L’état-major des Alouettes rencontrera les membres des médias pour faire son bilan de fin de saison, jeudi après-midi, au Stade olympique.

Publié le 30 nov. 2021
Miguel Bujold
Miguel Bujold La Presse

Mardi, ce sont les joueurs de l’équipe qui ont répondu aux questions des journalistes et le constat était le même pour tout le monde : les Alouettes de 2021 ont « sous-performé » et ont perdu trop de matchs en raison de leur indiscipline et de leurs erreurs, dont celui de dimanche à Hamilton.

« On avait de grands espoirs pour cette saison et on sait qu’on forme une bien meilleure équipe que ce qu’on a démontré cette année. On doit se regrouper et revenir meilleurs et plus intelligents afin de nous assurer de faire les choses de la bonne façon pour gagner davantage », a analysé le porteur de ballon William Stanback.

« Tout le monde dans notre vestiaire croit qu’on a une meilleure équipe que ce qu’on a démontré sur le terrain. On est convaincus encore à ce jour qu’on forme une meilleure équipe que notre adversaire de la fin de semaine [les Tiger-Cats de Hamilton]. Mais on n’a pas réussi à faire ce qu’on devait et certains détails, dont les pénalités, sont revenus nous hanter », a dit le botteur David Côté.

« On peut bien penser qu’on est meilleurs que les autres, mais si on commet cinq revirements et qu’on a plus de 100 verges de pénalités, ça ne prend pas plus pour nous couler », a ajouté le Québécois, faisant référence à la défaite en demi-finale de l’Est.

PHOTO MARTIN TREMBLAY, ARCHIVES LA PRESSE

David Côté (15)

« Le plus frustrant, c’est que je continue de penser qu’on avait un club pour se rendre jusqu’au bout et atteindre les grands honneurs. Mais le football est un sport de détails et d’erreurs, et on s’est tiré dans le pied », a résumé David Ménard, qui a subi une commotion cérébrale à Hamilton. L’ailier défensif a indiqué qu’il se sentait bien, mardi.

Responsabilité

Ce fut effectivement l’histoire de la saison des Moineaux : l’autodestruction. La question est de savoir à qui revient le blâme.

Si l’on se fie à l’invitation des Alouettes, Khari Jones sera présent à la conférence de presse de l’équipe, jeudi. Mais lorsqu’il a été congédié en 2016, Jim Popp devait également être présent au bilan de fin de saison… Il était déjà reparti pour la Caroline du Nord lorsque les journalistes sont arrivés au Stade olympique.

Lorsqu’on a posé une question à Stanback au sujet d’un potentiel changement d’entraîneur, le demi offensif a répondu qu’il préférait ne pas parler de ça. Étrange. Quant à Eugene Lewis, il a rappelé que les membres d’une équipe de football professionnel connaissaient les risques associés à une répétition d’erreurs.

PHOTO GRAHAM HUGHES, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

Eugene Lewis

« À un certain moment, on ne peut plus seulement s’excuser de commettre des erreurs. Nous sommes des professionnels et on doit être responsables. Si on ne corrige pas ses erreurs, on va probablement finir par perdre son poste. C’est de cette façon que ça fonctionne partout ailleurs. La marge d’erreur dans le sport professionnel est très mince et on ne peut pas constamment répéter les mêmes fautes », a commenté Lewis.

L’équipe d’Adams fils ?

Pour ce que ça vaut, Vernon Adams fils a participé à la visioconférence du club, mardi, contrairement à Trevor Harris. Adams fils n’avait toutefois reçu aucune garantie de la part de l’organisation quant à son avenir avec l’équipe lorsqu’il s’est entretenu avec les journalistes.

« J’ai un contrat pour la saison prochaine et je vais travailler en fonction du prochain camp d’entraînement. Je vais me préparer du mieux que je le peux et on verra ce qui se déroulera. Je sais que je dois prouver à cette ville, à moi-même et à ma famille que je mérite d’être un quart partant dans la LCF. »

PHOTO FRANÇOIS ROY, ARCHIVES LA PRESSE

Vernon Adams fils

S’il est de retour avec les Alouettes, Adams fils espère qu’il retrouvera Jones. Selon lui, l’entraîneur-chef mérite de conserver son poste.

« Assurément. Khari est mon homme. On a connu plusieurs saisons de misère et c’est lorsqu’il est arrivé que l’équipe a pris son envol. Notre fiche n’a pas été ce que l’on souhaitait [7-7] cette saison, mais on a tout de même participé aux éliminatoires deux années de suite. C’est l’homme de la situation et j’espère qu’il sera de retour la saison prochaine et que je serai ici avec lui. Il a mon soutien à 100 %. »

Selon Lewis, il fait peu de doute que le poste de quart partant, lui, devrait revenir à Adams fils. Le receveur étoile estime qu’il serait en mesure de mener les siens au match de la Coupe Grey.

« Ne pas pouvoir compter sur Vernon a sûrement affecté notre équipe à un moment ou à un autre, car c’est notre quart-arrière et c’est lui qui va nous permettre de franchir la prochaine étape. Mais lorsque [Matthew] Shiltz et Trevor [Harris] ont joué, on avait confiance en eux aussi », a dit l’ailier espacé.

Lewis pourrait par ailleurs obtenir son autonomie en février. S’attend-il à être de retour à Montréal en 2022 ?

« Pour le moment, je n’ai toujours pas digéré notre défaite de dimanche. Je vais penser à tout ça prochainement, mais j’ai encore du temps devant moi pour y réfléchir. Je vais discuter avec mes agents, les autres entraîneurs, Danny [Maciocia] et Mario [Cecchini]. »

Ménard : décision facile

Comme celui de Lewis, le contrat de l’ailier défensif David Ménard viendra à échéance dans quelques mois. Nommé meilleur joueur canadien et joueur défensif par excellence du club en 2021, Ménard veut rester avec les Alouettes.

« C’est clairement mon souhait, mais on est tous conscients que la LCF est une ligue où il y a beaucoup de changements d’une année à l’autre. Je ne sais pas ce que l’avenir me réserve, mais j’aimerais être de retour avec l’équipe. »

PHOTO MARTIN TREMBLAY, ARCHIVES LA PRESSE

David Ménard

En 2019, Ménard avait été libéré par les Lions de la Colombie-Britannique avant d’être réembauché par l’équipe. Sa carrière dans la LCF semblait incertaine. Les choses ont considérablement changé cette année.

Ménard vient de connaître la meilleure campagne de sa carrière et a prouvé qu’il pouvait être un joueur partant sur la ligne défensive. Il est l’un des meilleurs joueurs québécois de la LCF, sinon le meilleur. Son avenir dans la LCF semble assuré pour les prochaines années, même si Ménard ne veut rien tenir pour acquis.

« Je n’ai jamais douté que je pouvais jouer dans la LCF, mais je pense que la saison a effectivement servi à m’établir et à le prouver. »

J’aimerais rester ici pour plusieurs années et terminer ma carrière avec les Alouettes, mais on ne sait jamais ce que la LCF nous réserve.

David Ménard

Non seulement Ménard est-il un très bon joueur, il est rapidement devenu l’un des membres de l’équipe les plus appréciés des médias montréalais, notamment pour son franc-parler. Toujours intéressant et généreux de son temps.

L’avenir dans l’équipe de certains membres des Alouettes semble incertain pour l’heure, mais il serait extrêmement étonnant que Ménard n’obtienne pas un nouveau contrat prochainement. Danny Maciocia a dirigé Ménard avec les Carabins de l’Université de Montréal et vous pouvez parier qu’il ne le laissera pas partir.