Personne chez les Alouettes n’est satisfait de la dernière saison, qui a pris fin il y a une dizaine de jours. L’équipe n’a pas offert des performances à la hauteur des attentes, et l’indiscipline a été un facteur important dans ces décevants résultats.

Publié le 8 déc. 2021
Miguel Bujold
Miguel Bujold La Presse

Mais l’organisation regarde dorénavant vers 2022, alors que plusieurs dossiers devront être réglés au cours des prochaines semaines et des prochains mois.

Coup d’œil sur les principaux chantiers sur lesquels le directeur général Danny Maciocia et les Alouettes travailleront durant la saison morte.

Le premier domino

La première décision d’importance que devront prendre les Alouettes concerne l’avenir de l’entraîneur-chef Khari Jones avec l’équipe. Même si les deux côtés ont exprimé le souhait de poursuivre leur association, aux dernières nouvelles, rien n’avait encore été confirmé. Il ne reste qu’une saison à écouler au contrat de Jones, qui a essentiellement dit qu’il accepterait de diriger l’équipe en 2022 même s’il ne signait pas une prolongation d’ici là.

Le manque de discipline de l’équipe en 2021 a été un sérieux problème, et le directeur général Danny Maciocia a clairement indiqué que certaines choses devraient changer afin que Jones puisse conserver son poste. C’est le premier domino qui devra tomber avant que les autres parties de l’équation puissent suivre.

Adams fils dans les bonnes grâces

PHOTO JASON FRANSON, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

Vernon Adams fils

Au deuxième rang des décisions les plus importantes de la saison morte pour les Alouettes : le quart-arrière partant en vue de la prochaine saison. Ce que l’on sait, c’est que Vernon Adams fils est dans les bonnes grâces de l’organisation et qu’il est très aimé par une majorité de gens. Adams fils n’a certainement pas la même puissance de bras ni la précision que possède Trevor Harris, mais il a plusieurs qualités que n’a pas Harris, à commencer par une bonne mobilité. Adams fils aide sa ligne grâce à sa capacité à quitter sa pochette lorsqu’il y a trop de pression.

Rappelons que Harris a perdu le ballon trois fois après avoir été frappé derrière sa ligne lors de la demi-finale de l’Est à Hamilton. Adams fils a souvent été au sommet de sa forme en fin de match lorsqu’il devait absolument l’être, ce qui a rarement été le cas de Harris au cours de sa carrière. Ajoutez à cela la différence d’âge entre les deux joueurs (Harris aura 36 ans au début de la saison prochaine alors qu’Adams fils en aura 29), et le fait que les Alouettes penchent actuellement du côté d’Adams fils ne devrait surprendre personne.

Qui protégera l’angle mort ?

Danny Maciocia n’a pas mis de temps à garder 80 % de sa ligne offensive intacte en vue de 2022 alors qu’il a récemment conclu des ententes de deux ans avec les gardes Kristian Matte et Philippe Gagnon, le centre Sean Jamieson et le bloqueur à droite Landon Rice, tous des joueurs canadiens. Il reste toutefois à pourvoir le poste de plus important du quintette, celui de bloqueur à gauche.

Le contrat de Tony Washington viendra à échéance en février et le moment est peut-être venu d’effectuer un changement. Washington a été blessé durant une bonne partie de la saison et fêtera ses 36 ans cet hiver. Les Alouettes pourraient opter pour le remplacer par un autre joueur qui fait actuellement partie du club et qui pourrait devenir joueur autonome dans quelques mois, Chris Schleuger. Chaque fois que Schleuger a joué, il a bien fait avec les Alouettes. Il a 10 ans de moins que Washington et ne commanderait sûrement pas un salaire très élevé pour un bloqueur à gauche.

Lewis, Wieneke, ou les deux ?

PHOTO ROBERT SKINNER, ARCHIVES LA PRESSE

Eugene Lewis

Eugene Lewis et Jake Wieneke ne sont pas seulement deux des meilleurs receveurs de la LCF, ils sont également deux des meilleurs joueurs des Alouettes. Danny Maciocia parviendra-t-il à garder les deux hommes à Montréal, eux qui obtiendront leur autonomie en février ? Sinon, on peut présumer que quelques jeunes receveurs qui toucheront des salaires modestes devront éclore et jouer un rôle important la saison prochaine.

Reggie White fils devrait être l’un de ces joueurs et Quan Bray est sous contrat pour une autre saison. B. J. Cunningham et Dante Absher seront quant à eux libres de négocier avec l’équipe de leur choix dans deux mois et des poussières. En plus de leur jeu, Lewis et Wieneke sont de bons joueurs d’équipe qui mènent par l’exemple et qui ont une attitude exemplaire, ce qu’on ne voit pas si souvent chez des receveurs.

L’embarras du choix

Lorsqu’il a été question de ses priorités avant l’ouverture du marché des joueurs autonomes en février prochain, Danny Maciocia a mentionné le nom de quelques joueurs de ligne défensive lors du bilan de l’état-major des Alouettes, jeudi dernier. Nick Usher, Woody Baron et Michael Wakefield pour être plus précis. C’est sans parler du Québécois David Ménard, qui devrait être de retour dans le nid si le prix est équitable pour les deux côtés. Almondo Sewell et Jamal Davis II sont quant à eux déjà sous contrat pour 2022.

Maciocia voulait améliorer la ligne défensive à sa première saison avec les Als et c’est ce qu’il a fait. Il voudra certainement s’assurer de conserver cet acquis. Sur le plan de la tertiaire, les Alouettes auront également l’embarras du choix alors que Greg Reid, Patrick Levels, Monshadrik « Money » Hunter, Najee Murray et Tyquwan Glass pourraient tous tester le marché. Reid, Levels et Hunter devraient être les priorités.

Des changements sur les unités spéciales ?

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, ARCHIVES LA PRESSE

David Côté (15)

Danny Maciocia en a fait sourire plusieurs lorsqu’il a dit, lors du bilan de fin de saison, jeudi dernier, qu’il avait parfois l’impression en les regardant jouer que les unités de retours de botté des Alouettes ne savaient pas qu’elles pouvaient effectuer des blocs… Il a également abondamment été question de l’indiscipline des unités spéciales lors de cette rencontre avec les journalistes.

Les Alouettes ont accordé quelques longs retours de botté et en ont réussi très peu en 2021. Bref, à l’exception des botteurs David Côté et Joseph Zema, les unités spéciales des Oiseaux ont représenté une faiblesse cette saison et des changements importants pourraient suivre. Coordonnateur des unités spéciales de l’équipe depuis 2018, Mickey Donovan sera-t-il de retour ?

Le mandat de Mario Cecchini

Les Alouettes ont pris la bonne décision en choisissant d’arrêter d’offrir des billets gratuits en quantité industrielle. En plus de fausser la donne, cette stratégie n’était pas respectueuse pour la clientèle payante, comme l’a lui-même fait remarquer le président du club, Mario Cecchini, jeudi dernier. Bien que les assistances aient été un peu décevantes, les chiffres dans l’ensemble ont été meilleurs, et ce, après une année d’inactivité et alors que la pandémie n’est toujours pas terminée.

Quelques facteurs peuvent expliquer cette progression : une meilleure équipe que lors de la traversée du désert de 2016 à 2018 ; l’arrivée de Cecchini et de Maciocia, de même que la place de plus en plus grande qu’occupent les Québécois dans l’équipe ; puis la présence de quelques joueurs étoiles comme William Stanback, Eugene Lewis et Jake Wieneke, notamment.

L’organisation devra continuer de bâtir sur ce modeste succès, et Cecchini aura pour mandat d’améliorer la présence du club dans le paysage montréalais et québécois. Le président possède les contacts nécessaires dans le monde des affaires, et la proximité entre l’équipe et son public semble lui tenir à cœur, ce qui n’est actuellement pas si simple à faire en raison de la COVID-19. Élargir la clientèle cible, particulièrement dans les différentes communautés culturelles, devrait également être un objectif important du club.

On a bien vu que le Canadien ne ferait aucune faveur aux autres équipes professionnelles de Montréal lorsqu’il a annoncé le départ de Marc Bergevin en plein match éliminatoire des Alouettes, le 28 novembre. Cecchini et les Alouettes devront donc continuer de batailler pour faire leur place.