Encore plus que dans les autres sports d’équipe vu le nombre limité de matchs qu’il y a dans une saison, l’importance d’atteindre son pic au bon moment est immense au football. Et c’est peut-être ce qui est en voie de se produire avec les Alouettes de 2021.

Miguel Bujold
Miguel Bujold La Presse

Leur quatrième victoire de suite, vendredi soir au Stade Percival-Molson, a certainement prouvé une chose : dans la division Est, les Alouettes n’ont plus aucun complexe devant qui que ce soit.

PHOTO PASCAL RATTHÉ, COLLABORATION SPÉCIALE

Spencer Moore

Après avoir remporté une courte victoire de 30-27 face aux Als, le 24 septembre à Toronto, les Argonauts ont été battus dans tous les aspects du jeu sur la montagne. Grâce à leur victoire de 37-16, les Alouettes ont rejoint ces mêmes Argos en tête de l’Est, les deux formations ayant 12 points au classement (fiche de 6-4).

David Ménard et Jake Wieneke, ont été deux des joueurs de la semaine après leur performance contre Ottawa, samedi dernier. Il serait assez étonnant que les Oiseaux ne soient pas bien représentés au tableau d’honneur pour une deuxième semaine consécutive.

La première étoile ? William Stanback. De retour au jeu après une absence de deux matchs, Stanback était en grande forme. Il a profité de brèches dans la défensive torontoise pour notamment réussir des courses de 65 et 41 verges. Il est rentré au vestiaire après 60 minutes de jeu avec 203 verges de plus à son actif, ce qui lui donne un total de 880 depuis le début de la saison. Il a également inscrit un touché.

C’est une moyenne de 110 verges par match joué. Dans un calendrier typique de 18 parties, Stanback terminerait la saison avec 1980 verges au sol en conservant cette moyenne. Près de 2000 verges au sol dans une saison de la LCF, il faut le faire !

« Je sentais que je devais me faire pardonner après avoir raté les deux dernières rencontres. J’ai fait confiance à mes lectures de jeu et j’ai profité des ouvertures que nos joueurs de ligne m’ont donné », a expliqué Stanback.

Eugene Lewis, aussi, s’est illustré devant la foule modeste, mais festive de 12 142 spectateurs. Le receveur a capté les sept passes que Matt Shiltz a lancé vers lui et a fini sa soirée avec 156 verges et des touchés de 33 et de 58 verges.

Il y a aussi eu des héros en défense. Le quart des Argos, McLeod Bethel-Thompson, pourrait vous le confirmer. Le pauvre a vu quatre de ses passes être interceptées, lui qui n’a lancé aucune passe de touché.

Excellent depuis quelques semaines, Chris Ackie connait sans contredit les meilleurs moments de sa carrière. Il a mis fin à une série prometteuse des Argos alors que la marque était de 24-10 au troisième quart avec son quatrième sac de la saison, et en a ajouté un deuxième un peu plus tard. Le secondeur a également intercepté une passe de Bethel-Thompson lors d’une tentative de transformation double.

Monshadrik « Money » Hunter a excellé pour une deuxième partie de suite avec deux interceptions et Rodney Randle fils, qui continue de prendre du galon, a obtenu l’autre. Randle fils et Ackie ont mené les Alouettes avec six plaqués chacun.

« Notre défense se construit depuis le début de la saison et je suis très heureux de la façon dont elle a joué ce soir », a mentionné Khari Jones.

Shiltz conservera son poste

PHOTO PASCAL RATTHÉ, COLLABORATION SPÉCIALE

Matthew Shiltz et William Stanback

Shiltz et l’attaque des Alouettes ont mis du temps à trouver leur rythme alors que leurs trois premières séries n’ont duré que deux jeux chacune avant que Joseph Zema n’effectue des bottés de dégagement. À son deuxième départ, Shiltz a trouvé son erre d’aller à partir de ce point.

Il a touché la cible sur sept de ses huit passes suivantes et a terminé la première demie avec 155 verges et deux touchés. Comme lors de son match précédent, Shiltz a joué de prudence en deuxième demie, protégeant une avance confortable. Il a fini la rencontre avec des statistiques modestes (12 en 18 pour 212 verges et deux touchés), mais n’a commis aucune erreur majeure.

La performance de Shiltz lui permettra de conserver son poste de partant malgré l’arrivée de Trevor Harris a confirmé Jones. « Matt joue à un assez haut niveau en ce moment », a dit le pilote des Als.

« Je n’essaie pas de prouver quoi que ce soit en ce moment. J’aime tellement les joueurs dans ce vestiaire et j’aimerais que les gens de l’extérieur puissent voir de quelle façon on travaille fort dans notre équipe », a commenté Shiltz.

Avec Shiltz, Harris et Vernon Adams fils, les Alouettes n’ont pas souvent eu autant de profondeur au poste de quart. Croisé avant le match de vendredi, le président du club, Mario Cecchini, s’en réjouissait. « La beauté, c’est que les trois quarts sont tous sur la même longueur d’onde. Tout le monde dans l’équipe ne veut qu’une chose, et c’est de gagner. »

Le défi s’annonce toutefois un peu plus difficile au cours des prochaines semaines. Après avoir vaincu leurs trois rivaux de division au cours du dernier mois, les Alouettes se mesureront maintenant aux Roughriders de la Saskatchewan, samedi prochain à Montréal, avant de jouer deux fois de suite contre ce qui est clairement la meilleure équipe de la ligue, les Blue Bombers de Winnipeg.

On sait maintenant que les Oiseaux peuvent gagner l’Est. Dans quelques semaines, on devrait savoir s’ils peuvent réalistement viser un championnat.