Le thème de la parité est récurrent cette année dans la ligue canadienne de football. Le classement en témoigne alors qu'aucune équipe n'a réussi à distancer les autres et que chacune équipe peut se permettre de viser l'obtention de la Coupe Grey.

Matthieu Proulx, collaboration spéciale LA PRESSE

À titre d'exemple, les Alouettes ont connu une saison en dents de scie. Après un bon départ, ils se sont fait lessiver à Hamilton le 5 septembre avant de remettre les pendules à l'heure dans une victoire convaincante de 43 à 13 la semaine suivante contre ces mêmes Tiger-Cats. Suite à cette victoire, ils ont perdu aux mains des Blue Bombers mais ont ensuite offert leur meilleure performance de la saison à Edmonton alors qu'ils ont complètement dominé les Eskimos.

En réalité, aucune victoire n'est garantie cette année et les clubs de la ligue tentent de faire ce qu'ils peuvent pour ravir le premier rang de leur division respective. Des équipes, tels les Eskimos d'Edmonton, qui avaient débuté la saison sur les «chapeaux de roue», éprouvent présentement de la difficulté. À l'inverse, les Lions de la Colombie-Britannique, après un début de saison à oublier (cinq défaites) viennent d'aligner cinq victoires!

Après une belle fin de saison l'an dernier, les attentes étaient élevées pour le club du pacifique. En début de saison, la défensive semblait incapable de plaquer les joueurs offensifs et d'appliquer de la pression sur les quarts adverses. Au football, l'aptitude à plaquer un adversaire est un élément fondamental de tout bon joueur défensif et certains joueurs de l'équipe ne semblaient pas maîtriser la technique adéquate pour y arriver. Or, ce n'est pas au niveau professionnel que l'on peut apprendre la bonne technique à un joueur. Après toutes ces années de pratique, les gestes sont souvent automatiques et de mauvaises techniques auraient alors à être désapprises avant de pouvoir réapprendre la bonne  façon de faire. Les équipes n'ont généralement pas le luxe du temps pour faire de tels enseignements. Là n'est pas le but d'une ligue professionnelle non plus! Les Lions de la Colombie-Britannique ont donc dû procéder à plusieurs mutations et changements dans la tertiaire.

C'est ainsi que la défensive s'est tranquillement replacée. Sous les ordres de Mike Benevides, elle est revenue là où elle était habituée d'être depuis quelques années: au sommet. Elle mène actuellement la ligue au chapitre des points accordés et est deuxième avec 16 interceptions et 36 sacs du quart.

Du côté de l'offensive, c'est une transformation complète qu'a subie l'équipe au cours de la saison morte. Wally Buono a décidé de faire un virement jeunesse au sein de son unité et les résultats n'ont pas été convaincants en début de saison. Buono, à titre d'entraineur-chef le plus victorieux de l'histoire de la ligue canadienne de football, a décidé d'être patient.

À sa première saison complète comme pivot numéro un de l'équipe, Travis Lulay a mis un certain temps à développer une chimie avec son nouveau groupe de receveurs peu expérimentés mais y est finalement arrivé. Les receveurs Akeem Foster et Shawn Gore ont tous deux, à leur deuxième saison avec le club, bien complémenté les vétérans Geroy Simon et Arland Bruce. L'ajout de Bruce, acquis d'Hamilton au cours de la saison, a été une bougie d'allumage pour le groupe de receveurs. Un autre bon coup de Buono.

Les Lions sont ainsi devenus une des puissances pour le dernier droit de la saison. S'ils réussissent à demeurer en santé et à bâtir sur cette solide fondation, ils pourraient être de sérieux prétendants au championnat.

D'ailleurs, avec le nombre élevé de blessures dans la ligue cette saison, cela pourrait bien constituer l'élément clé et être le facteur déterminant du club qui remportera la 99e Coupe Grey. Au rythme où il se fait frapper, espérons qu'Anthony Calvillo sera en mesure de terminer la saison pour mener son équipe vers une troisième conquête consécutive. Alors que j'aborde le sujet, même s'il est en santé en pour le match de vendredi, pourquoi ne pas lui laisser un repos et permettre à Adrian McPherson de jouer un peu. Qui sait, nous pourrions peut-être avoir besoin d'un autre quart-arrière un jour!