C’est un match à l’image de leur saison que les Alouettes ont perdu à Hamilton, dimanche après-midi. Ils ont mis fin à une campagne des plus décevantes pour l’organisation et ses partisans avec un revers de 23-12 aux mains des Tiger-Cats, qui ont joué avec plus de combativité qu’eux.

Publié le 28 nov. 2021
Miguel Bujold
Miguel Bujold La Presse

Équipe la plus pénalisée de la LCF en saison, les Alouettes ont écopé de pénalités coûteuses. Et comme ils l’avaient souvent fait au cours des derniers mois, les revirements ont également été un facteur déterminant alors que les Alouettes en ont commis cinq contre aucun pour Hamilton.

Trevor Harris a échappé et perdu le ballon à trois occasions, en plus de lancer une interception. L’autre revirement est survenu en fin de match alors que les Alouettes ont été incapables de convertir un troisième essai.

Les Tiger-Cats voulaient frapper Harris solidement et c’est ce qu’ils ont fait. Profitant notamment des largesses du garde David Foucault, qui a connu un match très difficile, la défense de Mark Washington n’a jamais permis à Harris de se sentir à l’aise dans sa pochette. Quant à lui, Foucault a accordé trois sacs, dont deux qui ont directement résulté en des échappés de Harris.

Harris possède plusieurs records de la LCF dans les éliminatoires, mais son match de dimanche n’a certainement pas convaincu des équipes du circuit de croire qu’il pouvait mener une formation jusqu’aux grands honneurs. Il est normalement capable de bien gérer un match, mais il parvient rarement à mettre son équipe sur ses épaules dans les grands moments comme le font les meilleurs.

Cela dit, ce n’est pas Harris qui a été nommé le joueur par excellence de la division Est cette saison, c’est William Stanback. Et pour un troisième match en 2021, le demi offensif a été complètement embouteillé par la défense des Tiger-Cats. Il n’a obtenu que 29 verges en 12 courses (moyenne de 2,4). C’est donc dire que la ligne offensive des Alouettes n’a pas vraiment mieux bloqué sur les jeux au sol qu’en protection de passe.

Revirements, pénalités (12 pour 115 verges contre seulement 5 pour 60 verges du côté des Tiger-Cats), plusieurs passes échappées, et incapacité à mettre son jeu au sol en marche. Pas tout à fait le bon mélange pour aller vaincre une équipe qui avait gagné 15 de ses 17 derniers matchs à domicile avant celui de dimanche.

Moins bons qu’ils le croient

En garantissant une victoire des siens, lundi dernier, Patrick Levels a dit tout haut ce que la plupart des membres des Alouettes semblaient croire : s’ils jouaient à la hauteur de leurs habiletés, aucune équipe – certainement pas dans la division Est – ne pourrait les arrêter.

C’est sûrement grâce aux spectaculaires victoires qu’ils avaient remportées en 2019 que Khari Jones et ses joueurs étaient si confiants. Ils allaient trouver un moyen de gagner. Mais la magie de 2019 n’est jamais revenue.

Sur papier, les Alouettes possèdent une bonne équipe. Son inconstance et sa mauvaise manie à se tirer dans le pied l’hypothèquent toutefois considérablement.

Au bout du compte, les Alouettes ont perdu 8 de leurs 15 matchs cette année. Et leur fiche contre les cinq autres équipes qui ont participé au tournoi éliminatoire n’a été que de 3-6. Très décevant.

Khari Jones remercié ?

Lorsqu’il a répondu aux questions des journalistes, lundi dernier, Danny Maciocia a essentiellement dit qu’il était insatisfait de la saison de son équipe, mais qu’elle avait encore le temps de se racheter avec de bonnes séries éliminatoires. Le bon moment pour faire un bilan viendrait, a dit le directeur général.

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, ARCHIVES LA PRESSE

Khari Jones

Khari Jones n’a pas connu une bonne saison sur les lignes de côté, c’est le moins que l’on puisse dire. Son équipe a manqué de discipline et de constance, n’a pas rempli son potentiel, et l’entraîneur-chef lui a lui-même possiblement coûté quelques victoires (contre la Saskatchewan et le dernier match contre Ottawa) avec des décisions douteuses. Quelques victoires qui auraient pu permettre aux Oiseaux de jouer à domicile dans les éliminatoires.

Il reste une année au contrat de Jones. Embauché avant l’arrivée en poste de Maciocia, le pilote sera-t-il remercié ? Le DG québécois voudra-t-il choisir son propre homme, ce qui serait tout à fait normal et compréhensible ?

Mais avant de lancer la pierre à Jones pour l’échec que s’est avérée la saison de 2021, rappelons-nous que c’est lui qui a permis à l’équipe de sortir de la misère il y a un peu plus de deux ans. Ses joueurs l’apprécient énormément et son départ pourrait avoir au contraire un effet négatif. Ce ne sera certainement pas une décision facile pour Maciocia et l’organisation.

Les Alouettes devront également trancher au niveau de leur quart-arrière. Vernon Adams fils a régressé après sa prometteuse saison d’il y a deux ans. Harris est sans contredit un meilleur passeur qu’Adams fils, mais est âgé au milieu de la trentaine et n’a toujours pas fait la démonstration qu’il pouvait se rendre jusqu’au bout. Or, dans une ligue à neuf équipes, l’objectif devrait toujours être de gagner la Coupe Grey. C’est d’ailleurs ce qu’a dit Maciocia récemment.

Après la domination des Alouettes de 2000 à 2010, il était normal qu’ils aient une certaine baisse de régime. Une période plus difficile. Mais cette séquence commence à être longue.

Les Oiseaux forment la seule équipe du circuit à ne pas avoir participé au match de la Coupe Grey au cours de la dernière décennie. Sept des huit autres clubs ont même gagné au moins un championnat dans cette période. Les Alouettes et les Tiger-Cats font figure de cancres.

Pour changer ça, Maciocia et le propriétaire de l’équipe, Gary Stern, devront d’abord décider s’ils jugent que Jones est l’homme de la situation ou non. On devrait connaître la réponse assez rapidement.