Les Rams de Los Angeles ont remporté leur pari. Ils disputeront le Super Bowl dans leur magnifique SoFi Stadium après être venus à bout des 49ers de San Francisco 20-17, dimanche soir.

Publié le 30 janvier
Miguel Bujold
Miguel Bujold La Presse

Les quatre matchs du deuxième tour ainsi que la première des deux finales de conférence s’étaient tous terminés sur le dernier jeu. Ce ne fut pas le cas dans la rencontre Niners-Rams, mais elle a tout de même été excitante du botté d’envoi jusqu’à la toute fin.

Il restait un peu moins de deux minutes à écouler au tableau indicateur lorsque Jimmy Garoppolo a eu l’occasion de mener les 49ers à un placement qui aurait créé l’égalité ou à un touché victorieux. Le quart-arrière aurait ainsi pu s’établir comme un joueur de premier plan. Il n’y est pas parvenu.

Pourchassé par Aaron Donald, Garoppolo s’est débarrassé du ballon en désespoir de cause, et le secondeur Travin Howard a réussi l’interception qui a concrétisé la victoire des Rams. Los Angeles avait perdu ses six dernières parties contre San Francisco.

Le jeu clé du match ? Ce fut peut-être l’interception facile qu’a ratée Jaquiski Tartt, le demi de sûreté des 49ers. En interceptant une longue passe de Matthew Stafford qui manquait de puissance, Tartt aurait possiblement porté le coup de trop aux Rams, qui tiraient de l’arrière 17-7 au début du 4e quart.

Les Rams ont plutôt marqué 13 points au cours de cette dernière période de jeu, profitant d’une autre excellente performance de Cooper Kupp. L’ailier espacé a attrapé 11 passes pour 142 verges et a marqué 2 touchés. C’était son 13e match (saison et éliminatoires) de 100 verges ou plus, ce qui lui a permis d’éclipser la marque de 12 matchs qu’avait réussie Michael Irvin en 1995.

Odell Beckham fils s’est illustré, lui aussi, grâce à un match de 9 attrapés pour 113 verges. Comme il l’avait fait dans les deux premiers matchs éliminatoires des siens, Stafford a démontré beaucoup de sang-froid. Nick Bosa et le front défensif des Niners ne lui ont jamais permis de se sentir à l’aise dans sa pochette, mais Stafford a tout de même récolté 337 verges de gains (31 en 45).

Garoppolo n’a pas été mauvais (16 en 30 pour 232 verges, 2 touchés et 1 interception) mais, comme lors du Super Bowl d’il y a deux ans, il a été incapable de réussir le jeu qui aurait pu assommer l’adversaire. Et comme ils l’avaient fait lors de cette finale face aux Chiefs de Kansas City, les Niners ont laissé filer une avance de 10 points.

Après avoir sacrifié trois premiers choix afin de pouvoir sélectionner le quart Trey Lance le printemps dernier, les 49ers chercheront probablement à échanger Garoppolo au cours des prochaines semaines. Ce dernier pourrait s’avérer un plan B intéressant pour une équipe qui reluquerait Aaron Rodgers ou Russell Wilson.

Un mot sur Deebo Samuel, qui était inconsolable après la partie. On peut comprendre cette émotivité. Ce joueur fournit un effort colossal à tous les jeux et ne craint jamais de sacrifier son corps afin d’aller chercher quelques verges supplémentaires. Vous avez vu son touché de 44 verges ? De toute beauté. Le Hines Ward de sa génération, mais en plus rapide et explosif.

PHOTO JED JACOBSOHN, ASSOCIATED PRESS

Deebo Samuel

Les Niners ont un excellent noyau de joueurs avec Samuel, Bosa, George Kittle, Trent Williams, Fred Warner, Arik Armstead et Brandon Aiyuk. Puisque Lance ne leur coûtera pas trop cher au niveau salarial au cours des prochaines années, on soupçonne qu’ils seront actifs sur le marché des joueurs autonomes afin de mieux entourer ce noyau en mars.

Des étoiles pour une ville d’étoiles

L’objectif du propriétaire Stan Kroenke lorsqu’il a fait construire son palace était clair. Il voulait voir ses Rams y disputer le Super Bowl lorsque l’évènement sportif par excellence en Amérique du Nord y serait présenté. Mission accomplie.

Les Rams ont sacrifié TOUS leurs choix de premier tour entre 2018 et 2023. Ça leur aura permis entre autres d’obtenir des joueurs étoiles comme Stafford et Jalen Ramsey. Ils n’avaient plus vraiment de premiers choix à échanger aux Broncos de Denver afin d’ajouter Von Miller cet automne. Pas de problème : ils ont cette fois sacrifié leur deuxième et leur troisième sélection en avril… Il faut comprendre que, dans la NFL, un choix de deuxième ou de troisième tour, c’est de l’or. Ce n’est pas comme dans la LNH ; les joueurs sélectionnés dans la NFL doivent jouer et contribuer rapidement.

Heureusement pour eux, les Rams ont pu embaucher Odell Beckham fils sans que cela ne leur coûte du capital au repêchage puisque le receveur avait été libéré par les Browns de Cleveland. C’est un autre joueur étoile qui se greffait à une équipe qui en possédait déjà une impressionnante collection lorsqu’on ajoute Donald et Kupp…

À l’instar des Buccaneers de Tampa Bay de l’année dernière, les Rams se sont paqueté une équipe pour jouer le Super Bowl chez eux et leur va-tout a fonctionné. La fin heureuse est loin d’être sûre, mais l’intérêt que générera le Super Bowl à Los Angeles au cours des deux prochaines semaines sera très important pour la suite des choses.

Los Angeles n’a pas eu d’équipe de la NFL durant 20 ans, et les Rams ont du travail devant eux avant de reconquérir le cœur d’une population qui a amplement de choix lorsque vient le temps de se divertir. Il y avait d’ailleurs autant de partisans des 49ers que des Rams, dimanche soir, ce qui a donné une ambiance comparable à celle que l’on voit davantage dans les matchs de la NCAA.

Bref, les Rams avaient besoin de joueurs étoiles et, encore plus, d’une participation au Super Bowl afin de prendre leur place dans la deuxième ville en importance des États-Unis. Voilà qui est fait.