Avec une victoire dramatique de 14-10 sur les Carabins de l’université de Montréal, les Huskies de l’Université de la Saskatchewen, se sont qualifiés samedi pour la finale de la Coupe Vanier, emblématique de la suprématie au football universitaire canadien.

Mis à jour le 27 nov. 2021
Michel Marois
Michel Marois La Presse

C’est un touché d’Adam Machart à cinq secondes de la fin du match qui a scellé le sort des Carabins. Jusque là, les hôtes avaient contrôlé l’allure du match et, même s’ils n’avaient pu creuser l’écart, ils semblaient en bonne position de l’emporter.

« Cette défaite est difficile à avaler, a avoué l’entraîneur-chef Marco Iadeluca. Quand on est si proche du but ultime, c’est difficile de perdre de cette façon. Mais ils ont fait du bon travail à la fin pour aller chercher ça, ils ont réussi à capitaliser, alors que nous ne l’avons pas fait plus tôt dans le match.

« Cela dit, je suis extrêmement fier des gars. Ils vont apprendre de cette défaite et et je sais qu’on va revenir fort. Je leur ai dit après le match qu’ils devaient garder la tête haute. On s’est battu toute l’année face à beaucoup d’adversité et ce n’est pas aujourd’hui que nous allons baisser la tête. »

Du côté des Huskies, l’entraîneur-chef Scott Flory a aussi vanté ses joueurs. « Ils se sont accrochés toute la journée, y ont toujours cru, avec beaucoup de resilience comme il l’ont fait toute la saison.

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Les joueurs des Carabins à la fin de la rencontre.

« Nous affrontions une équipe formidable, comme je l’ai dit à Marco (Iadeluca) et à AC [Anthony Calvillo, le coordonnateur offensif des Carabins, que Flory a côtoyé plusieurs saisons quand ils jouaient pour les Alouettes), ils sont vraiment bons et nous avons dû nous surpasser. Et nous devrons encore le faire la semaine prochaine »

Les Huskies en seront à une dixième participation à la finale de la Coupe Vanier, la première depuis 2006. Ils viseront un quatrième titre, samedi prochain à Québec, face aux Mustangs de Western.

Pour les Carabins la défaite est d’autant plus cruelle qu’ils ont dominés au chapitre des statistiques, avec 457 verges de gains en attaque, contre seulement 299 pour leurs rivaux.

Malgré la défaite, le quart-arrière Jonathan Sénécal a réussi 31 de ses 41 passes pour des gains de 398 verges. Sa cible de prédilection a encore été Hassan Dosse, qui a capté 10 passes pour 182 verges de gains.

Un peu comme ils l’avaient fait toute la saison, les Carabins n’ont malheureusement pas été en mesure de concrétiser leurs avantages en zone payante et les Huskies en ont profité pour demeurer dans le match avant d’exploiter leur dernière chance de se sauver avec la victoire.

Des conditions difficiles

L’équipe du Cepsum avait travaillé une bonne partie de la nuit pour déneiger et dégeler le terrain avant le match de sorte que les conditions étaient relativement bonnes. Il fallait toutefois compter avec le froid, le mercure restant sous zéro pendant toute la durée de la demi-finale.

Pas étonnant donc que les joueurs aient été lents à entrer dans le match et ce sont surtout les deux défenses qui ont contrôlé les premières minutes. Les Huskies ont eu la première chance de s’inscrire au pointage, mais ils se sont contentés d’un point après que David Solie eut raté une tentative de placement de 20 verges.

Les Carabins ont répliqué quelques minutes plus tard quand Michael Arpin a réussi un placement de 23 verges et ils ont eu plusieurs autres occasions d’augmenter leur avantage au deuxième quart, mais quelques passes échappées et un manque d’opportunisme ont permis aux Huskies de limiter les dégâts à un seul point et à un déficit de 4-1.

La fébrilité des partisans montréalais a augmenté d’un cran en fin de première demie quand Sénécal a été plaqué durement derrière la ligne de mêlée. Longtemps au sol, il est rentré au vestiaire avec le thérapeute de l’équipe.

Le quart arrière est toutefois revenu au jeu en deuxième demie et il a vite montré qu’il n’avait pas perdu ses moyens. Une poussée de 58 verges en neuf jeux a d’abord mené à un autre placement d’Arpin, cette fois sur 15 verges. Une autre excellente séquence défensive des Carabins a ensuite obligé les Huskies a concédé un touché de sûreté.

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À 9-1, puis 10-1 après un autre simple d’Arpin, les spectateurs pouvaient respirer un peu, mais les visiteurs n’avaient pas dit leur dernier mot.

Limité à moins de 50 verges de gains jusque là, le demi Adam Machart a pris les choses en main la fin du troisième quart et il a conclu une poussée de 72 verges en captant une passe de touché de neuf verges de Mason Nyhus.

C’est encore Machart qui est venu jouer les héros à la fin du match qu’il a terminé avec 158 verges de gains en 20 courses. « C’est une sensation incroyable, a reconnu celui qui a été désigné joueur du match. Ils (les Carabins) ont une défense incroyable, ils frappent fort et nous ont empêchés d’avancer pendant une bonne partie du match. Mais nous sommes restés fidèles à notre plan de match et je pense que nous avons réussi à reprendre l’avantage à mesure que la fatigue augmentait. »

Machant devra encore se surpasser la semaine prochaine au PEPS de l’Université Laval. « Nous étions partis avec l’objectif de rester deux semaines au Québec et personne ne voulait rentrer à la maison aujourd’hui, a-t-il expliqué. Jouer en finale de la Coupe Vanier était notre objectif. Le travail n’est pas fini, nous allons nous reposer un peu cette semaine et tenter d’aller chercher une dernière victoire ! »

Western s’impose facilement

Dans l’autre demi-finale (Coupe Mitchell), les Mustangs de Western, champions de l’Ontario, n’ont fait qu’une bouchée des X-Men de StFX, champions de l’Atlantique, en s’imposant 61-6. Les Mustangs menaient déjà 51-3 à la mi-temps…

Année après année, les représentants de l’Atlantique se montrent incapables de rivaliser avec leurs rivaux des autres conférences. Leur dernière victoire remonte à 2008, quand Saint Marys avait surpris Laval, 24-2. Depuis cette date, la plupart des matchs ont été joués à sens unique.

Quoi qu’il en soit, les Mustangs sont d’un autre calibre. Familière des grands matchs – ce sera sa 15e participation à la Coupe Vanier, l’équipe n’a subi qu’une défaite cette saison et elle a impressionné la semaine dernière en l’emportant facilement sur les Gaels de Queen’s en finale de l’Ontario. Avec déjà sept titres nationaux, le dernier en 2017, Western n’est devancé que par Laval (10).