C’est vraiment une formation imposante qui se dresse devant les Carabins de l’Université de Montréal, samedi, en demi-finale nationale du football universitaire pour la Coupe Uteck. Les Huskies de l’Université de la Saskatchewan, champions de la conférence Canada Ouest, sont gros, très gros, et ils jouent du football physique.

Publié le 27 nov. 2021
Michel Marois
Michel Marois La Presse

« J’ai vu que leur ligne offensive était plus grosse que celle des Roughriders de la Saskatchewan de la LCF, a souligné Marco Iadeluca, l’entraîneur-chef des Carabins, vendredi en point de presse. Ça fait partie de leur identité et ils se servent de cette puissance pour établir leur jeu au sol.

« Ce sera donc très important de bien contrôler la ligne de mêlée et l’équipe qui va le faire aura un gros avantage. Il ne faudra pas nécessairement jouer “force contre force”, mais plutôt utiliser notre vitesse, un peu comme nous l’avons fait contre le Rouge et Or, il y a deux semaines. »

À sa première saison à la tête du programme de football des Carabins, Iadeluca a toutefois une longue expérience à ce niveau et il a déjà pris part à deux conquêtes de la Coupe Vanier, en 2010 avec l’Université Laval et en 2014 avec les Carabins. Tout au long de la saison, avec ses adjoints, il a fait fi des blessures pour aider ses joueurs à progresser et pour mener son équipe à un match de la grande finale.

De son côté, Scott Flory, l’entraîneur-chef des Huskies, est lui-même un ancien joueur de ligne offensive et il est bien connu à Montréal puisqu’il a été une pièce maîtresse des Alouettes pendant une quinzaine de saisons. Il refuse toutefois de céder à la nostalgie.

« Ne me parlez pas du retour à Montréal ou de mes souvenirs, je suis ici pour diriger mon équipe dans un match de football, et c’est tout ce qui compte, a raconté Flory vendredi. Nous avons travaillé fort depuis deux ans afin d’être ici. Le reste n’a pas d’importance en ce moment. »

Flory s’est toutefois détendu en parlant d’un vieil ami.

J’ai joué longtemps avec Anthony [Calvillo, le coordonnateur de l’attaque des Carabins] et nous nous sommes textés quelques fois cette semaine. Je reconnais beaucoup de son style dans le jeu des Carabins et je sais que ce sera difficile de les arrêter.

Scott Flory, entraîneur-chef des Huskies de l’Université de la Saskatchewan

Comme son vis-à-vis, l’entraîneur a vanté le caractère de ses joueurs. « Les deux dernières années n’ont pas été faciles, avec l’annulation de la saison 2020 et l’incertitude liée à la pandémie. Mais nos joueurs n’ont jamais baissé les bras. Cette semaine, nous sommes dans notre bulle et tout le monde est concentré sur le travail à faire. »

Arrêter le jeu au sol

Champions nationaux en 2014, les Carabins visent une quatrième participation à la Coupe Vanier et ils n’ont jamais perdu en trois demi-finales. Samedi dernier, ils ont remporté un quatrième titre provincial en prenant la mesure du Rouge et Or de Laval, 28-19, en finale de la Coupe Dunsmore.

Déjà trois fois champions de la Coupe Vanier, les Huskies n’ont plus atteint la finale nationale depuis 2006 et ils n’ont joué qu’une demi-finale depuis, en 2018, quand ils se sont inclinés devant le Rouge et Or de l’Université Laval.

La semaine dernière, à Saskatoon, les Huskies ont dû combler un déficit de 16 points au premier quart avant de vaincre facilement les Bisons du Manitoba, 45-17, en finale de la Coupe Hardy. Le porteur de ballon Adam Machart a été la vedette offensive du match avec 214 verges de gains au sol et trois touchés.

« C’est un excellent joueur et il est très dangereux une fois qu’il a traversé la ligne de mêlée », a insisté Marco Iadeluca.

Il faudra donc limiter le nombre de fois où il se retrouvera en terrain ouvert. Notre défense aime jouer de façon agressive, en utilisant notre vitesse et nos qualités athlétiques pour varier nos schémas défensifs et essayer de les surprendre avec certaines choses.

Marco Iadeluca, entraîneur-chef des Carabins de l’Université de Montréal

Les joueurs de Carabins sont d’ailleurs confiants en eux. « Ils ont une grosse ligne offensive, mais nous avons l’habitude d’affronter le Rouge et Or, qui est aussi réputé pour sa ligne offensive », a rappelé l’ailier défensif Philippe Lemieux-Cardinal, l’un des finalistes au titre de joueur de ligne de l’année au Canada.

« Nos entraîneurs nous ont rappelé cette semaine qu’il fallait rester bien concentrés sur notre jeu, nous contenter de faire notre douzième du travail, a quant à lui expliqué le secondeur Michael Brodrique. Ils ont une bonne ligne offensive, mais les porteurs de ballon font aussi tout ce qu’ils peuvent en exploitant toutes les occasions. Il faudra donc limiter les ouvertures et bien contrôler la ligne de mêlée. »

En raison des conditions climatiques, Machart aura sans doute encore un rôle de premier plan. Le demi offensif s’attend à une rude opposition : « C’est notre plus gros test de la saison jusqu’ici. Ils ont une excellente défense, ont bien joué toute l’année et ont l’habitude des gros matchs. Les conditions météo ne seront pas parfaites, mais pour nous, jouer ici, c’est comme l’été ! On a l’habitude et ce ne sera pas un problème. »

Les Mustangs de Western favoris

Dans l’autre demi-finale nationale, pour la Coupe Mitchell, les Mustangs de Western seront les favoris lorsqu’ils accueilleront les X-Men de St FX. Samedi dernier, en finale du Sport Universitaire Ontarien (Coupe Yates), les Mustangs ont dominé les Gaels de Queen’s, jusque-là invaincus cette saison, 29-0. De leur côté, les X-Men ont été couronnés champions de la Conférence atlantique avec une victoire de 25-17 sur les Gaiters de Bishop’s en finale de la Coupe Loney.

Les gagnants des deux demi-finales se retrouveront samedi prochain (4 décembre) à Québec (Stade Telus de l’Université Laval) pour la 56e finale de la Coupe Vanier.

CE SAMEDI:
St FX c. Western, London (Ontario), à 12 h
Saskatchewan c. Montréal, CEPSUM, à 15 h