraux seront maintenant étudiées par le nouveau comité de compétition de la LNH - qui comprend entre autres Yzerman et l'ex-joueur Brendan Shanahan -, pour ensuite être remises aux gouverneurs du circuit.

La prochaine réunion des gouverneurs a lieu en juin, et c'est là que les décisions seront prises concernant les suggestions qui ont été récoltées lors des réunions en Floride. «Si elles sont acceptées, ces suggestions entreront en vigueur la saison prochaine», a expliqué Jim Rutherford.

Rutherford, lui, ne sait toujours pas si on verra un jour l'abolition pure et simple des coups à la tête.

«C'est dur à dire... Attendons pour voir ce que ces dernières recommandations vont donner. Je crois que le règlement 48 de la Ligue a déjà permis de diminuer le nombre de coups dans un angle mort. Nos dernières recommandations vont permettre de réduire le nombre de coups à la tête. Ce que la Ligue veut, c'est réduire le nombre de ces coups-là sans pour autant changer complètement le style de la LNH.

«Je suis optimiste, a ajouté Rutherford. Je veux que ça change. Je suis satisfait du travail qui a été accompli ici cette semaine, mais je suis ouvert à l'idée d'en faire encore plus dans le futur.»

Les directeurs généraux ont profité de leur dernière journée en Floride, hier, pour discuter des reprises vidéo et de la fusillade. Parmi les propositions: revoir la légalité des fameux «spinorama» en fusillade, et la possibilité de pouvoir exiger la reprise vidéo à la suite d'un bâton élevé.

Il n'est toutefois pas question de se débarrasser de la fusillade. «Je déteste ça, mais nos fans aiment ça, alors la fusillade est là pour rester», a fait savoir Brian Burke.