(Montréal) Depuis qu’il a pris sa retraite de la Ligue canadienne de football après la saison 2013 à la suite d’une carrière de 15 années passées exclusivement avec les Alouettes de Montréal, Scott Flory est revenu en quelques occasions dans la métropole, chaque fois, avec un plaisir renouvelé. Il y est de retour ce week-end, mais pas dans le but de jouer les touristes.

Mis à jour le 26 nov. 2021
Michel Lamarche La Presse Canadienne

« Je pense que la dernière fois que je suis venu ici, c’est à l’été de 2019, avant la pandémie. Ça n’a pas changé beaucoup ; c’est encore une belle ville. J’ai encore beaucoup d’amis ici. C’est un peu un deuxième chez-moi », a-t-il affirmé vendredi, tout en marchant sous les légers flocons qui tombaient sur la ville.

S’il continue d’aimer Montréal, Flory devra cependant endurer une journée dans un environnement qu’il risque de sentir un peu plus hostile, samedi après-midi.

Il se trouvera alors sur les lignes de côté avec ses joueurs des Huskies de l’Université de la Saskatchewan (7-1) avec l’objectif de renverser les Carabins de l’Université de Montréal (9-1) en finale de la Coupe Uteck, au Cepsum.

« Je ne sais trop », a répondu candidement Flory lorsqu’il s’est fait demander s’il ressentait quelque chose de spécial à l’idée de jouer ce match à Montréal.

« L’important, c’était de prendre part à ce match. C’est bien de ressentir un peu de familiarité et d’être de retour. Nous voulons disputer ce match, peu importe l’endroit. Ç’a s’adonne que c’est ici et nous sommes heureux d’être ici », a déclaré Flory lors d’une entrevue téléphonique qu’il a gentiment accordée à La Presse Canadienne vendredi, à un peu plus de 24 heures du match.

Pour Flory, un ancien joueur de ligne à l’attaque avec les Alouettes, ce retour à Montréal signifie aussi des retrouvailles avec l’ancien quart Anthony Calvillo, qu’il a protégé des joueurs défensifs rivaux pendant toute sa carrière dans la LCF.

Aujourd’hui coordonnateur à l’attaque et instructeur responsable des quart-arrière des Carabins, Calvillo est arrivé à Montréal en 1998, un an avant Flory. Et comme Flory, Calvillo a joué son dernier match en 2013 avec les Alouettes.

Les deux hommes ont été des complices lors de trois conquêtes de la Coupe Grey, en 2002, en 2009 et en 2010.

« Bien sûr, ce sera fort agréable. Nous avons partagé des influences très semblables sur le plan du jeu, mais en même temps tellement différentes parce qu’il était un quart-arrière que j’étais un joueur de ligne à l’attaque. La perspective est très différente », a fait remarquer Flory, qui n’avait pas encore croisé Calvillo depuis son arrivée à Montréal.

Une « grosse affaire »

Si Flory qualifie Montréal de « deuxième chez-moi », ses origines sont purement saskatchewanaises. Il est né à Regina et les Huskies, qui évoluent à Saskatoon, ont été son alma mater.

Après sa carrière dans la LCF, il est retourné dans sa province natale en 2014 et il s’est aussitôt joint aux Huskies, d’abord comme coordonnateur à l’attaque jusqu’en 2016. En 2017, il est devenu l’entraîneur-chef de l’équipe.

« J’ai une relation intime avec l’institution et la ville. J’ai beaucoup joué au football dans ma vie, mais avec très peu d’équipes. Il doit y avoir un petit côté loyauté en moi. J’imagine que c’est la même raison pour laquelle j’ai passé toute ma carrière dans la même ville. »

Samedi, Flory tentera de mener les Huskies vers une première participation à la finale de la Coupe Vanier depuis 2006. Flory lui-même a vécu le match ultime du football universitaire canadien en 1996 et en 1998. Chaque fois, les Huskies sont sortis victorieux. Le triomphe de 1998 a été leur dernier.

« C’est une grosse affaire ! », lance Flory au sujet de la Coupe Vanier. « Il faut comprendre qu’il s’agit du plus haut niveau de football au pays, avant l’échelon professionnel.

« Globalement, c’est un niveau de football très compétitif, robuste et rapide. C’était une grosse affaire à notre époque, et c’est une grosse affaire pour nous aujourd’hui. J’essaie de faire de mon mieux pour aider ces gars-là à réaliser leur rêve. »

Ce rêve passe d’abord par un duel contre les Carabins, l’équipe numéro un au Canada. Une équipe qui, reconnaît Flory, présente des similitudes à la sienne notamment sur le plan de l’attaque.

« Je dirais qu’il y a plus de ressemblances que de différences entre les deux clubs. Parfois, quand vous affrontez une autre association, les styles sont complètement différents. Je ne pense pas que c’est nécessairement le cas ici, même s’il y a un processus où on découvre l’opposition. Mais sur le plan du style, je ne crois pas que les différences seront si grandes. »