Le propriétaire des Commanders de Washington, Dan Snyder, a mené une « enquête fantôme » qui avait pour objectif de discréditer d’ex-employés qui ont porté des accusations de harcèlement sexuel sur leur lieu de travail ; a embauché des détectives privés pour intimider des témoins ; en plus d’utiliser une poursuite à l’étranger comme prétexte pour obtenir des relevés téléphoniques et des courriels, selon un document rendu public par un comité de la Chambre des représentants.

Mis à jour le 22 juin
Ben Nuckols Associated Press

Le Comité de surveillance et de réforme mène une enquête sur la culture dans l’environnement de travail des Commanders à la suite d’accusations de harcèlement sexuel par des dirigeants du club à l’endroit d’employées. Il a rendu public ce document avant une audience mercredi, pendant laquelle le commissaire de la NFL, Roger Goodell, a témoigné par visioconférence de New York.

Snyder a été invité à témoigner, mais il a refusé, expliquant qu’il était à l’étranger par affaire et qu’il avait des inquiétudes au sujet des procédures du comité. La présidente du comité, la démocrate Carolyn Maloney, a annoncé durant l’audience qu’elle allait émettre une assignation à comparaître pour obliger Snyder à témoigner la semaine prochaine.

Le document de 29 pages allègue que Snyder a tenté de discréditer les gens qui ont accusé les dirigeants du club et Snyder d’inconduite et qu’il a aussi tenté d’influencer une enquête menée sur l’équipe pour la NFL par le cabinet de l’avocate Beth Wilkinson.

Photo Patrick Semansky, archives Associated Press

Dan Snyder

Les avocats de Snyder ont présenté un document PowerPoint de 100 écrans qui comprenait des « messages texte privés, des courriels, des relevés téléphoniques et des transcriptions d’appels, ainsi que des messages laissés sur leurs réseaux sociaux de 50 personnes que Snyder croit être impliquées dans un complot pour le dénigrer », selon le comité.

Par communiqué, une porte-parole du club a qualifié le rapport du comité et ces audiences « procès-spectacle à caractère politique », ajoutant que le Congrès « ne devrait pas enquêter sur une affaire réglée par le club il y a des années ».

Goodell a assuré au comité que la culture d’entreprise avait changé chez les Commanders à la suite de l’enquête de Wilkinson et que « Dan Snyder a pris ses responsabilités. Quand la représentante démocrate Rashida Tlaib lui a demandé s’il allait obliger Snyder à céder sa place, Goodell a répondu qu’il n’a pas cette autorité.

Un propriétaire d’équipe peut être forcer de se retirer si le trois-quarts des propriétaires, soit 24, votent en ce sens.

La NFL a imposé une amende de 10 millions US aux Commanders l’an dernier et Snyder s’est retiré de la gestion quotidienne du club après que Wilkinson eut présenté ses conclusions à Goodell. La ligue n’a toutefois pas publié un rapport écrit de ces conclusions, une décision prise pour protéger la vie privée des ex-employées qui ont répondu aux questions des enquêteurs, a dit Goodell.

Quand elle a annoncé la sanction, la NFL a déclaré qu’aucune des personnes accusées de harcèlement sexuel n’était encore à l’emploi des Commanders. Mais deux accusations distinctes de harcèlement sexuel contre Snyder lui-même ont depuis été déposée.

L’ex-employée Tiffani Johnston a déclaré au comité que Snyder l’avait tripotée lors d’un dîner d’équipe et a tenté de la faire monter de force dans sa limousine, ce que nie Snyder. Le Washington Post a rapporté mardi qu’une femme a accusé Snyder d’agression sexuel sur un vol nolisé de l’équipe en 2009, ce qui a entraîné un règlement de 1,6 million.

Goodell a admis mercredi qu’il était au courant des allégations de 2009 et que Snyder n’avait pas informé la ligue à ce moment, ce qui constitue une infraction au code de conduite de la NFL.

Les allégations de Johnston ont mené la NFL à embaucher l’ex-présidente de la Security and Exchange Commission américaine Mary Jo White afin qu’elle mène une nouvelle enquête sur Snyder et l’équipe. La ligue souhaite rendre publiques ses conclusions.

Maloney a fait adopter des règles pour enrayer l’utilisation d’entente de non-divulgation en milieux de travail et pour offrir une protection aux employés dont l’image professionnelle est utilisée de façon inappropriée. Parmi les accusations contre les Commanders figurent le cas d’employés qui auraient produit une vidéo de scènes osées qui n’avaient pas été retenues pendant une séance photo impliquant les cheerleaders de l’équipe.

Selon le document, Snyder a utilisé une poursuite en diffamation contre un obscur média en ligne basé en Inde comme prétexte pour obtenir des courriels, relevés téléphoniques et messages texte d’ex-employés qui ont contacté le Washington Post au sujet de harcèlement sur les lieux de travail. Les assignations judiciaires étaient inhabituellement imprécises et plusieurs des personnes ciblées ne pouvaient avoir un lien plausible avec la compagnie indienne, a statué le comité.

Le comité allègue également que Snyder a tenté de rejeter le blâme sur l’ex-président Bruce Allen pour les problèmes de culture d’entreprise et que le propriétaire a fourni à Wilkinson et la NFL 400 000 courriels provenant du compte d’Allen, identifiant ceux qu’ils trouvaient particulièrement inappropriés. Certains des échanges courriels avec Allen contenaient des propos misogynes et homophobes de la part de l’entraîneur-chef Jon Gruden, qui ont été coulés à des journalistes et mené à son congédiement par les Raiders de Las Vegas.

Des témoins ont également raconté au comité que Snyder a envoyé des détectives privés à leur domicile afin de leur offrir des pots-de-vin contre leur silence. La NFL était au courant de l’utilisation de ces détectives de la part de Snyder, selon des documents obtenus par le comité, mais cela n’a pas empêché cette pratique, ont affirmé des témoins.

Une nouvelle allégation est venue de David Pauken, l’ex-chef de l’exploitation du club de Washington, qui déclaré dans une déposition rendue publique mercredi que Snyder a directement ordonné le congédiement de deux employées pour avoir eu des relations sexuelles avec un joueur et un entraîneur. Les deux hommes impliqués n’ont pas été sanctionnés.

Les représentants républicains du comité ont accusé les démocrates de s’en prendre à un club de la NFL afin de créer une diversion pour des dossiers de plus grandes importances. Ils accusent aussi le comité de s’attaquer à un dossier hors de sa juridiction.

Maloney a répliqué que le comité a l’autorité d’enquêter sur « tout et n’importe quoi », avant de préciser que le comité pouvait enquêter sur tous les sujets soumis à son pouvoir législatif.