On a fait le tour de ce qui pouvait être dit à l’aube du match éliminatoire de ce dimanche (13 h) entre les Alouettes et les Tiger-Cats de Hamilton, deux équipes qui ont un respect mutuel l’une pour l’autre, mais qui ne s’aiment pas du tout.

Publié le 28 nov. 2021
Miguel Bujold
Miguel Bujold La Presse

Chaque fois que ces deux formations s’affrontent, ça joue dur sur le terrain, et les prises de bec entre les coups de sifflet sont nombreuses. La discipline sera de mise dans les deux camps lors de la demi-finale de l’Est au Tim Horton’s Field, mais l’action entre les lignes blanches ne manquera pas d’intensité.

Comme on le sait, William Stanback n’est pas parvenu à se mettre en marche lors des deux matchs entre les deux rivaux cette saison. Le représentant de la division Est pour le titre de joueur par excellence de l’année a été limité à un total de 99 verges en 24 courses au cours de ces deux parties.

PHOTO BERNARD BRAULT, ARCHIVES LA PRESSE

Le demi offensif William Stanback

Mais si Stanback et la ligne offensive des Alouettes, dont quatre des membres viennent de signer de nouveaux contrats, connaissent des difficultés une fois de plus contre Hamilton, il y aura de l’espoir malgré tout grâce à la présence de Trevor Harris, qui est certainement capable de gagner un match à lui seul ou presque s’il est bien protégé.

Harris a réussi six passes de touchés lors de la finale de l’Est de 2018, un record de la LCF pour un match éliminatoire, alors que le Rouge et Noir d’Ottawa et lui avaient éliminé les Tiger-Cats. Avec les Eskimos d’Edmonton, il y a deux ans, il a commencé son match éliminatoire face aux Alouettes en réussissant ses 22 premières passes. S’il est à l’aise dans sa pochette, Harris peut dépecer une tertiaire comme peu d’autres quarts sont capables de le faire dans la LCF.

En contrepartie, les joueurs qui forment le noyau dur de la défense des Tiger-Cats sont des vrais de vrais. Ted Laurent, Dylan Wynn et Simoni Lawrence ne s’en laissent jamais imposer et le mot d’ordre sera de frapper Harris durement, et le plus tôt possible.

De l’autre côté du ballon, c’est le jeu de Jeremiah Masoli qui devrait décider du genre de match que connaîtra l’attaque des Tiger-Cats. Après cinq saisons complètes comme quart partant de l’équipe, Masoli demeure une énigme. Tantôt spectaculaire, tantôt très ordinaire, il pourrait obtenir son autonomie en février, et son jeu à partir de ce dimanche pourrait être déterminant quant à son avenir avec les Tiger-Cats, qui possèdent un autre bon quart en Dane Evans.

Les Tiger-Cats comptent sur quatre receveurs qui ont capté au moins 40 passes cette saison, dont Brandon Banks, qui demeure leur joueur offensif le plus dangereux. Au sol, le Québécois Sean Thomas Erlington et Don Jackson forment un duo respectable.

La défense des Alouettes est très bonne… lorsqu’elle contrôle ses émotions. C’est toujours un défi pour elle de le faire, et le plus récent exemple est la garantie de Patrick Levels. Sans se faire prier, le secondeur a été incapable de se contenir et a garanti une victoire des Alouettes, lundi. La nouvelle s’est vite rendue dans le sud de l’Ontario, mais les Tiger-Cats n’ont à peu près pas réagi.

La différence dans ce match pourrait être le jeu des unités spéciales. Les Alouettes ont changé de « retourneur » toutes les deux minutes depuis la blessure de Mario Alford et leurs unités de couverture ont accordé quelques longs retours durant la saison. Ça pourrait être un problème contre le groupe de Jeff Reinebold, un excellent entraîneur d’unités spéciales qui a normalement un truc ou deux dans sa manche.

Si les Alouettes n’avaient pas passé une bonne partie de la saison à inventer de nouvelles façons de laisser filer des victoires, ils seraient en congé ce week-end. Ce sont les Argonauts de Toronto qui auraient affronté les Tiger-Cats en demi-finale de division, alors que les Alouettes auraient déjà leur place en finale de l’Est, qu’ils auraient disputée à domicile.

Ils devront plutôt aller vaincre une équipe qui a une fiche de 15-2 (saison et éliminatoires) au Tim Horton’s Field depuis qu’elle est dirigée par Orlando Steinauer. Une équipe qui espère justement pouvoir disputer le match de la Coupe Grey dans son stade et devant ses partisans dans deux semaines.

Les Alouettes possèdent les outils pour relever ce défi. Leur propension à s’autodétruire dans les moments importants n’est toutefois rien pour inspirer de la confiance. L’équipe de Khari Jones en mettra plein les bras aux Tiger-Cats, mais ne parviendra pas à réussir le jeu clé au quatrième quart.

Notre prédiction : Alouettes 25, Tiger-Cats 29